‹ Examen de deux ovaries féminins prélevés à la fin de la grossesseChapitre 10 sur 20 · ER REP · texte numérisé non relu

ER REP

Il y a d’abord une période d'hypertrophie folliculaire avec cinèses granuleuses et thécales, puis dégénérescence de la granulosa du cumulus et de l’ovule. La thèque interne persiste encore longtemps et l’on y rencontre des cinèses qui démontrent son hyperplasie prolongée. Lorsqu'elle disparaît, elle est remplacée lentement par une paroi celluloconjonctive qui peut devenir ultérieurement fibreuse.

Le contingent de glande thécale annexé aux follicules kystiques est, de toute évidence, beaucoup plus considérable que celui appartenant aux follicules à évolution normale et les images histologiques de cette formation prouvent son activité fonctionnelle.

On peut dire encore que la masse de glande thécale d’un ovaire’ est d’autant plus importante que cette ovaire contient davantage de jeunes follicules kystiques.

d) Follicules plissés à parois hyperplasiées. — La transformation en corps jaune du follicule mûr rompu est classique, mais ce n’est qu’une éventualité. Il arrive que le follicule se replie sur lui-même, la cavité s’efface, la paroi se plisse et les deux formations fondamentales, la granulosa et la thèque interne (après l’expulsion de l’ovule et du cumulus) s’hyperplasiaient par hypertrophie et multiplication cellulaire. L'évolution de ces follicules plissés se poursuit ensuite par la dégénérescence des cellules épithéliales de la granuleuse, tandis que les cellules thécales prolifèrent en attitude fonctionnelle. A partir de ee moment l’évolution se fait sur le type d’un énorme follicule atrétique et n’a plus d'intérêt. Les cellules thécales sont finalement étouffées par le tissu conjonctif, selon le mode déjà vu, puis il y a organisation de la cavité. Comme terme ultime on a soit un corpus albicans, avec persistances plus ou moins prolongées de la cavité organisée, soit la figure d’une membrane fibroïde largement ouverte à la surface de l’ovaire, lorsque la rupture a été large et ne s’est pas cicatrisée.

Les formations thécales hyperplasiées qu’on note au cours

jours

de cette évolution rentrent naturellement dans le cadre de la glande thécale. L'existence de ces follicules rompus non lutéinisés peut expliquer l’inefficacité de certains cycles œstraux avec ovulation. L’ovulation a bien lieu, la fécondation peut même suivre, mais l’absence de formation d’un corps jaune vrai et par conséquent de progestérone empêche les modifications progestatives de la muqueuse utérine et l'œuf ne trouve pas les conditions nécessaires à sa fixation.

D. —— LA GLANDE THÉCALE

On admet classiquement dans l’ovaire de la Femme et des Mammifères en période génitale active la présence de deux glandes endocrines.

L’une est la glande œstrogène, l’autre la glande progestative. Seule la première intéresse ce travail, la seconde étant représentée par les cellules lutéiniques du corps jaune.

La glande œstrogène se présente sous des aspects différents; elle prend le type massif et congloméré chez les Rongeurs et les Chéiroptères et on doit lui donner le nom de glande interstitielle. Elle dérive des thèques internes des follicules atrétiques qui s’agglomèrent en une masse commune (Pflüger 1863, Tourneux 1879, Kôlliker 1898, Bouin et Limon 1901, Regaud et Dubreuil 1906-1908).

Par contre la dite glande est représentée chez la plupart des Mammifères par la thèque interne des follicules et on doit lui réserver le nom de glande thécale (Schickelé, Dubreuil) ; mais ces thèques, au contraire de ce qui se passe chez les Rongeurs et les Chéiroptères, restent [à où elles sont formées autour des follicules atrétiques isolés les uns des autres, jusqu’à leur disparition. S'il s’agit de la thèque dun follicule à évolution normale, elle persiste jusque dans le corps jaune qui suit la déhiscence; s’il s’agit de follicules atrétiques, kystiques ou plissés, la thèque persiste jusqu’à une période très avancée de l’involution folliculaire.

FI eV

C’est 1à l’opinion récemment émise par Collin (1939) et Dubreuil (1940) pour l'ovaire féminin. Elle est corroborée au point de vue physiologique par des recherches très importantes sur lesquelles ces auteurs se sont appuyés pour établir leur conception.

L'origine thécale de l'hormone œstrogène ou folliculine doit être cherchée soit dans la glande interstitielle des Rongeurs et Chéiroptères, soit dans son équivalent, la glande thécale des autres mammifères.

En effet, on doit rappeler à cet égard les travaux fondamentaux d’Ascheim et Zondek, complétés par une expérience très démonstrative de Léonard et Smith (1934).

Ascheim et Zondek implantent diverses portions d’ovaire, aussi bien déterminées que possible, à des animaux dont ils observent la réaction vaginale pendant la résorption du tissu greffé. Ils obtiennent une réaction positive avec des follicules atrétiques de O0 m. 5 environ, avec la thèque de follicules mûrs ou de follicules kystiques dépourvus de granulosa. Par contre, les résultats sont négatifs avec l’implantation de granulosa isolée de formations folliculaires à l’état de maturité. II y a donc une forte présomption en faveur de l’origine thécale de l'hormone folliculaire.

Léonard et Smith, chez le rat hypophysectomisé, obtiennent la régression ovarienne par suite de la suppression de l'hormone gonado-stimulante hypophysaire, mais par injection d'urine de femme gravide ils provoquent une hypertrophie des cellules interstitielles avec réaction vaginale, sans qu’il y ait croissance de follicules. Il y a donc sécrétion d’hormone folliculaire (œstrine) en l’absence de développement de follicules complets, avec les phénomènes de réaction vaginale caractéristique.

On doit admettre à l'heure actuelle que la source de l'hormone œstrogène se trouve chez la femme dans la « glande thécale » et on réunit sous ce vocable l’ensemble des formations suivantes

Thèque interne des follicules normaux;

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