‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 82 sur 180 · CHAPITRE QnATBl>.]fB. a4y · texte numérisé non relu

CHAPITRE QnATBl>.]fB. a4y

que les accusations de proclamer l’infaillibilité , la souveraineté , l’indépendance de la raison individuelle , prodiguées aux Théologiens qui professent cette doctrine , ne sont que des déclamations indécentes et sans fondement. La raison individuelle , ( et nous ne connaissons point de raison existante et agissante qui ne soit pas individuelle , ) n’est point infaillible , puisqu’elle ne peut pas avoir toute certitude , et que les passions auxquelles l’homme est sujet peuvent souvent l’égarer ; mais elle peut et doit avoir quelque certitude , autrement , elle ne serait pas raison. Elle n’est point souveraine, puisque Dieu lui commande et qu’elle doit obéir. Elle n’est point indépendante, si ce n’est en ce sens qu’elle est libre et peut se révolter. Il est de la nature de l’étre libre de pouvoir refuser sa soumission , et dire , Non serviam ; mais pour qu’il soit dépendant , il suffît que ce soit pour lui un devoir de se soumettre , et qu’en refusant de se soumettre il mérite de perdre cette liberté dont il abuse.

L’Auteur , dans son système , arrange toutes choses avec la plus grande facilité. « Il n’y a pas 9 même , dit-il , lieu à diffîculté.... D’une part, 9 l’acte par lequel l’homme soumet sa raison 9 à l’autorité de la raison générale n’est que 9 l’adhésion à la raison humaine élevée à sa plus 9 haute puissance , par conséquent à la plus 9 haute certitude, si la certitude existe pour la

a48 EXAMIW d’uW ouvrage , ETC.

» raison humaine. D'autre part , cet acte reste » essentiellement libre ; car c’est l’évidence seule > qui force la conviction. Or , cette soumission à » l’autorité de la raison générale n’est pas fon- » dée sur un jugement évident , par lequel l’in- V dividu prononcerait que la raison générale est » infaillible ; notre esprit ne peut démontrer au- » cun rapport nécessaire , absolu , entre l’idée y> de la raison humaine et celle d’infaillibilité , » parce qu’au fond , dans aucun système quel- » conque, il ne peut se démontrer la certitude. » {page go.)

Ce passage me parait dire plus que l’Auteur ne voulait. Ces mots , échappés k la plume de l’Écrivain , si la certitude existe pour la raison humaine, expriment naïvement le triste résultat de ce système désastreux , qui nous conduit à une incertitude complète et totale. En effet , une raison qui ne trouve en elle-même aucune vérité , aucune certitude , pas même celle de sa propre existence , où cherchera-t-elle la vérité , la certitude ? comment saura-t-elle qu’elle doit la chercher ? comment s’assurera-t-elle de la réalité de ses efforts ? Elle entend , ou croit entendre parler d’une raison générale infaillible , dont on lui fait une espèce de divinité ; mais , en supposant que cette raison générale existe et qu’elle veuille l’instruire , comment recevra-t-elle ses leçons ? comment sera-t-elle assurée qu’elle les a reçues et qu’elle les com-

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