C. CiMmon
Revenons maintenant à la question de l’économie. M, Cimon reproche aux élèves d’agriculture les grandes dépenses à faire pour mettre en opération le système de culture qu’elles enseignent,
Pour réfuter cet avancé il suffit de comparer son système avec le nôtre dans leurs principaux détails.
10. Son plan de rotation suppose six ans. Le nôtre qui était d’abord de six ans aussi, sous forme d'essai, a été mis à huit ans, par économie. Car il en coûte moins de fumer un champ tous les huit ans que tous les six ans, Dans un assolement de six ans chaque sole est plus grande que dans un assolement de huit, Donc sur ce point l’économie est en notre faveur. En disant que notre assolement est de huit ans, je parle en général. Car dans certains champs de la ferme il est beaucoup plus long ; dans d’autres il n’est que de sept ans. Il en doit être ainsi. Tontes les terres ne peuvent pas être soumises à un mode uniforme de culture, Nous verrons cela plus au long dans une autre lettre, en examinant Ja question de savoir s’il est possible et avantageux d’imposer à tous les cultivateurs de la Province de Québec, depuis Montréal jusqu’à Gaspé, un assolement uniforme de six ans ni plus ni moins. Ainsi à Ste. Anne,
C’est plus économique.
20. M. Cimon débute à l’amélioration de ses térres par les cultures sarclées, Nous en faisons autant, avec cette différence que notre assolement étant un peu plus long que le sien, sole plus petite (les siennes ont 24 arpents), nous avons moins de travaux. Avec cette différence aussi qu’en certains cas, rares À la vérité, pressé par les circoustances, on s’est contenté de cultures simplement nettoyantes, comme la vesce et la lentille, sur certaines pièces qui n'avaient pas besoin d’être autant ameublies, Dans tous les cas il y a une fumure à fortes doses comme M. Cimon le veut.
C’est plus économique.
30. M. C‘imon veut faire produire mille voyages de fumier à. son cultivateur modèle, même la première année. Le pauvre homme, je le plains. Mais le fumier ne suffit pas toujours. Certaines terres sont tellement constituées que le fümier n’y produit que peu d'effet. On y voit au bout. de trois ou quatre ans
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Pengrais aussi entier et aussi complet que lorsqu’on l’y a mis. Ces terres sont les argiles compactes qui enveloppent le fumier d’une espèce de mastic, et le soustraient à l'influence de l'air, influence absolument nécessaire à la décomposition. Dans de tels terrains le fumier ne suffit pas, et pour les rendre productifs, il faudra employer les amendements, La méthode soi-disant économique de M. Cimon ne s’arrangera peut-être pas de cette observation. Dans tes sortés de terrains pour ébtenir des récoltes deux à , trois fois plus grandes que celle de l’encien système, il faut absolüment changer la constitution physique du sol au moyen d’amendemets appropriés, la chaux par exemple dans les terrains À qui n’en ont pas assez. Car il en faut toujours partout dans une certaine proportion. Nous en avons eu un exemple frappant. ici Pannée dernière, où Pemploi de quelques quarts de chaux nous ä donné les récoltes myrobolantes que M. Cimon promet à NE | emploi des fumures abondantes qui sont toujours conparativement plus dispendieuses.
C’est plus économique.
40. La première année, pendant la saison d'été, M. Cimon \ prépare le champ No. 2. Il enlève les roches, abat les buttes, remplit les trous autant que possible. L’automne arrivé, il laboure le tout pour le printemps suivant. Sur la fe.me de l’école nous faisons tout cela, avec cette différence que nous ne perdons pas Ne : la récolte de ce même champ, comme le fait M. Cimon. Voici éomment : l’année qui précède la céréale à laquelle nous faisons toujours succéder une récolte sarclée, est en pâturage. L’aus tomne, quand les animaux ont rasé l’herbe, nous commençons à enlever les roches, puis nous labourons pour la céréale suivante. Après la récolte de cette céréale, nous achevons d’ôter les roches, d’abattre les buttes et de combler les trous. Le tout: se termine par un bon labour préparatoire aux racines. |
C’est plus économique,
50. M. Cimon ébvie à linsüfisance des fumiers par les en grais verts, c’est-à-dire le varech et les plantes semées pour êtré enterrées à la charrue. Ces sortes d'engrais n’équivalent. qu’à une demi-fumure. Pourtant ils coûtent toujours la semence, les labours et tous les travaux d’une culture régulière. Leur prix de revient est donc toujours assez élevé. A Sainte-Anne, la paille est abondante. Ce qui n’est pas denné aux animaux est converti en fumier par de fortes litières. Le reste est vendu pour acheter | du fumier à 12 sous la charge. : Notre fumier nous revient dose roias cher. | C'est plus économique.