‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 57 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. I

trouve peut-être encore d’autres dé6nitions de la raison générale , mais je ne les connais pas , n’ayant pas lu ces deux volumes (i).

Quant à l’Écrivain dont l’ouvrage est l’objet de ces remarques , il n’a pas à balancer ; de ces cinq définitions , c’est évidemment la dernière qu’il doit admettre. En effet , s’il est vrai que toute raison faillible peut se tromper en tout et toujours , s’il est vrai que toute raison bnieestune raison faillible , s’il est vrai que la raison humaine proprement dite ou la raison générale est une raison infaillible , et par conséquent infinie , s’il est vrai enfin qu’il n’y a et qu’il ne peut y avoir de raison infinie que la raison de Dieu , c’est une conséquence indubitable que la raison générale ne peut être que la raison de Dieu , ou Dieu lui-même. Mais voici une difficulté : La raison individuelle étant une partici-

(i) Depuis qnc ceci a été écrit j'ai lo les deux belles Lettres que l'Aoteur do r£ss<ii a adressées à l'ArcheTéqae de Paris , et j'ai eu lo bonbeor d'y rencontrer ( 3*. Lettre , p, 3g. ) encore une déüiiition de la raison bien digne d'étre jointe à celles qui ont été rapportées ci-dessns. La \oici ! o La vraie raison n’est que » l'esprit humain actuellement uni au Verbe divin , on à l'intel- » Ugence , b la vérité. » A'ul doute que par la vraie ration il no faille entendre la raison générale , puisque nous avons vu que la ration générale eit la raison humaine proprement dite ou la vraie raison. Or cette vr.vie raison , ou raison générale n'étant que l esprit humain actuellement uni au Verbe , il s’ensuit qu'il faut aussi admettre un esprit humain général ou une ame aniverselle. Merveille sur merveille !

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pation à la raison générale , ou étant la raison générale individualisée , et la raison générale étant Dieu , il suit , d’après les règles d’une bonne logique , que la raison individuelle est une participation à la Divinité , une participation à l’infaillibilité , à l’infinité , et par conséquent qu’elle est elle-même infaillible , infinie , divine. Je ne sais ni comment admettre cette conséquence , ni comment l’éviter en admettant le principe.

Qu’est-ce donc enfin que la raison générale , ou la raison humaine , ou la raison commune ? car ces expressions sont employées indifféremment et dans le même sens par les partisans du nouveau système. On voit bien que celte question n’est pas encore résolue , et que nous ne pouvons recevoir pour une réponse valable aucune des définitions puisées dans les écrits de l’Auteur de 1 ’A’wat ; car dire que la raison humaine est la raison de Dieu , c’est , il faut l’avouer, un écart assez étrange pour un homme de génie. raison humaine est aussi loin d’être la raison de Dieu , que le fini est éloigné de l’infini , que le créé est éloigné du Créateur , que l’homme est loin d’être Dieu. Cela n’a pas , je pense , besoin de preuve. Qu’est-ce donc que la raison humaine proprement dite , cette raison à laquelle il plaît à l’Auteur de ÏFssai de donner la dénomination de raison générale ? I^a raison humaine , prise dans le sens le plus vrai et le plus précis, est pré'

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