‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 90 sur 180 · CHAPITRE QüATBlfeME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QüATBlfeME

connaisons certainement que Dieu existe , qu’il est infaillible et qu’il a parlé , et nous en croyons Dieu sur sa parole. De même si notre raison nous faisait connaître certainement la raison générale et son infaillibilité , il serait absurde de chercher une autre autorité pour croire en la raison générale que celle de la raison générale elle-même. Mais il en est tout autrement suivant la doctrine d'autorité : le principe fondamental de cetle doctrine est que toute certitude est fondée sur la foi et que toute foi est fondée sur l’autorité. Voyons donc à quel résultat conduit la reclierche de l’autorité sur laquelle est fondée la foi en l’autorité générale.

Autant que je puis comprendre la doctrine de l’Auteur même du nouveau système, la foi en la raison générale est fondée sur notre nature , et sans doute sur notre nature intelligente , car l’intelligence en est une partie essentielle ; ou même , si nous en croyons un Philosophe moderne justement renommé , quoique peut-être pas toujours assez exact , elle est notre nature même. L’Auteur de \ Essai parait être aussi de ce sentiment : « La raison , dit-il , est aussi dans » la nature , ou plutôt , elle est la nature même » de l’homme. »(^. iv.p. 102. ) Cependant, cette foi en la raison générale est tellement fondée sur notre nature qu’elle n’en découle pas nécessairement , car elle est libre. M. G. l’affirme expressément. a L’homme , dit-il {p. 3i.), n’est con<

a68 EXAtEEN d’üN ouvrage , ETC.

» duit à soumettre sa raison faillible à l’autorité » de la raison générale , de la raison humaine , » qu’autant qu'il veut connaître certainement

» la vérité Il est maître de ne pas se sou-

» mettre à l’autorité. » La foi en la raison générale est donc fondée sur notre nature raisonnable et libre. Il est au pouvoir de chaque individu d’avoir ou de rejeter cette foi. C’est sa volonté libre qui l’y conduit. Or agir librement c’est agir avec délibération et conséquemment avec connaissance ; une cause aveugle ne peut pas être un agent libre. La raison individuelle doit donc savoir ce que c’est que la raison générale , elle doit examiner s’il lui convient ou non de s’y soumettre , et c’est seulement après cet examen qu’elle se détermine pour ou contre. Mais , suivant les notions communes , les déterminations libres de la volonté sont toujours précédées d’un jugement , et je ne vois pas qu’il en puisse être autrement. La foi de l’individu en la raison générale est donc nécessairement précédée d’un jugement de sa raison individuelle , d’après lequel sa volonté se détermine à croire. Et comme c’est un article de foi , dans la doctrine réformatrice , que tous les jugemens individuels sont incertains , il en résulte que , dans cette doctrine , le principe de foi , identique au principe de certitude , repose primitivement dans chaque individu sur un jugement individuel incertain.

exjlHsw d’üw ouvrage , ETC. a6g

M>C€C€€«)C€eCC«€€C!€Cf)f>e€€CCCCCC)C€C€CC)

Page 1