ER EN
un certain nombre arrivent successivement au stade de follicules mûrs volumineux prêts à se rompre en libérant un ovule fécondable, ils se transforment ensuite en corps jaune de menstruation ou de grossesse. On sait que cette évolution dite normale n’existe pas durant la gestation et en fait on n’en trouve aucun exemple dans ces deux ovaires. À côté de ces follicules voués à la production de gamètes mûrs et fécondables, il en existe toujours un contingent notable qui évolue jusqu’au stade cavitaire de petite taille ou de taille moyenne. À ce moment l’évolution normale s'arrête et il se produit une involution au cours de laquelle l’ovule et ses annexes immédiates disparaissent, on est alors en présence de follicules atrétiques ou kystiques.
L'involution du type atrétique atteint surtout les, follicules cavitaires de faible et de moyenne taille : la granulosa et l’ovule dégénèrent lentement, progressivement. La vitrée ou membrane de Slaviansky est renforcée par une couche cellulo-conjonctive qui l’épaissit et occupe la place de la granulosa disparue, la cavité diminue de volume, puis se ratatine en forme polygonale ou triangulaire en même temps qu’elle se comble par un tissu conjonctif jeune qui refoule devant lui les restes du liquor folliculi et parfois de l’ovule. La thèque a persisté un peu plus longtemps, elle se réduit à une zone de cellules petites qui perdent les caractères des cellules sécrétantes endocrines. Plus tard la cavité disparaît, la masse de tissu conjonctif jeune qui l’occupait est réduite et entourée d’une membrane fibroide onduleuse, reste de la vitrée épaissie, la thèque a disparu et on trouve à sa place une zone cellulaire dense de stroma cortical. Enfin, seule la membrane onduleuse englobée dans le stroma subsiste, se réduisant peu à peu et disparaissant, morcelée et résorbée au cours d’une involution lente.
L’involution du type kystique se présente au contraire avec une augmentation de volume du follicule, la cavité s'agrandit, la granulosa s’amincit, le cumulus et l’ovule
PERD An
s’atrophient et l’on arrive ainsi à un follicule kystique de 5 à 25 millimètres de diamètre qui peut encore conserver une thèque interne importante. Celle-ci peut disparaître à son tour, remplacée par unè membrane cellulo-conjonctive. A ce moment le follicule peut soit involuer sur le type atrétique, en se réduisant de volume, soit persister longtemps en tant que follicule kystique à paroi fibreuse dense, souvent doublée d’une mince couche cellulaire endothéliforme, reliquat d’une granuleuse réduite à sa plus simple expression.
Ces deux modes involutifs se présentent habituellement dans les ovaires qui sont qualifiés de microkystiques. II ne faut pas donner à ce qualificatif la valeur d’un terme pathologique, sinon il faudrait qualifier de pathologiques la plupart des ovaires féminins, de Guenon, de Vache, de Truie, de Jument, etc., qui sont tous plus ou moins microkystiques, s'ils ne sont pas atrophiques.
G. Dubreuil considère, d’après l’examen de plus de cent cinquante ovaires féminins et de nombreux ovaires d’animaux, que l’involution atrétique ou kystique des follicules de de Graaf est une forme d’évolution normale, habituelle et très générale chez les Mammifères. Dans ce cas les parties propres au « germen » disparaissent, en ne laissant subsister que les parties glandulaires annexes, c’est-à-dire la thèque interne. Celle-ci continue à fonctionner alors que le follicule a perdu toute valeur au point de vue de la reproduction. C’est un procédé qui assure l’entretien, durant toute la vie génitale, d’un contingent important de glande thécale nécessaire à l'exercice des fonctions ovariennes et des fonctions du tractus génital.
On peut dire que le contingent de glande thécale dû aux follicules à évolution dite normale est infime par rapport à celui qui est entretenu par les follicules involutifs.
Or, les deux ovaires examinés à la fin de la grossesse présentent de très nombreux follicules cavitaires, trentedeux pour l'ovaire droit et treize pour l'ovaire gauche, soit
2No0
avec granulosa relativement intacte, cumulus et ovule, soit avec granulosa réduite, plus où moins dégénérée ou desquamée, voire même disparue et remplacée par la membrane cellulo-conjonctive caractéristique de l’atrésie folliculaire avancée. Tous ont une couche importante de thèque interne autour de la vitrée, plus importante qu’on ne la voit d'ordinaire dans des follicules normaux ou atrétiques d’ovaires prélevés au cours de la vie génitale en dehors des périodes de grossesse.
Il semble bien que les deux ovaires examinés, prélevés juste en fin de grossesse à terme, présentent un nombre anormal de follicules cavitaires de taille moyenne qui involuent suivant le type atrétique en manifestant un maintien prolongé et hyperplasié de leurs glandes thécales.
Le nombre de follicules cavitaires atrétiques ci-dessus donné ne vaut que pour les sections médianes de chaque ovaire; il faudrait probablement le doubler pour tenir compte des follicules situés sur les surfaces non intéressées par la coupe. Quelques-uns de ces derniers sont indiqués par des plages de thèque interne en coupe tengentielle, d’autres ont échappé à la coupe.
Enfin, fait important, nombre de follicules en atrésie très avancée, réduits à une membrane onduleuse et à une petite cavité triangulaire ou polygonale remplie de tissu conjonctif très jeune, sont encore marqués par une couronne importante ou une large bordure de glande thécale. On doit donc estimer à quatre-vingt-cinq (cinquante-quatre plus trente et un) le nombre des formations folliculaires visibles dans des coupes médianes ou paramédianes et pourvus d’une glande thécale en bon état.
Ces ovaires ont donc fait, durant la deuxième moitié de la grossesse, une poussée de follicules cavitaires très nombreux, saisis à divers stades d'évolution atrétique, qui dans ce cas se caractérise par une persistance prolongée et générale d’un abondant contingent de glande thécale. Les membranes onduleuses ne peuvent représenter qu'un nom
bre de follicules atrétiques disparus dans une période qui peut remonter à deux ou trois mois où peut-être avant le début ou au début de la grossesse. Elles ne témoignent que d’une activité habituelle et normale de développement folliculaire suivie d’une atrésie physiologique.
Il n'existe aucun follicule qu’on puisse dénommer kystique dans les ovaires examinés.
D. — CoRrPS JAUNE
L'absence de toute trace de tissu lutéinique est au moins surprenante. On sait que le corps jaune involue vers le troisième, quatrième mois. Cette donnée se retrouve dans tous les ouvrages classiques (Kôlliker, Renaut, Prenant et Bouin). Mais cette régression se ferait d’une façon très lente et il y aurait persistance d’un reliquat encore reconnaissable au moment de l’accouchement et même plus tardivement encore. Kreis (1899), qui a étudié l’évolution et la régression du corps jaune de grossesse chez la femme, conclut dans son travail qu’au neuvième, dixième mois lunaire on se trouve encore en présence d’un aspect rappelant celui d’un faux corps jaune de trois semaines.
Au point de vue physiologique, l’activité du corps jaune gestatif de la femme ne semble s'étendre que sur une courte période ainsi que le prouvent des cas où l’ovariotomie double a été pratiquée dans les deux premiers mois sans entraîner l'interruption de la grossesse (Puech et Vauverts, Mulon) et parfois plus tôt (observation de Brouha et Kricdelka, trente-deuxième, trente-huitième jour, et de Pratt, vingt-cinquième jour après les dernières règles; cité d’après Simonnet).
II semble donc qu’on aurait pu s'attendre à trouver dans les ovaires étudiés soit des restes de cellules lutéiniques atrophiques, soit au moins un beau corpus albicans qui témoignerait de l’involution récente du corps jaune de grossesse. Il n’en a rien été, pourtant la minceur des pièces
et le nombre de coupes pratiquées permettent de penser qu'une telle formation n’aurait pu passer inaperçue.
Tous les corpora albicantia observés sont peu importants, lun d’eux peut bien avoir pour origine le dernier corps jaune, mais il est impossible de l’affirmer.
A cet égard, il faut d’ailleurs savoir que chaque ovaire a sa façon particulière de faire et de résorber les îlots fibroïdes inutiles provenant de l’involution des différentes formations ovariennes.
Les uns ne font que de petits et rares corpora albicantia, les autres en font de volumineux et nombreux; certains ovaires sont farcis de corpora albicantia, dont la durée est certainement prolongée, d’autres n’en ont que des indications; il arrive qu’on n’en trouve pas trace dans les deux ovaires de la même femme. Ceci est vrai non seulement pour les corpora d’origine lutéinique, mais aussi pour ceux qui dérivent de l’atrésie définitive de follicules kystiques ou de ceux qui proviennent de la dégénérescence fibroïde de groupes vasculaires du stroma médullaire (et parfois du stroma cortical).