CHAPITRE QUATRIÈME. a6l
avoue què toutes les autorités ne sont pas égar les et qu’il y en a qui peuvent nous conduire à l’erreur , j’en conclurai que je dois donc distinguer entre autorité et autorité , et examiner quelle est celle qui peut me donner la certitude. Or , pour faire cet examen , je dois partir d’un principe qui ne sera pas celui d’autorité. S’il me répond que l’autorité en qui seule réside le principe de foi et de certitude est le consentement commun , je n’en serai guère plus avancé ; je demanderai de nouveau comment je puis m’assurer que le consentement commun est en faveur de Jésus-Christ plutôt qu’en faveur de Mahomet. Si je compte les voix , et si le consentement commun est la règle il faut bien les compter, je ne sais de quel côté sera le plus grand nombre , peut-être se trouvera-t-il quelques millions d’individus de plus d’un côté que de l’autre ; mais qu’est-ce que cela fait , puisque peut-être plus de la moitié des habitans de la terre ne croit ni à l’un ni à l’autre , et que par conséquent , il n’y a pas , à proprement parler , de consentement commun ? Il est vrai qu’un homme de grand talent a écrit des livres pour prouver que , dans tous les temps, tous les peuples ont cru les vérités fondamentales du Christianisme. Cela peut être, et j’aimerais à me le persuader; mais je n’en saisis pas bien les preuves. L’autorité de cet Écrivain est grande sans doute ; mais , après tout , l’autorité d’un grand homme n’est jamais
que l’autorité d'un homme , et j’aurais besoin d’une garantie de la solidité de ses raisonneincns, d’autant plus qu’il y a bien des personnes qui ne les trouvent pas concluans.
Je ne dois pas dissimuler qu’un autre écrivain , d’un talent moins brillant, mais' pourtant homme de beaucoup d’esprit, a composé un ouvrage qui passe pour classique parmi les défenseurs du nouveau système. C’est un livre élémentaire, un Catéchisme. Je l'ai lu avec beaucoup d’attention , espérant d’y rencontrer des notions claires et précises. Effectivement j’y ai trouvé que « Le sens commun est le sens ou » sentiment commun à tous les hommes , ou » du moins au plus grand nombre ; » ( du ii. ) que » Dans tous les lieux , dans tous les temps , tous P les peuples ont reconnu et suivi la règle du sens P commun; p (c/r. viii.) que « La règle des Cap tholiques est de croire ce qui a été cru en tous » lieux, en 'tout temps et par tous, p {ch. xvii.) Voilà qui parait clair et sans ambiguité , il ne peut y avoir aucune difficulté à connaître ce qui est cru en tous lieux et de tout le monde. (Jette facilité m’a charmé. Une seule observation s’est d’abord présentée à mon esprit : Si , me suis-je dit , la règle des Catholiques est de croire ce qui a été cru en tous lieux , en tout temps et par tous , ils ne croient ni plus ni moins que ce qui a toujours été cru et qui l’est encore aujourd’hui en tous les lieux , par tous