PREFACE. XXXIII
dércloppe assez longuement cette réponse lumineuse , puis il dit : qu'cn réfutant ( sans beaucoup d'eflbrts , comme on le voit,) l’objection principale des Cartésiens contre la doctrine de certitude ( je suppose que c’est d’autorité qu’il faut lire ) , il a détruit la racine môme des objections analogues qui peuvent être proposées par les Protestans et par les Déistes contre la doctrine Théologique de la foi.
a 3.* • L’acte de foi , dit M. Gcrbet, considéré dans > sa plus grande généralité, est la soumission de l’esprit » à l’autorité de la tradition catholique ou universelle
• qui transmet le témoignage de Dieu. Par-la s’explique » tout ce que renferme la notion de l’acte de foi , sui-
• vant la doctrine des Théologiens. Nous concevons a d’abord comment cet acte est à la fois libre et cer- » tain, a
» Mais ici , il trouve tout d’abord sur son chemin saint Thomas et Suarez , qui pourtant n’étaient pas Cartésiens. Cela ne l’arrête pas ; il s’en débarrasse avec la plus grande facilité , en disant que le premier est inintelligible , et que Suarez, De Lugo et les autres Théologiens qui ont marché sur leurs traces n’ont pas eu une idée nette de la foi. Ces Théologiens , communément si estimés , sont tombés dans des contradictions inévitables et dans des embarras dont ils n’ont pas pu sortir , uniquement parce que celte notion fondamentale n’était pas nettement développée dans leur esprit.
> Dans la doctrine du sens commun, il n’y a pas même lieu à dilllculté. M. Gerbet explique , en passant , pourquoi la grâce est nécessaire , même pour le com-
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menccment de la foi. Cest, dit-il, parce que Pacte primitif de foi renferme une volonté droite.
» Il termine ce Chapitre en réduisant toute la doctrine qui y est contenue à ces deux propositions : 1.* Le principe de foi réside dans l’autorité. 2.* Le principe de certitude est identique au principe de foi. »
Avant de répondre directement aux raisonnemens de M. Gerbet, on lui fait observer que tous les Théologiens Catholiques, sans exception aucune , admettent et défendent la doctrine d’autorité , et que la seule dilTérence qu’il y ait entre lui et ses adversaires est , que ceux-ci , suivant l’ancienne doctrine , ne reconnaissent d’autre autorité , principe et règle de leur foi, que l’autorité divine , dont l’Église est dépositaire, au lieu que l’autorité dont il se déclare le champion est l’autorité de la raison générale, c’est-à-dire, une autorité humaine.
La foi étant une grâce , un don gratuit , donum Dci, et la grâce, comme l’enseigne saint Thomas, présupposant la nature , on admet sans difficulté avec l’Auteur que , lorqu’on recherche le principe de foi , on suppose l’homme dans son état naturel, avec toutes les croyances invincibles inhérentes à sa nature. Mais on fait observer à M. Gerbet qu’il se présente ici une diflicullé dont la solution est décisive pour apprécier tout son système. Ces croyances invincibles, inhérentes à la nature de l’homme , sont-elles des croyances certaines , ou des croyances incertaines ? Si ces croyances sont incertaines , ce ne serait pas une folie d’en douter; et si elles sont certaines , quel est le principe di‘ leur
PBIÉFACE.
certitude? Est-ce la nature de l’homme? Mais, dans ce cas , riiommc aurait dans sa nature le principe de certitude , et il ne faudrait pas le chcrclicr ailleurs.
Quant au premier homme et à tout individu qui a pu recevoir une révélation immédiate , on est loin de nier qu'il eût la foi. Mais puisque M. Gerbet reconnaît qu’il en est ainsi , on voudrait qu’il expliquât comment, dans son système , un individu , qui reçoit une révélation immédiate , peut, au moyen de sa raison individuelle , avoir la certitude que Dieu lui a parlé.
On ne sait où M. Gerhct a pu trouver que , selon les Théologiens , le principe de foi pour les Chrétiens est l’autorité de l’Église. Les Théologiens que nous connaissons enseignent au contraire unanimement , et nous lisons dans tous les catéchismes , que l’autorité de l'Église est un des articles que la foi nous oblige de croire, et que, par conséquent , cette autorité est nulle pour quiconque n’a pas déjà la foi.
On croit que M. Gerbet, qui accuse ses adversaires de dénaturer l’état de la question , la dénature luimême , et qu’il confond perpétuellement le principe de • foi avec les preuves de la révélation. La certitude de la foi étant une certitude surnaturelle, la foi ne peut avoir qu’un principe du même ordre surnaturel.
On cherche à jeter un peti de jour sur la métaphysique obscure de M. Gerbet , et pour cela , on essaie de réparer son omission , en recherchant ce que peut être la raison générale. Comme il ne s’explique nulle part nettement sur cette notion importante , on a en recours à M. de La Mennais, et on a trouvé à choisir