S- III
De la doctrine d’autorité par rapport à l'acte de Foi.
[p. 86. ) « L’acte de foi , considéré dans sa . » plus grande généralité , est la soumission de » l’esprit à l’autorité de la tradition catholique » ou universelle , qui transmet le témoignage de » Dieu. Par-là s’explique tout ce que renferme » la notion de l’acte de foi , suivant la doctrine » des Théologiens. »
Nous avons eu plus d’une fois occasion d’observer que la doctrine des Théologiens est peu connue de l’Auteur , mais sa méprise en cet endroit à quelque chose de surprenant. Comment peut-on se donner pour réformateur de l’enseignement des écoWs , quand on ignore les bases de cet enseignement ? Les Théologiens Catholiques enseignent unanimement que l’acte de foi divine est la soumission volontaire et libre de l’esprit à Dieu auteur de la révélation , et non à l’autorité qui fait connaître ou qui transmet la révélation. La différence est si manifeste , qu’il est étrange que l’Auteur ait pu confondre ces deux choses. En croyant la vérité des dogmes révélés , je ne me soumets à aucune autorité autre que celle, de l’Auteur de la révélation. — Mais je ne puis savoir certainement que Dieu a révélé telle et telle vérité que par une autorité infaillible à laquelle je dois me soumettre. Je
aa6 EXA.UEN d’ün ouvrage , etc.
crois cette assertion fausse dans sa généralité ; mais quand elle serait vraie dans toute son étendue , il s’ensuivrait seulement qu’une autorité est nécessaire pour faire connaître la révélation ; mais cette autorité ne serait pour cela ni le principe , ni le motif de ma foi. La loi émanée de l’autorité souveraine m’est connue par la promulgation qui en est faite dans les formes voulues par le souverain ; mais en me soumettant à cette loi , c’est au souverain seul que j’obéis , et non à ceux qu’il a chargés de me faire connaître sa volonté. De même, je puis avoir besoin d’une autorité pour connaître que Dieu a révélé tel dogme , mais je n’ai besoin d’aucune autorité pour croire que ce que Dieu a révélé est vrai ; sa parole infaillible est l’unique motif de ma foi.
De plus , c’est la doctrine des Théologiens que l’Auteur prétend exposer , et sans doute celle des Théologiens Catholiques ; or les Théologiens Catholiques ne reconnaissent d’autre autorité infaillible , en matière de foi , que l’autorité de l’Église , et cette autorité est elle-même un article de foi. Ils ne reconnaissent non plus d’autres traditions Catholiques que les traditions de l’Église. On ne trouvera pas un Théologien Catholique qui ait cité l’autorité du genre humain ou de la raison générale comme un principe de foi divine. Remarquez encore qu’il s’agit de l’acte de foi considéré dans sa plus grande gé-