CHAPITRE TROISIÈME
> concîusiones per certitudinem sciuntur , quando » resolvuntur in principia : et ideo quod aliquid » per certitudinem sciatur est ex lurnine rationis » divinitus interiùs indito , quo in nobis loquitur » Deus , non autem ab homine exteriàs docente ,
» nisi quatenus concîusiones in principia resolvit ,
» nos docens : ex quo tamen nos certitudinem » scientiæ non acciperemus , nisi in nobis esset » certitudo principiorum in quce concîusiones re- » solvuntur. » ( De ver. q. 1 1 . art. i . )
Ces textes , et un grand nombre d’autres que je pourrais y ajouter, prouvent jusqu’à l’évidence que saint Thomas reconnaissait dans la raison humaine un principe de certitude. Or que le saint Docteur entende parler de la raison individuelle , je ne pense pas que personne en puisse douter , et cela est manifestement prouvé par le dernier passage cité : Et ideo quod aliquid per certitudinem sciatur est ex lurnine rationis divinitus indito , quo in nobis loquitur Deus. Il ne veut pas que l’homme puisse apprendre quelque
» cerdtade , quand on les trouve contenues dans les principes.
> Si donc on sait quelque chose avec certitude , cela vient de la » lumière de la raison que Dieu a mise dans notre ame , et par
> laquelle il parle en nous , et non pas de l'homme enseignant « au dehors , et dont rcnseigncinent ne peut que ramener les \ » conséquences aux principes ; ce qui ne suffirait pas pour nous » donner la certitude de la science , si nous n'avions déjà en
» nous-mêmes la certitude des principes dans lesquels sont ren* a fermées les conclusions. »
l5o EXAMEN d’üN OÜVRAGB , ETC.
chose d’un autre homme , ou de runiversalité des hommes , non aiCtem ab homine exteriàs lo~ quente. Ce n’est pas que l’homme ne puisse en un sens enseigner un autre homme et lui communiquer la science, ainsi qu’un médecin donne la santé à un malade par les remèdes qu’il lui administre ; mais de même qu’il serait absurde de dire que le principe de la santé est dans le médecin ou dans les remèdes , et non dans la nature du malade , il ne l’est pas moins de placer le principe de certitude dans la cause extérieure ; il se trouve dans les principes déjà connus par la lumière intérieure qui est en nous et sans laquelle nous serions incapables d’avoir aucune connaissance certaine. C’est ainsi que se vérifie cette parole de l’Évangile : Vnus est magister vester Christiis. Ecoutons encore saint Thomas.
« ( I ) Rationis himen quo principia sunt nobis V nota est nobis a Deo inditum , quasi quœdam » similitudo increatee veritatis in nobis resultan- » tis : unde cüm omnis doctrina humana ejjica~ » ciam habere non possit nisi ex virtute illius n luminis , constat quod solus Deus est quiinteriks
(t) « La lumière de la raifon qui nous fait connaître les prin- » cipesa été mise en nous par Dieu , comme une sorte d'image » de la Térité incréée qui se rédécliit en nous t ainsi , toute » doctrine humaine ne pouvant tirer son efliracité que de la t> vertu de celto lumière , il est conslant que c’est Dieu seul qui n enseigne intérieurement et principalement , comme c'est aussi » la nature qui opère intérieurement et principalement la gu6s rison d'un malade. »