‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 91 sur 180 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Principes de la Théologie Catholique touchant la Foi avant Jésds-Chkist.

L’Auteur dans ce chapitre s’étend à prouver ce qu’aucun Catholique ne pensera certainement à lui contester , que le Christianisme a commencé avec le monde , et que la révélation faite à nos premiers pères est parfaitement d’accord avec la foi que nous professons. Il n’y a rien à dire làdessus , il est d’accord avec tout le monde , il a pour lui le consentement commun des Chrétiens. Mais à la page io3 recommence l’exposition de ses sentimens particuliers , et les raisonnemens de sa raison individuelle ; il est nécessaire de les distinguer de la doctrine Catholique , et convenable de les examiner.

« Tous les Théologiens , dit-il , reconnaissent « que l’ordre primitif et général était que les » pères instruisissent les enfans , et que la foi fût » conservée par une tradition perpétuelle. Mais » l’ordre établi de Dieu pour conserver la vraie » Religion , étant indépendant de la volonté des » hommes , a dû toujours subsister , et n’a pu

» jamais cesser d’étre obligatoire pour tous

» Si l’ordre de tradition demeurant obligatoire » pour tous , la tradition eût cessé de fait dans

» le genre buinain , cette unique voie de connai- » tre la Religion eût été à-la-fuis nécessaire et » impossible. » Les mots soulignés sont de Suarez (Je Fide, disput. 4- sect. 1. ) et ce Théologien ajoute : « (i) Ethocmodo Adaminslruxit in Jide J) fitios suos. »

Oui , tous les Théologiens reconnaissent sans difficulté que tel était l’ordre primitif et général. Les pères avaient iuconlestablement l’obligation d’instruire leurs enfans dans la fui. Mais tous les Théologiens ne reconnaîtront pas la légitimité des conséquences que l’Auteur tire de ce principe , ni la force de ses raisonnemens. Dans quel sens l’ordre général établi de Dieu pour connaître la vraie Religion était-il indépendant de la volonté des hommes ? Dans ce sens sans doute que Dieu n’avait pas consulté les hommes pour établir cet ordre, et dans ce sens encore que les hommes n’avaient pas le droit de changer cet ordre , et qu’ils devaient s’y conformer. Mais personne n’ignore qu’il y a une indépendance de droit et une indépendance de fait. L’homme est toujours de droit soumis à l’ordre établi de Dieu , mais il ne l’est pas toujours de fait et il ne s’cn écarte que trop souvent. C’est là une triste suite de sa liberté , qui est aussi dans l’ordre établi de Dieu. Dieu avait ordonné que les pères instruisissent leurs enfans

(1) • Et c'est ainsi qu'Adam instruisit scs enfans dans la fui. »

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