CHAPITRE QDATBIÈAIE. aa
Je ne vois pas que , dans la doctrine des dé* fenseurs du nouveau système, il y ait un moyen d’avoir la connaissance certaine de l’existence du consentement commun ; car ce moyen , pour chaque individu , ne pourrait être que l’évidence de ce consentement , ou uu autre consentement commun qui atteste l’existence du premier ; or admettre que l’évidence puisse être un principe de certitude pour l’individu , c’est tomber dans le Cartésianisme ; donner un consentement pour preuve d’un autre consentement , c’est tomber dans l’absurdité , puisqu’on n’assignera jamais de consentement qui ne dût être prouvé de la même manière. Mais quand même on accorderait aux défenseurs du nouveau système que , dans leur doctrine , on peut avoir la connaissance certaine de l’existence du consen^ tement commun , il n’en resterait pas moins démontré que le consentement commun nepeut être ni l’unique ni le premier principe de certitude , puisque la connaissance certaine de l’existence du consentement commun doit nécessairement précéder la eertitude que donne ce consentement ; et l’objection que l’Auteur s’est efforcé de résoudre conserve toute sa force. Comment V individu peut -il , avec sa raison faillible , connaître certainement le consente^ ment commun ? Cette question , dans la doctrine des réformateurs de l’enseignement , n’est susceptible d’aucune réponse satisfaisante et fait
aî4 EXAMEN n’ow OUVRAGE , ETC.
crouler tout leur échafaudage. L’Auteur fait de vains efforts pour rétorquer la question contre ses adversaires. Ceux-ci ont une réponse bien simple : selon la doctrine Catholique, une raison faillible , toute faillible qu’elle est , est un principe divin dans son origine et capable de certitude. Les partisans de la nouvelle doctrine ne peuvent ni se défendre ni attaquer , qu’en supposant à leurs adversaires des principes que ceux-ci désavouent.
Résumons. Le consentement commun ne peut pas être admis comme unique principe de certitude I® parce que l'infaillibilité de ce consentement, de l’aveu des partisans du nouveau système , est une supposition que rien ne prouve ni ne peut prouver ; a® parce que cette infaillibilité admise gratuitement , il reste toujours vrai que la certitude de l’existence du consentement commun , relativement à chaque vérité en particulier , doit précéder la certitude que donne ce consentement ; 3® enfin , parce qu’il est impossible de s’assurer de l’existence du consentement-commun par rapport à une vérité quelconque , puisqu’on ne peut la connaître que par une raison faillible , c’est-à-dire , suivant la nouvelle doctrine , par une raison sujette à l'erreur en tout et toujours.