CHAPITRE QUATRIÈME. a
peut exister sans que la foi existe en moi. L’acte de foi est un acte subséquent qu’il est en mtm pouvoir de faire ou de ne pas faire , et qui , si je le fais , a un motif tout autre que celui de mon jugement.
Il est singulier qu’il faille expliquer à des Théologiens la différence qui existe entre un préliminaire nécessaire à la foi et le motif de la foi. Essayons toutefois , puisque cela est nécessaire, de nous faire entendre. Pour que je puisse croire quelque chose sur votre parole , il faut bien que je sache que vous avez parlé , c’est là le préliminaire nécessaire ; mais pour que je croie en effet à votre parole , pour que j’aie foi en vous , il faut de plus que j’aie l’assurance que vous dites la vérité , et encore la volonté de vous croire. La certitude du miracle qui me porte à croire , loin d’étre le motif de ma foi , n’est que la moindre partie de ce qui me détermine à croire. Celui qui croit, dit saint Thomas , est conduit à la foi par les miracles qui attestent la parole divine , et plus encore par le mouvement intérieur de la grâce qui l’attire, a ( i ) In- » ducitur auctoritate divinœ doctrinœ miraaxUs V confirmatœ , et , quod plus est , interiori ins- » tinctu Del invitantis. » Le miracle est le sceau extérieur que Dieu donne à sa parole , pour
(i) • n y est condoit par rautorité divine prouvée par des > miracles , et ce qui est plus , par l'Inspiration intérieure de • Dieu qui l'inTitc, •
a46 EX&BUEir d’dn ouvrage , etc.
que nous en soyons assurés ; et cette certitude que nous donne le miracle serait insuffisante pour nous conduire à la foi , si Dieu n’y joi'^ gnait l’impulsion encore plus puissante de sa grâce intérieure. Mais l’homme pouvant résister à la grâce intérieuré , il est clair qu’en tout cela on ne trouve encore qu’un préliminaire qui est nécessaire à 'la foi , mais qui ne la constitue pas. Potur l’acte de foi , il faut de plus que la volonté , toujours aidée de la grâce , commande à l’entendement , éclairé d’une lumière surna* turelle , dé donner son assentiment aux vérités proposées , assentiment qui tire toute sa certitude du principe surnaturel qui le produit. « (i) Norme cor nostrum ardens erat in nobis » dum loqueretur in via , et aperiret nobis Scrip- » taras ? » ( Luc. xxiv. 3a. ) « (a) Et quœdam mu-
» lier , nomine Lydia audivit : cujus Dominas
» apèruit cor intendere his quee dicebantur à » Paulo. a ( Act. XVI. 14. )
Voilà la doctrine Catholique , telle du moins qu’elle a été connue de saint Thomas et de tous le.s Théologiens qui ont parlé de la théorie de la foi ; ils ne s’en sont jamais formé une autre idée. On voit , par cette simple exposition ,
(1) • Notre cœar n'éUit-il pas toot eofltmmé , tandis qa'il
> nous parlait dans le chemin et qu'il nous expliquait les • Écritures ? »
(3) • Une /emuieuofflrnùoLjdie l'entendit aussi , et le Seigneur
> OBTrit son cesur pour le rendra docile aux paroles de Paul. •