‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 42 sur 180 · CHAPITRE TROISIÈME. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. l

» et principaliter docet , sicut natura interiùs » etiam principaliter sanat. »

O (i) Dicendum quod certitudinem scientice , ut » dictum est , habet aliquis a solo Deo qui no-> » bis lumen rationis indidit , per quod principia » cognoscimus , ex quibus oritur scientiæ certi- » tudo ; et tamen scientia ab Iwmine quodam- » modo causatur in nobis , ut dictum est ( scilicet B sicut causatur sanitas a medico.)n ( citatâ q. 1 1 . art. I. )

Sans doute le principe de la certitude , c’est ce principe , ex quo oritur scientiæ certitudo ; or ce principe , suivant saint Thomas , n’est autre que la connaissance que nous avons par notre raison individuelle de la vérité des principes ; lumen rationis indidit per quod principia cognoscimus. Si c’est là du Cartésianisme , on sera du moins forcé d’avouer que ce Cartésianisme est plus ancien que Descartes.

Sans ce principe intérieur de certitude , il est bien vrai qu’il serait impossible de trouver une base à la foi ; car enfin , pour qu’il soit possible de croire , il faut bien que la raison voie qu’elle doit croire ; et c’est encore saint Thomas , et

(i) « Il fant dire qae l'on reçoit la certitudo de la icience de

> Dieu seul , qui a mis en noos la lumière de la raison par laquelle

> nous counaissons les principes d'où naît la certitude de la >1 science : et cependant la science est en un certain sens produite » en noos par l'homme , ainsi que nous Tarons dit , comme la O santé est rendue par le médeciu. »

l5a KXAMKIf d’vIT ouvrage , ETC.

non Descartes , qui nous l’enseigne : Non enint crederet , nisi videret ea esse credenda. Et qu’es t-ce donc qui la convaincra , qui lui fera voir qu’elle doit croire ? Ce sera , dit saint Thomas , l’évidence des miracles ou quelque preuve semblable , velpropter evidentiam signorum , velpropter aliquid hujusmodi. ( a. a. q. i. art. 4- ad a.) Remarquez bien que le saint Docteur n’a jamais recours , quand il s’agit de certitude , à la raison générale , c’est toujours à la raison individuelle qu’il en appelle et à la lumière divine qui est en nous. Mais , de ce que sans ce principe intérieur de certitude il serait impossible de trouver une base à la foi , il ne suit pas que notre raison soit la base de la foi , il suit seulement qu’elle est nécessaire pour que la foi puisse avoir une base , et qu’elle nous conduit à connaître cette base , qui est l’autorité. Notre raison voit , a la certitude qu’elle doit croire à l’autorité divine ; elle voit de plus que l’autorité divine ou le témoignage de Dieu s’est manifesté par des prodiges ou par d’autres signes , et si elle ne le voyait pas , comme dit saint Thomas , elle ne pourrait pas croire.

La doctrine de saint Augustin est parfaitement d’accord avec celle de saint Thomas , et si cette doctrine , que je viens d’exposer , est du Cartésianisme , nous serons encore conduits à trouver un Cartésien dans ce grand Docteur qui vivait douze siècles avant Descartes. Je pourrais

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