‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 77 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. a

nous soyons que nous devons obéir à l’autorhé qui nous commande la foi , l’obéissance reste toujours en notre liberté, (i') '

Notre-Seigneur donne ses œuvres pour motifs de la foi qu’il voulait qu’on eût en lui. « (2) Opéra quæ ego fado in nominePatris meij » hœc testimoniwn perhibent de me. (Joan. x. a5.) » Si mihi non vultis credere operibus crédité, » ( ibid. 38.) Les œuvres de Notre-Seigneur étaient donc les motifs de crédibilité qui devaient conduire les Juifs à la foi ; or les œuvres du Sauveur opérées en présence de tout le peuple étaient des œuvres évidentes ; tous ceux qui en étaient témoins avaient la conviction de ce motif de crédibilité , et pourtant tous n’avaient pas la foi. Plusieurs , il est vrai , frappés de ces prodiges cvidens , croyaient en Jésus-Christ : Multi crediderunt in nomine ejus , videntes signa ejus quæ faciebat.ifova.il. a3.)Mais plusieurs aussi ,

(i) Ecoutoni M. de La Mennaû loi-même nooa expliqaer avec eon énergie accontomée ce que. son disciple parait ne pouvoir pas comprendre. « Sons l'empire même de l'évidence , l'homme

> demenre libre , non pas de se méprendre , mais de se révolter ; a non pas de ne point voir , mais de nier ce qu'il voit. Liberté

> terrible qui , trop sonvent réduite en usage , devient pour qni-

> conque sait penser la preuve la moins équivoque du vice ori-

> ginelde notre nature. • ( Euai sur l’indifférenct , t. 1. Introd. p. 17. ) ^

(3) • Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent

> témoignage de moi : si vous ne vonlei pas me croire , crojea

> dn moins ï ces cenvtes. >

a36 EXAMEH d’uK OUVRAGE , ETC.

également convaincus de ces signes évidens,que ses plus grands ennemis ne pouvaient nier , restaient dans leur incrédulité. « (i) Pontijices et » Pharisœi dicebant : Qiùd facimus , quia hic P horno muUa signa Jacit ? ( Joan. xi. 4y- ) Et

dans une autre occasion , en parlant des Apôtres : « (a) Quid faciemus hominibus istisPquoniam quip dem notuin signum factum est per eos omnibus P habitantibus Jérusalem : manifestum est , et non P possumus negare. p ( Act. iv. i6. ) Pouvonsnous avoir une preuve plus frappante qu’on peut être forcé par l’évidence à admettre les motifs de crédibilité , et pourtant refuser de croire ? Donc l’évidence des motifs de crédibilité n’empêche pas la liberté de la foi. « (3) Pontijices et P Phariscei, dit saint Augustin , aiA/ consulebant , P nec tamen dicebant , Credamus. p ( Tract, xlix. in Joan. )

Prenons un exemple qui mette dans son jour la doctrine de saint Thomas , de Suarez , et , en général , celle que l’Auteur lui-méme appelle la doctrine de la Théologie Catholique sur la théorie de la foi. Notre-Seigneur ayant dit à un

(i) I Les Pontifes et les Pharisiens disaient t Qne ferons-nons? B car cet homme opère bcaoconp de prodiges, b

(3) s Qne ferons-nons de ces hommes ? car le prodige qn Us B ont opéré est connu de tous les habitans de Jérusalem ; il est » manifeste , et il nous est impossible de le nier. >

(3) « Les Pontifes et les Pharisiens délibéraient sur ce qnïb B avaient à faire , et ils ne disaient pas : Croyons, b

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