‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 8 sur 180 · XXXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVI PRÉFACE

entre plusieurs définitions. Mais de cette abondance , il n’est résulté qu’un surcroît d’embarras. Car , d’un côté , l’infaillibilité qu’on nous présente comme un attribut de la raison générale de M. Gerbct , nous conduirait à admettre la définition qui identifie cette raison avec la raison de Dieu , et de l’autre côté , il est assez difficile d’admettre que la raison divine et la raison humaine proprement dite , c’est-à-dire la raison incréée et une raison créée soient une môme chose.

On examine ensuite , et on se permet de rejeter en plusieurs points les explications que donne M. Gerbet de quelques maximes théologiques qu’il assure n’ôtro explicables que dans son système.

On fait voir que l’identité que M. Gerbet prétend constater entre sa doctrine d’autorité et la doctrine des Théologiens Catholiques est une identité purement imaginaire, et qu’elle n’a d’autre fondement que l’équivoque continuelle du mot faillible pris dans un sens par lui et dans un sens différent par les Théologiens Catholiques. Cette môme équivoque éclaircie suffit pour démontrer que l’objection principale qu’on oppose au nouveau système est absolument insoluble , et qu’elle n’a aucune force étant rétorquée contre la doctrine Catholique.

3.* On prouve que la définition donnée par M. Gerbet de l’acte de foi dans sa plus grande généralité suppose un grand défaut de connaissance de la doctrine enseignée par les Théologiens. On justifie saint Thomas , Suarez, De Lugo et les autres Théologiens témérairement inculpés par M. Gerbet , et on démontre que la doctrine

PRÉFA.CE. XXXVII

qu’ils enseignent est la vraie doctrine que tous les Catholiques sont tenus d'adopter. On se permet ensuite d’examiner les explications qu’il donne sur l’acte de foi , dans son système , et on relève l’inexactitude de celle qu’il a imaginée sur la nécessité de la grüce pour le commencement de la foi.

Dans les Chapitres suivons , M. Gerbet ne fait guère que répéter ce qu’il a déjà dit et en tirer de nouvelles conséquences. Cela facilitera et abrégera le résumé que nous nous sommes proposés d’en donner.

V. « Dans le cinquième Chapitre, l’Auteur se propose d’exposer les principes de la Théologie Catholique touchant la foi avant Jésus-Christ. Tous les Théologiens , dit-il , reconnaissent que la vraie Religion , nécessaire au salut , a dû commencer avec le genre humain. Ils reconnaissent également que l’ordre primitif et général , établi de Dieu , était que les pères instruisissent leurs enfans dans la Religion , et que la foi fût conservée par une tradition perpétuelle, il ne peut pas y avoir de contestation sur ce point.

» Ensuite , de ces principes incontestables, il tire des conséquences qu’il croit pouvoir nous présenter comme appartenant aussi à la doctrine Catholique. Ces conséquences sont : 1.' Que l’ordre établi de Dieu pour transmettre la connaissance de la vraie Religion , étant indépendant de la volonté des hommes , a dû toujours subsister et n’a pas pu cesser d’étre obligatoire pour tous les hommes ; 2.* Que l’Église a dû posséder dans tous les temps et dans tous les lieux la plus haute autorité

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