CHAPITRE QUATRIEME. il
l’homme peut-il connaître l’existence de la révélation ? Par le bon usage de sa raison , qui est aussi un principe divin , et qui est trèssuffisante pour lui donner cette certitude. S’ensuit-il que la raison soit le principe de la foi ? ^Nullement. Il s’ensuit uniquement qu’une connaissance certaine fondée sur la raison est un préliminaire nécessaire pour que la foi soit possible , ainsi que l’enseignent saint Augustin et saint Thomas. Pour que je puisse croire quelque chose sur votre parole il faut bien que je sache que vous avez parlé , mais cette connaissance supposée , la certitude que me donnera votre parole ne peut avoir d’autre principe que votre véracité conniie. Ce n’est point l’autorité de l’Église , encore moins celle du genre humain que saint Augustin et saint Thomas ont employée , le premier pour convain’cre les Académiciens , le second pour prouver et défendre la vérité de la Religion C>atholique contre les Gentils.
{p. 8 1 . ) a Proposées par des Sceptiques , ces 9 objections sont absolument insolubles. » L’objection principale et fondamentale dont parle l’Auteur , et que je viens d’exposer , proposée contre le nouveau système , est absolument insoluble , soit qu’elle soit mise dans la bou-
•Tec cc lacrement , la foi infuse de la révélation , et par coniéquent aotai de 1‘aatorité de l'Église.
ai4 EXAMEK D’ü^ OUVRAGE , ETC.
che des Sceptiques ou dans celle des Cartésiens » ou enfin dans celle des Théologiens qui se soucient fort peu du Cartésianisme. Rien n’est plus vain que les efforts que fait l’Auteur pour la rétorquer contre la doctrine Catholique. Je l’ai déjà fait voir , et je le montrerai encore tout à l’heure. Mais cette objection ne fût-elle insoluble qu’à l’égard des Sceptiques , ce serait encore décisif contre le nouveau système ; car que doit-on penser d’une doctrine dans laquelle on ne peut répondre aux ennemis de la vérité , sinon que cette doctrine n’est pas la vérité ? Ce que l’illustre Auteur de VEssai semblait s’être proposé , c’était directement de comb altre les Sceptiques. « Notre premier soin , dit-il , » doit être de nous assurer s’il existe pour » nous un moyen de connaître certainement , » et quel est ce moyen : autrement , notre raison » manquant de base , il nous faudrait douter » de tout sans exception. » ( Essai , t. ii. p. 5. ) Voilà qui est clair. Pour n’étre pas obligés de nous ranger du parti des Sceptiques , il faut nous assurer s’il existe pour nous un moyen de connaître certainement et quel est ce moyen. Si donc les Sceptiques font voir à l’illustre Auteur , que d’après ses aveux même , nous sommes dans l’impuissance absolue de nous assurer s’il existe un moyen de connaître certainement et quel est ce moyen , puisque nous ne pourrions nous eu assurer que par notre