C. Crmox
-Avant de poursuivre l’exarmen du plan de mon excellent ami, je lui dois quelques mots en réponse à la lettre qu’il vient de pubiier dans le Journal.
T1 m’assure de ses bonnes intentions ; j’y crois et je l’en remercie. Je lui demande de me rendre le même témoignage. Pour moi comme pour lui, l’importance de l’affaire c’est que cette “ discussion tourne à l’avantage du pays. ? Nous n’avons tous deux d’autre ambition que celle-là. “ Pour cela il me demande “ ne ne pas critiquer le sens d’une simple phrase, d’un seul mot. ?? Je le veux. Ce serait mal à moi dans une discussion de cette nature, d’épiloguer sur ses mots et ses phrases prises isolément et sans égard à l’ensemble de son écrit. Je ne dois pas paraître essayer de dénaturer ses intentions. Ce serait déloyal. Mais pour bien me rendre compte de sa pensée, il faut bien que j’examine, et que je pèse ses mots et ses phrases. Tel mot qui paraît obscur dans un endroit s’éclaircit par tel autre. On ne peut discuter autrement. Seulement il faut y mettre de la bonne foi, et éviter l'esprit de chicane. C’est sans doute ce que veut M. Cimon. Qu'il agisse de même envers moi. Nous sommes d'accord.
Mon ami dit qu’il n’a point eu de ‘“ patrons ? pour rediriger ses notes sur l’agrieuï.r2, et qu’il n’y a point d’autres personnes “ qui apparaissent sous un voile transparent. ? Il ajoute qu’il a écrit ‘à la gracieuse invitation du comité de l’agriculture par l’un de ses membres. *” Ceci confirme ce qu’azait dit le Journal en annonçant les notes, savoir : “ qu’elles avaient été écrites à la demande de P'Hon, M. Chauveau. ”
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M. Cimon parle avec complaisance de son expérience. Dans la lettre qu'il vient de publier, il revient à la charge pour dire que son système est ‘ le fruit de son expérience, expérience de trente-cinq ans. ” Certes! 35 ans c’est bien respectable, mais il y a 35 ans, c’est-à-dire en 1833, M. Cimon entrait à peine au Collège, bien jeune encore. Depuis ce temps, il a fait son cours d’études et parconra une longue et honorable carrière à peu près étrangère anx opérations de la pratique agricole. Dans ce cas, me dis-je, à moi-même, mon ami a dû être hien précoce dans la pratique de l’agriculture, et application d’un système raisonné comme celui qu’il propose,
M. Cimon termine sa lettre en me renvoyant au Canadien qui a publié uu pompeux éloge de son système. Les gros chiffres que j’y vois, loin d’ébranler mes convictions, me fent un effet tout contraire. Pour moi c’est la critique la plus fine, la réfuta-
tion la plus complète de son plan. Je désespère d’obtenir un tel succès.
Je dois aussi un mot à M. le rédacteur du Journal. Dans un entrefilet plein de bienveillance dont je lui suis reconnaissant, il proteste dans son numéro du 12, de ses bonnes dispositions envers les écoles d’agriculture qu’il a toujours soutenues. Je crois à la sincérité de ses sentiments, et je compte sur:ia grande autorité de sa parole, pour le soutien de la même cause toutes les : fois que l’enseignement professionnel de l’agriculture aura besoin. de ses services.
[l pense que je suis sous une fausse impression en croyant à “ P’existence d’un complot monté contre l’enseignement agricole “ pratiqué à Sainte-Anne, ” Que M. le rédacteur du Journal soit étranger à toute idée de complot, j’en suis convaincu. Mais qu’il me laisse croire plus que jamais à l’existence de quelque chose qui y ressemble ; je ne lui demande rien de plus. Voir Evénement du 12, édit. hebdomadaire, Il verra bientôt que: j'avais raison. La trame est ourdie depuis quelques mois. Des limiers sont envoyés à droite et à gauche pour donner l’éveil, On verra bientôt le dessous des cartes. II paraît que celà était nécessaire pour préparer l’opinion publique aux grandes innovations qui se préparent. Comme je n’ai riea provoqué, je me contente-
rai de me tenir sur la défensive. Attaqué, je dois me défendre, c’est mon droit.
A demain l’examen de la question économique,
15 mars 1868,
Le plan de culture enseigné dar.s les écoles d'agriculture coûte trop cher pour que nos habitants puissent l’adopter.