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Me voici donc arrivés à l'examen de ce lan fameux que plusieurs journaux ont acclamé, et qui, d’après l'expérience : de ‘85:ans de son heureux auteur, doit régénérer l’a
é griculture ‘canadieune. Mon bon ai, paraît croire que l'adoption 1de ‘son
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“croissance des mauvaises herbes, et notamment à e “‘ifäut faire succéder: d’autres cultures quiles-dét
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système de culture enrichirait tous ses compatriates. Je le vadrais bien. Mais à quoi bon se faire illusion ? Je. vais essayer de le ilétromper. | TA
.. Je dois dire d’abord que ce plan, considéré en lui-même comme pure hypothèse, et en dehors de toute application à telle. ou telle localité, est excellent, sauf quelques détails qui peuvent soulever des objections dont je vai pas à m’accuper pour le moment. Il n’a rien de neuf. Les traités d'agriculture en parlent. M. Cimon a pu en voir Papplieation à Ste. Anne même, dans le rapport de l'Ecole d'agriculture pour. 1860, Page 2. Je n’y vois qu’une seule. chose qui me frappe par sa nouveauté, ce sont ces belles terres de quatre arpents de ]
sur 40, qu’il suppose à la plus grande partie de nos habitants, S'il eut dit. deux arpents, nous serions d'accord. Mais quatre arpents ! Il faut croire que toutes les paroisses ne ;se ressemblent pas, et qu’à la Malbaie, où il à expérimenté, son système Pendant longtemps, la plus grande partie des heureux habitants posséde des terres de quatre arpents de large. Quelle division faudrait sur les terres d’un arpent ou deux? Ce cas n’a pas été prévu. Mais ceci n’est qu’un détail. Voyons l’assolement,
Par asso/ement, rotation, d’après un grand nombre d'auteurs modernes autorisés, on entend ‘ l’ordre suivant lequel les plantes “ cultivées se succèdent sur Je terrain, pendant une période “d'années déterminée, au bout de laquelle on recommence tou- (jours la même succession dans le méme ordre, ” Chacune des divisions égales des. terres d’une ferme soumise à une rotation régulière s'appelle sole.
osons d’abord quelques principes. Un assolement, dit A. Thouin, est l’art de faire alterner les cultures sur un même terrain, de manière à en tirer constamment le plus grand produit avec les moindres frais possibles, en ménageant l’épuisement du sol, les frais de main-d'œuvre et la dose d'engrais.
M. Cimon admet cela. Il admet aussi tous les principes de Ia théorie chimique et de la théorie. physique des assolements savoir : “ Jo. Ti faut faire précéder et suivre les cultures épuisantes par d’autres cultures Propres à reposer le sot et à lui rendre sa fécondité. 20. À uüe plante d’une certaine espèce, d’un certain gérre, où‘même d’une certaine famille, ÿ! faut faire succéder autant que purs une plante ‘d’une autre espèce, d’un dutre genre, et d’une autre famille, 30. Aux cultures qui facilitent la elle des blés,
ruisent ou lès empêchent de se dévelo::er (Maison rustique). — La dessès
- mous sommes d’accord, puisque :son syatèrèe st fondé sûr ces :griacipes adinis:par :tous-les agronômes, Mais tout n’est pas, là,
“Reste encore le côté économique, : C'est & ce point de rue que le'système de M. Cimon est en défaut.
L'étendue du domaine, la nature et Ja fertilité du sol, l’éloignemeat des terres Par rapport au centre d’exploitation, leur état de morcellement ou de réunicn en un seul tenant, le climat, les dé ‘bouchés, les voies de Communication, l’état morol et la densité de la Population, la main-d'œuvre, les capitaux et l'intelligence du cultivateur, voilà autant de considérations à faire, suivant je Livre
€ la Ferme, avant d'établir un plan quelconque d’assolement, M. Cimon ne les a Pas faites, I| n’a pas même l’air de SO!pÇonner qu’il faille tenir compte de toutes ces cirécnstances si variées de climat, de différence de sols, de voies de Communications, de débouchés, de Capitaux, : de main-d'œuvre, ete. puisqu’il propose sérieusement un plan uniforme de six ans ni plus ni moins, à tous les cultivateurs depuis Montréal Jusqu'à Gaspé,
Si tout cela avait besoin de plus amples démonstrations J'ajouterais, non plus des ralsonnements, mais dés exemples, Ainsi un cultivateur qui se troufé dans une position favorable à l’engraissement des bœufs, ne Peut jas suivre le même système que celui qui trouve plus de profit à faire du beurre, Le premier faisant des achats de bœufs ordinairement Fautomne, n'aura pas au-
d’une nourtiture abondante hiver et été. Ce qu'il faut au premier, c’est une grande quantité de fourrages variés pendant les mois d’engraissement : du grain, des légumes, et beaucoup de foin. Cet engraisseür aura donc peu de pâturages, juste assez pour fournir la nourriture nécessaire aux quelques vaches qu’il gardera Poür les besoins de Ja faille, ‘ cultivateur qui trouvera de l'avantage à rendre ses produits
en nature devra également adopter un système différent,
Celui qui croira trouver plus de profits dans l'élevage et la vente des bestiaux encore jeunes choisira une rotation opposée, :
Si une terre est riché, l’assolement sera diflérent de celui que l’on appliquerait à une terre Pauvre, . Un voit par ces exemples, que lon pourrait multiplier, quil &’est pas bon de recommander un système quelconque, même le Plus économique sn soi, comme applicable à toutes les situations possibles...
8: M, Cimon e:: sat à tous les cultivateurs de la Province de débec un plan wyue"de Culture, sans faire aucune distinction
. faut pas que les journaux déviennent uag- arèue- pour l'exercice
des situations si variées de chaque localité, a fait comme un taiileur qui prétendrait habiller tout le monde avee un habit. taillé sur le même patron, sans égard à l’âge ni à la taille de chacun. [l m’a demandé mon plan de culture, Tl l’a dans ce qui précède. Qu'il me donne les circonstances économiques d’un pro- Pre quelconque tel qué je lai dit plus haut, alors je pourrai e satisfaire pour ce cas particulier, Aucun agronome ne peut promettre duvantage.