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sens que les Théologiens n’ont jamais connu ; que chez ceux-ci le mot infaillibilité , par exemple , a une signîQcation toute différente de celle qu’il lui donne. D’oü il suit que , prenant continuellement les mots dans une acception différente de l’acception communément reçue, aucun de ses raisonnemens ne peut atteindre ses adversaires.
3.* Qu’il est bien vrai que l’acte de foi est un acte d’obéissance , mais qu’il n’est pas du tout nécessaire que ce soit un acte d’obéissance à l’autorité du genre humain , ni même à l’autorité de l’Église ; qu’il est bien suffisant que nous obéissions à Dieu même , en lui soumettant notre entendement et notre volonté. Credidit Abraham Deo,
Cette seule réflexion fait tomber tous les raisonnemens de M. Gerbet. La foi consiste à croire les vérités que Dieu a [révélées , parce qu’il les a révélées et qu’il ne peut nous tromper. Pour avoir cette foi , il faut savoir certainement que Dieu a révélé quelque chose ; et cette connaissance certaine , qui n’est point la fol , nous l’avons , dans le cours ordinaire , par le moyen de l’Église : mais par quelque voie que nous l’acquérions , que ce soit par l’Église , ou par la raison générale , ou bien par la raison individuelle , l’acte do foi est toujours le même , toujours un acte d’obéissanco à la seule autorité divine. Toutes les inductions de l’Auteur portent donc évidemment à faux. C’est une extravagance , pour ne pas dire une impiété , de soutenir que la certitude que nous avons de la révélation , do quelque part qu’elle nous vienne , paisse , en aucun cas ,
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cmpt'cher l’aclo de foi , ou faire que cet acte ne soit pas un acte d’obéissance à Dieu auteur de la révélation.
IV. «Le quatrième Chapitre traite de la doctrine d’autorité , dans ses rapports avec la foi ; et l’Auteur continue de considérer la foi relativement au principe , au sujet et à l’acte.
» 1.* M. Gerbct commence par déclarer qu'en recherchant le principe de foi , il suppose l’homme dans son état naturel , et non dans un état de folie ; qu’il le considère ayant toutes les croyances inhérentes à sa nature , savoir la croyance de son existence et celle do l’existence d’autres hommes, la croyance de scs rapports avec eux, la croyance d’un langage , d’une raison commune, etc.
» 11 dit ensuite , qu’il ne s’agit pas non plus de rechercher quel pourrait être le principe de foi pour un individu que des circonstances extraordinaires auraient placé dès son enfance hors de toute communication avec la société ; qu’il est uniquement question de la voie commune et ordinaire ; qu’il considère , eu un mot , l’homme comme le considèrent les Théologiens lorsqu’ils établissent que le principe de foi pour les Chrétiens est l’autorité de l’Église. Enfin qu’il n’entend point parler du cas d’une révélation immédiate, comme de celle faite au premier homme, de même que les Théologiens, en parlant du principe de foi pour les Chrétiens , ne considèrent pas les Apôtres recevant la révélation immédiatement de Dieu.
» L’étal de la question , selon lui , est extrêmement
: — L, C.uuglc
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simple, et consiste à trouver le témoignage infaillible qui transmet à chaque homme ou à chaque Chrétien le témoignage de Dieu.
• Après CCS préliminaires , il cherche à établir que l’infailliltililé de la raison commune est le principe constitutif de la raison dans chaque homme, comme rinfaillihililé de la raison commune des Chrétiens est le principe constitutif de la raison du Chrétien. Il entreprend de prouver ces assertions par une métaphysique qui, sans aucun doute, lui semble fort claire, et qui est toute fondée sur les notions qu’il s’est faites du faillible et de l’infaillible. C’est dommage qu’il n’ait pas songé à une chose qui aurait pu aider le lecteur à saisir ses conceptions sublimes ; il a complètement oublié de dire ce que c’est que la raison commune et sur quoi est fondée l'infaillibilité qu’il lui attribue. On ne trouve nulle part dans son ouvrage cette notion intéressante et fondamentale.
I) Si la raison commune ou générale n’était autre chose que l’accord dès raisons individuelles , il faudrait admettre qu’elle est à la fois le résultat des raisons individuelles et leur principe constitutif; que les raisons individuelles sont, par conséquent, à la fois logiquement antérieures et logiquement postérieures à la raison générale. Si la raison commune ou générale est autre chose que l’accord des raisons individuelles , il faudrait dire clairement ce qu’elle est, si on tient ù être entendu.
» M. Cerbet donne ensuite , dans son système , l’explication de quelques maximes Théologiques , qu’il prétend être inexplicables, et même contradictoires dans le système Cartésien,
» 2.* La doctrine d’autorité, dit M. Gerbet, suppose nécessairement la faillibilité de la raison individuelle sujet de la foi : la Théologie Catliolique, dans la notion de la foi, suppose aussi nécessairement cette faillibilité ; donc , sous ce rapport , la doctrine d’autorité est absolument identique à la doctrine de la Théologie Catholique , et elle ne peut être attaquée que par des
objections qui attaquent également la doctrine Catholique.
O La principale objection qu’on propose contre la doctrine d’autorité est , que l’autorité infaillible de la raison générale ne peut être connue que par la raison individuelle , d’oü il suit que , si celle-ci est faillible , elle ne peut connaître certainement l’autorité hifaillible , ou Je principe de foi. Les Protestans , dit M. Gerbet , proposent la même objection contre la doctrine Catholique sur l’autorité de l’Église , les Déistes contre la foi divine en général , et les Sceptiques contre toute espèce de certitude. Ce n’est donc pas une dilliculté particulière à la doctrine [d’autorité ; les Théologiens doivent y répondre contre les Protestans, les Déistes et les Sceptiques , et leur réponse sera aussi celle des partisans de la doctrine d’autorité.
» Ensuite, M.' Gerbet donne une solution directe qui est fort claire et se réduit à ceci : « Proposée par les
• Sceptiques, l’objection est 'absolument insoluble ; si » ceux qui proposent l’objection ne. sont pas Scepti-
• ques , on peut leur répondre que le principe de l’ob-
• jection est le principe même du[ Scepticisme , et > qu’ou u’a point d’autre répoose à leur donner. » 11