GS PERRET
Réflexions sur la structure de ces deux ovaires
de fin de grossesse
À. — STROMA CQRTICAL
Du côté du stroma cortical, rien d’anormal. Il y a bien peu d’ovaires qui soient dépourvus de sclérose corticale; ici elle est peu accentuée. Les petits accidents de surface, petite plaque fibreuse ou adhérence, sont des lésions limitées et assez banales qui ne s’opposent pas au bon fonctionnement de l’organe. Les petites inclusions de l’épithélium de surface n’ont aucune signification pathologique. Les différences de densité du stroma sont de simples témoins de l’activité fonctionnelle de l’organe; les zones les plus sombres sont des parties néoformées le plus souvent autour des membranes onduleuses, dernier vestige d’un follicule atrétique. Les zones d’œdème ne représentent nullement un état pathologique (sauf le cas d’ovarite caractérisée). Dans la plupart des ovaires ces zones d’œdème ne doivent pas être interprétées comme des réactions inflammatoires. L’œdème localisé se produit autour ou sur une des faces d’un organite en réduction de volume : follicule atrétique, follicule kystique ou corps jaune en régression, lobule vasculaire en voie de disparition. Si l’on ne trouve pas toujours ces organites dans la coupe où s’observe l’œdème, on les rencontre dans les coupes précédentes ou suivantes. De sorte que des zones d’œdème nombreuses dans un
SF OG NS
stroma cortical, étendues parfois dans le stroma médullaire voisin, sont un signe d’activité ovarienne certaine (formation et disparition de follicules, de corps jaune, disparition de corpora albicantia). Plus tard apparaissent dans ces zones de nombreux polyblastes, ressemblant à des Iyÿmphocytes ou à de petits mononucléaires qui augmentent de nombre, se transforment peu à peu en cellules conjonctives fusiformes petites et très serrées, du type des cellules du stroma cortical, et leur densité provoque l'apparition des zones sombres et fortement colorées sur les préparations.
B. — FOoLLICULES A ÉVOLUTION NORMALE
Les follicules primordiaux sont abondants; rien d’anormal à cela chez une femme de trente-deux ans.
Les follicules primaires sont de petite taille à un, deux ou trois rangs de cellules folliculeuses, sans trace de thèque.
Il n’existe pratiquement aucun follicule cavitaire normal. Un seul a encore une structure proche de celle d’un follicule sain; cependant l’existence d’une granulosa dont les cellules s’étagent sur deux à quinze couches est vraiment peu commune, par ailleurs certaines cellules folliculeuses des couches internes ont tendance à s’allonger et à s’aplatir parallèlement à la surface de la cavité du follicule, ce qui est un caractère de début de la dégénérescence folliculaire.
Un premier point paraît acquis : les follicules se développent d’une façon normale jusqu’au stade de follicule cavitaire de taille moyenne, mais à partir de ce stade ils subissent tous une dégénérescence qui paraît se faire sur un type régulier : l’atrésie folliculaire.