‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 85 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. a

humaine , corps humain , ne signiGcnt et ne peuvent signifier autre chose que raison de l’homme , ame de l’homme , corps de l’homme ; et tout cela est individuel , tout cela ne peut exister , ne peut avoir d’attribut quelconque qu’individuellement. Lorsqu’on dit qne l’ame humaine est spirituelle , raisonnable , immortelle , cela veut dire que dans chaque homme elle a ces qualités. On dit bien la volonté générale , mais cette expression , qui n’est pas du tout synonyme de volonté humaine , signifie seulement l’uniformité des volontés individuelles ; et dans ce même se»s on peut dire aussi , un jugement général , un consentement général. Prétendre qu’un jugement n’est certain qu’autant que c’est le jugement général , est tout aussi absurde que de prétendre qu’une volonté n’est certainement bonne qu’autant qu’elle est la volonté générale. La parité est exacte , puisque la volonté individuelle est tout aussi défectible que l’entendement individuel ; et ceux qui donnent le consentemen général pour principe de certitude , n’ont qu’une conséquence à tirer pour donner la volonté générale , la volonté du peuple , pour principe de rectitude.

De plus , les Théologiens enseignent que la foi humaine n’a pour objet que les faits , lesquels ne peuvent être attestés que par les témoignages de ceux qui y ont été présens ; témoignages qui n’ont rien de commun avec

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ce que l’Auteur appelle raison générale , puis* qu’ils sont uniquement fondés sur les sens d’un nombre de témoins plus ou moins grand , mais toujours très-petit et tout-à-fait insigniBant eu comparaison de la masse du genre humain. Ces Théologiens reconnaissent l’existence d’une foule d’autres vérités qui ne peuvent s’attester par les sens , et qui par conséquent ne pourraient être prouvées par cette autorité humaine ' qu’ils admettent pour les faits. Il est donc évident 1* que les Théologiens Catholiques et l’Auteur n’entendent pas une même chose par autorité ; 3* que les Théologiens Catholiques ne reconnaissent un principe de certitude dans l’autorité qui est le fondement de la foi , que lorsqu’il s’agit d’autorité divine et de foi divine. L’Auteur ne citera pas un Théologien qui ait donné pour fondenpent de la foi divine l’autorité du genre humain ou de la raison générale.

Maintenant , je vais montrer que , dans cette explication , je ne me suis pas écarté de la doctrine des saints Docteurs , à laquelle je tiens beaucoup plus qu’à celle de Descartes. Saint Augustin a dit : Quod credimus debemus auctoritati : Nos croyances , nous les devons à l’autorité. Mais il parle en général des croyances , et il convient qu’il y en a de vraies et de fausses , de certaines et d’incertaines. Toutes ont leur fondement dans l’autorité , mais toutes n’ont pas une égale solidité. Or à qui appartient-il de

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