‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 63 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. I

Si je pouvais trouver ce raisonnement concluant , j’aimerais sans doute mieux embrasser la doctrine d'autorité telle qu’on me la présente, que de renoncer à la doctrine Catholique ; mais je crains bien que ce ne soit qu’un sophisme. Je vais tâcher de le dévoiler , et si j’y réussis , j’en ferai évanouir bien d’autres en même temps.

La doctrine que l’Auteur appelle di'autorité et la doctrine C^atholique admettant également la faillibilité du sujet de la foi seraient identiques , ou du moins seraient d’accord sur ce point , ( car pour que deux doctrines soient identiques il ne suffit pas qu’elles s’accordent en un point , ) si l’une et l’autre attachaient la même signification aux mêmes expressions , si par faillibilité on entendait de part et d’autre une même chose ; mais si ce mot faillibilité e&X. pris dans un sens par les partisans du nouveau système , et dans un autre sens tout différent parles Théologiens qui passent communément pour bien entendre et bien expliquer la doctrine Catholique , il est clair que toute identité, tout accord disparaît, et qu’il ne reste plus que différence et oj>position. A quoi peut servir l’identité des mots , quand les sentimens sont opposés ? Or aucun Théologien Catholique , que je sache , n’a pris le mot faillibilité dans le sens que l’Auteur et les partisans du nouveau système y attachent. En effet, l’Auteur, par raison faillible , entend une raison qui peut

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se tromper en tout et toujours , et qui ne peut jamais être assurée qu’elle ne se trompe pas actuellement , à moins qu’elle ne s’appuie sur la raison générale , et c’est là une notion qu’on trouvera difficilement dans les écrits d’un Théologien ou d’un Philosophe Chrétien qui ait vécu avant nos jours. L’illustre Auteur de V Essai est , si je ne me trompe , le premier des écrivains Chrétiens qui se soit exprimé de la sorte , du moins on n’a pu jusqu’ici citer aucun Auteur d’une saine doctrine à l’appui de cette définition ; elle n’a pu être puisée que chez les Sceptiques. J’ai déjà exposé suffisamment la différence qui existe sur l’acception de ce mot faillibilité entre nos modernes réformateurs et leurs adversaires ; mais il ne sera peut-être pas inutile d’ajouter quelques réflexions pour justifier l’acception ancienne et commune.

L’infaillible et le faillible ne sont opposés que comme l’infini et le fini. L’infini est tout , mais il ne faut pas en conclure que le fini n’est rien. L’être infaillible sait tout , ne peut se tromper sur rien , mais n’en concluez pas non plus que l’être faillible ne sait rien , peut se tromper sur tout. Un être est fini par cela même qu’il ne possède pas toutes les perfections sans limites ; un être est faillible par cela seul qu’il ne sait pas tout , qu’il peut se tromper en quelque chose : mais gardez-vous de croire que l’être fini ne peut point posséder quelques perfections dans

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