‹ Examen de l'Examen de M. Broussais, relativement à la phthisie et à l'affection typhoïdeChapitre 7 sur 8 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

Les symptômes obseivés dans 17 cas ' d’ affection typhoïde, et dans 2 3 cas d^ entérite qui ont guéri.

1" Diarrhée.

Affection typhoïde, cas.

Entérite, a3 cas.

14 fois sur i5 cas.

Dès le premier jour dans lo ; du a

au 4* dans 4-

De 6 à 10 selles dans G cas; moins dans les autres.

Durëe e'gale à celle de la maladie dans 1 cas.

Plus longue dans 3.

Un peu moindre dans 1 1 .

a3 fois sur a3 cas.

Dès le lerjour, dans 21 cas; du 2* au 3», dans 2.

De 7 à 3o selles , dans 21 cas ; moins dans les autres.

Selles re'duites dès la 2* visite, terme moyen, de 1 1 à 3, quand il n’y avaitpas te'nesme; de 10 à 21/2, dans le cas opposé.

2“ Douleurs de ventre.

8 fois sur II cas.

Dès le jour dans 5 cas.

le 4* dans 3-

Semblables à des coliques dans deux cas , sans caractère appréciable dans les autres : jamais vives.

22 fois, sur 23 cas.

Dès le jour , dans 21 cas; avant les selles liquides , dans

Plus fortes , quand il y avait ténesme; ayant la direction du colon transverse, dans 2 cas.

3° Météorisme.

1 2 fois sur 17 cas.

Médiocre.

Pendant un espace de temps qui a varié de 4 à 10 jours ; disâpé ayant la diarrhée.

I fois sur 23.

Léger.

Un jour.

AFFECTION TYTHOIDE.

lO!)

4" État de la rate.

Dëbordaul les côies i i fois sur 1 5 cas.

Dans 3 des 4 autres , son mal dans la portion du tborax cor respondante à la rate ^ avec re'nitence obscure dans deux sous les côtes ( sans le moindre symptôme de pneumonie ). Le 4® cas est relatif à un malade arrive' tardivement à l’bôpital, et chez lequel le volume augmenté de la rate avait pu disparaître,

li’excès de volume de ce viscère, déjà sensible au 5® ou au 6® jour de l’affection, à l’entrée des malades àl’bôpital, était dissipé a ou 3 jours avant la convalescence.

üypoebondre gauche souple dans tous les cas.

5° Épigastre.

.’Jn peu douloureux dans un cas, | Indolent, au moment de la toux. I

6° Nausées.

[Oaus 1 cas , le malade étant de-lDans a cas, le et le 6® jour, bout.

Appétit.

Wul dans tous les cas, depuis l’entrée des malades à l’hôpital jasques près de la convalescence.

Nul dans 5 cas sur aS , à l’entrée des malades j promptement rétabli ensuite. [Voy. n. a5.)

8" Langue.^

:üpaisse et rouge dans 3 cas , dès le 5® et le 6® jour.

^èche et rouge dans a autres.

Sèche et noire dans i cas , du i3«au ag* jour,.

Parfois blanchâtre , sans autre lésion.

ICXAMEW.

9" ’icre-bouche.

Infiamoiatiün du voile du palais et delà luette, du lo'au i4* jour , dans i cas 5 du pharynx et des amygdales , dans un autre, au 18® jour", delà région sous-maxillaire , le 27 et le 28® jour, dans un troisième.

Naturelle.

loo Céphalalgie.

Dans tous les cas, au début. | Dans un cas : légère.

n° Somnolence.

Assez considérable dans 5 cas. iNulle.

Presque nulle dans les autres. |

12“ Intelligence.

Plus ou moins profondément al-\Délire intermittent , dissipé par le teïée dans 4 cas et sans agita- KK, dans un cas. tion.

Altérée , avec agitation , dans 2 cas.

i3° Forces.

Séjour au lit dès le début, dans 3 cas.

Cessation de travail dès le début, dans 2 autres.

Faiblesse extrême , un peu plus tard, dans 2 cas.

Séjour au lit dans un cas (douleur dans le trajet du colon transverse) avant de venir à riiôpital.

Prostration nulle.

i4“ Eblouissements.

Dans 6 cas où ce symptôme a étélNuls.

mentionné. (

1 5" Spasmes.

Aux lèvres dans 1 cas, sans sou-jNuls.

bresauts. I

AFFECTION TÏPUOIDE.

1 (.rj

1 6° Bourdonnements.

Daus 8 cas, du a* au 8« jour de la | Nulle.

maladie.

' Dans 3 cas.

Trouble dans 7 cas.

IDans les 7/10** des cas.

IRe'péle'es 3 et 4 foi® suite , dans a cas.

Dès le 1** jour dans 2.

17“ Surdité.

I Nulle.

1 8“ V^ue.

I Excellente.

9® Èpitaxis.

Nulles.

20° Taches roses lenticulaires,

Nulles.

Dans i5 cas sur 16 où elles ont été' recherche'es. Le i6« est relatif à un sujet admis à riiôpital , le i6» jour de l’affection.

Début, du 6e au i6® jour de la maladie ; au neuvième jour , terme moyen:

21“ Sudamina.

Dans 9 cas sur 12 où il en a été question ; sans rapport évident avec les sueurs , avant l’apparition desquelles ils se développaient quelquefois.

Dans un cas de dysenterie légère compliquée de pneumonie.

22° Frissons.

Dans 1 1 cas sur 1 2 où ils ont été recherchés j avec tremblement dans 1 cas.

Dans 5 cas; très légers.

23° Chaleur.

Élevée dans tous les cas j à gré remarquable dans 3.

un de-|Un peu élevée dans 4 cas de dy- I senterie.

io8

EXAMEW.

24° Sueurs.

Cuj-ieuscs dans 5 cas; dès le début dans un d’eux.

Copieuses au début dans l\ cas ; moindres dans 5 autres , les seuls dans lesquels il en a été fait mention.

2 5° Pouls.

Au-delà de cent pulsations par mi-

nute, dans ^ cas.

Irrégulier les 14» et i5« jour chez une femme enceinte , sans péricardite.

D’une faiblesse remarquable dans I cas, du 20* au 2ge jour.

Large dans 2 cas.

A 80 pulsations par minute , dans trois cas , pour un seul jour; de 'JO à 5o dans les autres.

260 Durée.

De 25 jours , terme moyen , pour les malades admis du 5' au 9® jour de l’affection ; de 3o pour ceux qui furent admis à l’hôpital après cette époque.

Après ces z5 et 3o jours , le mouvement fébrile avait cessé et les malades mangeaient le huitième de portion ou un peu moins.

De 3 à 4 jours, à partir de l’entrée des malades à l’hôpital, d’où ils sortaient après 8 jours , terme moyen , mangeant alors 3j4 portion.

2';7° Mortalité.

Outre l’histoire des 17 sujets dont il s’agit, j’ai recueilli, à l’époque de mes conférences cliniques , l’histoire de quatre individus atteints d’affection typhoïde , qui ont succombé ; ce qui porte la mortalité à un cinquième , pour celte période.

Nulle.

;8'’ Aq6.

Terme moyen 22 ans 1/2.

Extrêmes 1 3 et 35.

Terme moyen, 36 ans.

Extrêmes, iSet^o.

29“ Traitement.

Jne ou deux saignées de 10 à i5 onces , ordinairement deux. — Une solution de sirop de gomme avec un tiers d’eau de Sella pour boisson. — Des lavements de lin.

Un quart de lavement de. lin opiacé'. — De l'eau de riz pour boisson. — Pas d’émission sanguine , à part le cas de pneumonie.

Certes, les deux ordres de malades dont je viens l’analyser l’histoire n’ont pas été atteints de la meme affection ; car, pour ne parler que des symptômes, la différence consiste bien moins dans leur intensité que dans leur nombre , qui est considérable chez les uns j et très borné chez les autres.

Les symptômes communs aux deux ordres de malades n’étaient pas même tous plus énergiques Hans l’un et plus faibles dans l’autre. Ainsi .a diarrhée, les douleurs de ventre , les sueurs ifétaient à la fois plus constantes et existaient à un pplus haut degré dans l’entérite que dans l’affec- |i ion typhoïde ; le mouvement fébrile était, au ccontraire, plus considérable dans celte dernière nnaladie , à laquelle se rattachaient exclusivement ou presque exclusivement les autres symptômes. lEn effet , sur vingt-trois sujets atteints d’entérite , (cinq seulement étaient sans appétit lors de leur ■ arrivée à l’hôpital ; un autre eut un léger méléodrisme, un deuxième de la céphalalgie, un troisième un délire intermittent , un quatrième se mit au lit avant de venir à l’hôpital, un dernier eut

1 lO

EXAMEN

quelques sudamina. Aucun n’eul de sommolence, de prostration, d’éblouissements , de spasmes, de bourdonnements d’oreilles, de trouble de là vue, d’épistaxis, de taches roses lenticulaires , de gonflement de la rate : symptômes dont les uns furent très fréquents chez les malades atteints d’affection typhoïde, les autres constamment observés quand ces malades arrivaient à l’hôpital a U ne époque qui n’était pas trop éloignée du début de l’affection. Mais ces symptômes étaient les mêmes que ceux éprouvés par les sujets dont j’ai donné l’histoire dans mes Recherches, les mêmes que ceux qu’on observe tous les jours chez les individus qui succombent et à l’ouverture desquels on trouve une altération profonde des plaques elliptiques de Peyer ; de manière qu’il est impossible de mettre en doute la relation des symptômes observés chez les sujets atteints d’affection typhoïde, avec ces plaques ainsi altérées, et qu’il faut admet tre qu^envis âgées dans leurs symptômes, V entérite et V affection typhoïde different moins par le degréde ceux-ci, que parce qu^ ils sontpeunombreux dans V une , nombreux et variés dans Vautre , quelque soit d^ ailleurs le degré de la maladie. Ce point avait déjà été mis hors de doute dans mes Recherches où les sujets atteints d’affection typhoïde qui ont guéri , sont divisés en deux classes ; l’anc relative à ceux qui ont eu des symptômes graves ,

AFFECTION TYPlIOlDE.

’aulre relative à ceux qui n’en ont éprouvé que de i égers , mais semblables et non moins nombreux ; j »!n sorte que ce qui précède ne fait que confirmer,

1 'ar de nouvelles observations, un fait déjà établi.

I Mais à part les symptômes, combien de ( lifFérences encore entre les deux séries des sujets , dont l’histoire vient d’étre analysée , sous le rapport de la durée , de la mortalité , de l’âge et du ■irailement ! Sous le rapport de la durée, celle de ValFection typhoïde fut, terme moyen, de 2 5 à 3o (jours , de manière que la convalescence n’eut lieu ] (ue de 1 2 à 1 8 jours après l’admission des malades à ’hôpital ; tandis que dans les cas d’entérite elle l' vait lieu quatre jours après la même époque , terme moyen. Quant à la mortalité, elle fut nulle Hans l’entérite , d’un cinquième dans l’alFection lyphoïde. L’âge moyen des sujets atteints de cette dlernière maladie était de 22 ans 1/2 ; celui des individus atteints d’entérite, de 36 ans. Le repos, les délayants, les opiacés, sans émissions sanguines, urent suivis d’un prompt succès dans l’entérite; et (dans l’affection typhoïde, les délayants et les îiaignées ne furent suivis de la convalescence t):ju’après un espace de temps considérable.

Malgré ces derniers faits et quelques autres que 1^M. Broussais aurait du rapprocher du tableau des ^symplômes (L, t. 2 , p. 32o), il n’en continuera pas moins à soutenir qu’on ne peut caractériser ce

EXAMEN

qu’il appelle mon typluis j ajoutant ce qui suit : I

« Tous les médecins cependant connaissent celle maladie : il n’en est point qui ne sache que quand dans une fièvre continue qu’on ne peut attribuer j ni à l’inflammation de l’un des tissus du poumon, i|; ni à celle du cœur, ni à celle de l’encéphale et de la moelle rachidienne, ni à celle des reins, du foie, de l’utérus, de la vessie, ni à celle du péritoine, ni enfin à l’inflammation de l’ouverture des muqueuses et de Fextérieur du corps, on voit paraître un certain groupe de symptômes, le typhus est suffisamment caractérisé. Ce groupe est composé de ce qui suit : langue brune de rouge qu’elle était, souvent enduite, ainsique les lèvres et les dents, d’une couleur brunâtre,oi5 noirej fétidité des excrétions; couleur brunâtre de la peau avec ou sanspétéchies, et éruption miliaire; somnolence ou j délire à voix basse, quelquefois avec loquacité bruyante et agitation; soubresauts convulsifs ou contraction tétanique des muscles et sur-tout des bras et des avant-bras, même de la face. Il leur importe peu, relativement au caractère générique, qu’il y ait diarrhée ou constipation, météorisme ou affaissement du ventre, soit avec possibilité de boire ou vomissement; et ils savent que si les symptômes nerveux sont seuls ou très prédominants sur les autres, la maladie est plulôt une encéphalite qu’un typhus. Voila donc ce qiiU leur faut pour

Affection typhoïde.

I varacléi'iser celle maladie, et ils n’ont nul besoin I que l’autopsie vienne leur en donner la confirma- : tion (424)-

On a vu plus haut qu’il n^’est pas toujours nécesjsaire, à beaucoup près, d’attendre l’autopsie pour ^savoir si un malade est atteint d^afïection typhoïde. îEt s’il m’est arrivé, il y a quelques années, de voir ij périr des su jets atteints de cette maladie sous forme llatente^ sans l’avoir reconnue pendant la vie, c’est ique les ouvrages de M. Broussais et ceux des médecins quibonlprécédé, nepouvaientm^être d’aucune utilité à cet égard. Quant à la valeur assignée par lui ,au groupe de symptômes qu’il rappelle quand il wient à se produire dans le cours d’une fièvre con- Itinue qu’on ne peut attrihuer à aucune phlegmasie (de l’encéphale, de la poitrine ou des viscères placés aautour du conduit digestif ou de l’extérieur du tcorps, cela ne peut pas être contesté ; un des sympuômes indiqués, la raideur, étant presque palho- :^nomonique, quand il survient au milieu d’une \ifFeclion aiguë fébrile non encéphaliquej et tous I es accidents s’étant développés dans le cours d’un

Imouvement fébrile qu’on nepeut attribuera aucune des affections indiquées : circonstance importante H sur laquelle on ne saurait passer légèrement. Mais ce qu’il faut contester, ce qu’il faut même regarder comme tout-à-fait erroné^ c’est què ce groupe de symptômes soit nécessaire pour caracté-

EXATMEN,

riser une affeclion Ijphoïde; aulremcnt celle n»a^ Jadie serait méconnue dans les quatre cinquièmes des cas, et Fon ne saurait où placer , dans un cadre nosologique nombre de cas relatifs à des individus qui succombent avec l’alléralion décrite des pla ques de Peyer, ^inflammation aiguë des glandes mésentériques, des ulcérations au pharynx ou le long de Pœsophage^ avec une augmentation plus ou moins considérable du volumede la rate; c^est-àdire avec les caractères anatomiques les plus complets et les plus tranchés de PafFection typhoïde. M. Broussais est donc ici, comme ailleurs, bien loin de la vérité, et il en est loin, parce qu^il écrit d^’inspir^^lion bien plus que diaprés les faits. La preuve, c^est qu^au moment où il plaçait , en quelquesorte, le fondement de sa pathologie dans le conduit alimentaire, il en ignorait les plus remarquables altérations , et qu^aujourd’hui même il en méconnaît Timportance et les lois.

Plus loin, dit-il, M. Louis qui veut des plaques^ est obligé de refuser le typhus aux vieillards, à qui tous les siècles l’ont accordé , et il ne sait que faire de leurs fièvres graves , adynamiques, ataxiques (426). — Je réponds à cela qu’il s’agit de faits et non de ce que les siècles ont pensé ; autrement je pourrais dire que les anciens , quoique peu avancés dans l’observation, ont néanmoins su distinguer le typhus , ou ce qu’ils appelaient les fièvres,

<le ton le autre maladie; ce que M. Broussais n’a pas su laire. J^ajouleque les vieillards n’olFrentpas à celui qui lesobserve avec soin, l’ensemble dessynip" tomes qui caractérisent l’afFection typhoïde; qu’on trouve bien quelquefois chez eux la langue sèche, rouge ou noirâtre, les excrétions fétides , avec un peu plus ou un peu moins de délire , et le météorisme de l’abdomen : mais non tout le groupe de symptômes que je citais tout-à*l’heure, d’après M. Broussais. Encore le petit nombre de ceux dont il s’agit s’observe-t-il seulenient alors dans le cours d’une afFection du cerveau ou du thorax , ordinairement inflammatoire, ou au milieu d’une *

, maladie des viscères de l’abdomen placés autour i du conduit digestif, et îiort primitivement , ou au j milieu d’un mouvement fébrile qu’on ne pourrait I rapporter à l’inflammation d’aucun des organes i dont il vient d’être question ; ce qui n’est plus le j cas supposé par M. Broussais lui-même. Disons en \ outre que chez les vieillards on ne trouve ni le dé- \ veloppement de la rate, ni les taches roses lenticu- ^ < laires , ni l’altération des fonctions des organes des i sens qu’on observe dans le cours de l’affection typhoïde; qu’ainsi l’on ne peut pas s’attendre à trou- I ver, comme en effet l’on ne trouve pas chez ceux i qui succombent dans de semblables circonstances, i les plaques de Peyer altérées d’une manière spé- ’ ciale. Dernier fait que j’aurais peut-être du me

EXAMK^.

I iG

contenter tle rappeler, pour faire voir la vanité des réflexions de M. Broussais , ayant montré plus haut , que l’alléralion profonde des plaques de Pejer constitue le caractère anatomique d’une alfection particulière , distincte de toutes les au^ très.

Du reste , l’erreur de M. Broussais est encore assez commune , et il est fort ordinaire, alors que des sujets encore jeunes éprouvent , dans le cours d’une affection ai^uè ou chronique , un mou vement de fièvre assez considérable , avec sécheresse -, rougeur ou couleur brune de la langue et délire ; il est fort ordinaire de les considérer comme atteints d’iïne affection typhoïde, ou de ce qu’on appelait autrefois une fièvre putride, ataxique, venant compliquer une autre maladie. Mais , comme je l’ai dit plus plus haut , ces symptômes caractérisent si peu l’affection typhoïde , qu’ils manquent bien souvent dans son cours , alors qu’il ne peut y avoir de doute sur son existence. On a vu d’ailleurs précédemment qu’on n’observe pas , à l’ouverture du corps de ceux qui succombent dans ces circonstances , l’altération spéciale des plaques elliptiques de l’iléuin; de manière qu’il faut, de toute nécessité, reconnaître que l’affection typhoïde , qui n’existe pas chez les vieillards , n’a pas lieu non plus chez les jeunes sujets , comme complication d’une affection aiguë ou chronique.

êtraflgère au canal intestinal (1); fait important , puisqu’au milieu des craintes qui assiègent le médecin dans un certain nombre de maladies'^ il lui 1 permet de ne plus redouter la complication d’une * alfection typhoïde.

Dans Jeraêmealinéa, dit M. Broussais « M. Louis i ne sait que faire non plus des gaslro -entérites de i l’enfance, parce qu’il n’est pas trop sûr que les plaques y . soient pour quelque chose; ce qui prouve qu’il ne s^est pas donné la peine d’entrer dans un hôpital où l’on traite des enfants, et où il aurait vu des plaques fébriles et non {èhv'ûes à discrétion. » — Si vraiment, je sais très bien où mettre lesgastroentérites de l’enfance 1 je les laisse à leur place, parmi les inflammations de la muqueuse gastrointestinale proprement dites , et je réserve le nom d’aflection typhoïde à la maladie de l’enfance dans laquelle les plaques elliptiques de Peyer sont altérées de la même manière que chez l’adulte , dans les mêmes circonstances; et comme je n’aime pas les à peu près, et qu’un mois passé en 1827 à l’hôpital des enfants ne m’eût rien appris de positif sur le sujet en question , j’ai mieux aimé n’en rien dire et laisser aux observateurs futurs le I soin de l’éclairer. M. Broussais ne concevra pas cette réserve , je le sais ; pas plus que moi son

(i) y aura-t-il un jour quelque exception à cette loi?

EXAMErr.

ii8

goût pour les romans : car c’est encore de sa part une assertion gratuite de prétendre qu’il suffit d’entrer à l’Hôpital des enfants pour j voir a discrétion des plaques de Pejer fébriles ou non fébri- | les, profondément altérées. Certes, si M. Broussais * j ' se fût jamais occupé de la recherche dont il parles! légèrement , il saurait que l’affection des plaques elliptiques de Peyer plus ou moins semblable à celle qui a été décrite chez l’adulte , n’est pas commune dans l’enfance.

Quant aux médecins d’un bon jugement , ajoute M. Broussais, tout cela ne les embarrasse point: enfance ou vieillesse, plaques ou non, ils savent que la gastrite ou l’entérite aiguës sont communes à tous les âges ; ils notent seulement les différences que ces circonstances leur impriment, qu’il y ait ou non des plaques dans les deux extrémités de la |

vie, etc., etc. — Sans doute le lecteur n’avait pas , besoin de ce passage pour savoir que M. Broussais ne tient pas beaucoup aux faits; mais il n’aurait I probablement pas imaginé qu’il en convînt si nettement. Que de légèreté, en effet, ne faut-il pas, pour dire qu’on s’inquiète peu d’une lésion qui suffit^ chez un grand nombre d’individus , pour causer la mort; et qui, dans tous les cas d’affection typhoïde, que les symptômes soient graves ou qu’ils ne le soient pas, rend le pronostic incertain, et doit faire trembler pour les jours du malade

AFFECTION TYTHOIDK.

I jusqu’au moment de la convalescence! Car jiisques-là le médecin doit' redouter la perforation de l’intestin grêle qui n’a lieu qu’au niveau des . plaques.

Revenant encore aux plaques de Peyer , !M. Broussais s’exprime ainsi : « M. Louis, qui veut des plaques à quelque prix que ce soit , pour justifier l’entité typhus , se trouve dans une anxiété déplorable toutes les fois qu’une gaslro entérite, «capable de réagir sur le cerveau , vient compliquer une autre phlegmasie , et réus^t à exterminer le malade déjà débilité , sans avoir eu le temps de faire gonfler et désorganiser les follicules. Tels sont les cas cités par lui , où là gastro-encéphalite est venue tuer en peu d’heures des érysipélateux

Le lecteur s’imagine peut-être, malgré les erreurs continuelles de M. Broussais dans ses citations, que les individus auxquels il fait allusion (L. t.2. 4to et 4*9» ) ont succombé à des maladies dont la marche a été extrênaement rapide et compliquée d’inflammation du cerveau et de la membrane muqueuse de l’estomac : et l’alFection des deux sujets dont il s’agit , n’esl devenue mortelle qu’aprèsonze jours dans un cas, et cinquante dans Pautre ; de manière que le temps n’a pas manqué, même à partir des symptômes que M, Broussais attribue sans doute à l’inflammcUion

EXAMKN,

du canal iriieslinal, pour désorganiser les Collicules^ ! - à supposer qu’ils eussent pu l’être en pareille cir- I constance. Le début de ces symptômes remontait en effet à six ou à vingt jours, au moment de la i mort. Au moins, dira-t-on, les cadavres offraient ; des traces manifestes de l’inflammation de la membrane muqueuse de l’estomac: nullement; de telle manière que celle membrane était parfaitement saine sous le rapport de la consistance , delà couleur et de l’épaisseur, dans un cas; qu’elle était seulement un peu ramollie , sans épaississement ni rougeur , dans l’autre. Mais l’encéphale? L’éncéphale lui-même n’offrait aucune trace évidente d’inflammation récente ou ancienne. On : trouva seulement chez un des sujets un peu de i sérosité rougeâtre sous l’arachnoïde , et le cervelet I très mou ; mollesse partagée par le cœur, le foie et la raie qu’on ne pouvait croire inflammatoire. Chez l’autre (422) la pie-mère était un peu rouge , et là substance médullaire piquetée d'’un sang noir, épais; lésions qui n’ont, en aucune manière, le caractère de l’inflammation , et qu’on rencontré à la suite des genres de mort les plus variés.

Il résulte incontestablement de ce qui précède, et des faits analysés dans mes Recherches, ce qui suit : /

1“ L’altération profonde et spéciale des

(uques elliptiques de Peyer n’a lieu que dans ^5 circonstances non moins spéciales , qui ne rencontrent ni après cinquante ans, ni dans cours des maladies dont le siège primitif n’est dut le tube intestinal , quel que soit l’âge du eet, alors même qu’il a éprouvé une diarrhée l'is ou moins considérable dans le cours de sa 'ladie.

Cette altération ferme le caractère anatocque d’une alFecliob particulière, différente de lintérite proprement dite , du même de cette iiladie et de la “gastrite réunies.'

5” Les symptômes qui accompagnent cette lération et la font reconnaître, dilFèrent de ceux ; l’entérite proprement dite et desphlegmasies f plus graves de la muqueuse gastro-intestinale; nins par leur gravité que parleur nature et inr grand nombre ; de manière que pendant la vie, imme après la mort, il n’est pas possible de Qafondre ces affections.

44° Les symptômes de l’affection typhoïde , aussi ::n que l’altération spéciale des plaques ellipmes de Peyer, n’ont lieu ni après cinquanle a, ni même avant cette époque de la vie , dans fcours des maladies dont le siège primitif n’est le canal’ intestinal ; car la langue noire, le Hire, la soif, la chaleur sèche, quelquefois même f météorisme qu’on observe par intervalles dans

ïXAM£^.

leur cours , manquent assez fréquemment dans celui de TalFection typlioïde la mieux dessinée, et ne peuvent pas , en conséquence , en être considérés comme des symptômes caractéristiques* 5» C’est par erreur que les médecins ont considéré l’affection typhoïde ( fièvre putride , ataxique , inflammatoire , etc. ) comme une des corn-plications qu’on rencontre plus ou moins fréquemments dans le cours des maladies aiguës çliez lesti jeunes sujets, ou comme une de celles qu’on observe i < primitivement après cinquante ans et dans la vieil- -I lesse. Au moins n’y a-t-il jusqu’ici aucune excep-> bien constatée à cette règle. I

Encore un mot relativement au caractère ana-* tomique de l’affection typhoïde , au sujet de lai cinquante-deuxième observation de mes RecheN ches. « Cette observation, dit M. Broussais , offrejl tous les symptômes du typhus très bien condi-|i tionnés, chez un jeune homme de quatorze ans,| sans altération de l’intestin grêle , mais avecj traces d’irritation gastro-encéphalique et mmol-\ lissemenl considérable de la muqueuse du colon.

Vous allez croire que l’auteur, poussé à bout, va vous avouer que Yqs inflammations de V encéphale ■ et de ses membranes suffisent pour produire le^ phénomènes encéphaliaues , et que l’influence la gastrite peut y contribuer. Vous ne connaissent guère M. Louis ; il répondra que le sujet éfaitjt

AFFECTION TTPUOÏDE. 1 â3

it-étre trop jeune pour avoir des plaques;

■ au surplus^ si Ton ne trouvait pas les traces fie pneumouie sur un sujet qui en aurait rt tous les symptômes , il faudrait dire qu’il it une pneumonie simulée. Demandez-nous r ore MM. les doctrinaires ^ etc. ( 421 )• juprès avoir envisagé Je fait dont il s’agit sous < 3rs rapports, je remarque que le mésentère et destin grêle étant sains à l’ouverture du corps ,

fie peut pas dire que le Sujet, qui avait éprouvé ^que tous les symptômes caractéristiques de jfl-’ection typhoïde , eût été atteint de cette alFec- II ; et que cela étant, on ne peut pas non plus J pliquer les premiers accidents éprouvés par le lîi t malade. M. Broussais sourit de mon embarras tj^e l’impossibilité où je suis de me rendre compte « symptômes offerts par le sujet. Quant à lui ■ rien n’arrête et qui explique tout , il s’en rnd au ramollissement considérable de la memme muqueuse du colon, à l’inflammation de l’enihale et à la gastrite, dessjmptômes et de la mort ssujet. Oh ! pour le coup , M. Broussais ne se n pas trompé : il aura cité fidèlement les faits, •uiment non ; M. Broussais a des habitudes et il y nt. J’ai dit que la membrane muqueuse du colon ’. it était ramollie ^ et non pas le siège d’un ramob œment considérable ; et cette membrane ayant I iservé son épaisseur et sa couleur naturelles , il

n’eslpassûr^àbeaucouj3 près, que leramollisseiiieni indiqué fût le résultat de rinflammation. Quant ; i l’encéplialite, il y avait pour toute lésion cérébraleh à l’ouverture du corps, un très léger épancbemeni ' de sérosité rose dans l’arachnoïde supérieure dijr côté droit,'' une infiltration sous-arachnoidienn^[ assez considérable et universelle, une cuillerée e|| demie environ de sérosité claire dans chacun det* ventricules latéraux; lésions fort communes, qu’ol! observe chezles individus qui succombent aux iiia-t ladies les plus variées, qu’il est Impossible de rapport ter à l’inflammation. , Et relativement à l’influenq de la gastrite, qui a dû contribuer au développemert des phénomènes encéphaliques, il a été dit que lî membrane muqueuse de l’estomac était légèremenj lâchée de rouge dans le grand cul-de-sac, veloutée d’une épaisseuret d’une consistance convenable) dans toute son étendue. C’est-à-dire que cetl|j membrane ne présentait qu’une lésion exlrêmemei)| légère^ bornée, consistant en une simple altératio) decouleur, produite^ très probablement, dans 14 dernières heures de l’existence ; et que de touiejj les inflammations si étourdiment annoncées pa| M. Broussais , aucune n’est démontrée. Celle dj* l’encéphale est imaginaire ; et si l’on voulait absofj lument considérer la rougeur partielle de l’estoinacii sans autre altération de sa membrane inuqueusc| comme le résultat de l’inflammation, celle-ci s’ctanji

AFFECTION TYVHOÏUE.

T L'ioppée , très prohablernenl , clans les dernières es de la vie, aucune part dans les symptômes :| brauxne pourrait lui être attribuée. Si les i ecins qui s’arrêtent devant les faits qu’on ne il ait inlerpre'ter rigoureusement/ sont doctri- :f es, anti-matérialistes, etc., quel nom donner à qui ne semblent se plaire que dans l’inter-

f.ation des faits imaginaires ?

arrive maintenant aux remarquesdeM. Broas" «sur l’aflfection typhoïde latente. « Une chose i 11 importe de noter, dit-il, c’est que les plaques l 'Veut exister sans qu’il y ait ni fièvre, ni affec- S cutanée ou gastrique, ni aucuns des phénones dits nerveux. Croyez-vous que pour cela itité typhus va succomber? Rassurez-vous:ces me seront plus des typhus simulés, mais des [nus dissimulés ou latents» (4^2).

lhez les cinq sujets que j’ai considérés comme iints d’alFection typhoïde latente^ à raison de sscurite des syiQptômes qu’ils ont éprouvés, et ceur peu de gravité, les plaques de Peyer étaient ((bndément altérées, ulcérées, dansplusieurs ces me, perforées. A quel au Ire ordre de maladies 1 porter celle des sujets dont il s’agit, ayant dé-

tinlré que l’altération indiquée forme le carac- !î anatomique de l’affection typhoïde? Évidemnt il n’y avait pas deux partis à prendre; et au 1 de rire, il fallait tout simplement conclure

EXAMEN

l 'iO

des faits rapportés, que raffeclion typhoïde peut,)

’ comme toutes les autres, offrir une multitude dej nuances.

« Nous dirions, nous , grossiers physiologistes^ continue M. Broussais, qu’il n’y a rien d’étonnanj! qu’on rencontre les follicules soit disséminés, soij agminés, gonflés, saillants, rouges, endurcis, raf mollis ou ulcérés, chez des malades qui ont éprouvé| pendant des semaines ou des mois, des douleurt de ventre, du météorisme, du dévoiement, etc| Nous ajouterions que le peu ou le défaut de fièvrj chez ces sujets n’a rien qui doive surprendre, puis que l’inflammation était peu active, bornée à uni étendue peu considérable dans le canal, peu ot point partagée par l’estomac et nullement pa l’appareil de la respiration. Nous verrions là de en téro- colites, soit sub-aiguës, soit chroniques et nous ne serions point surpris qu’il n’existât aq cun phénomène annonçant les lésions de l’ence phale; Sachant de reste que leÿ troubles sympa thiques de cet appareil sont constamment en rai son de l’étendue de l’inflammation viscérale ! (423). i

En vérité, physiologistes ou non, quelque dén< mination que vous preniez , puisqu’il vous en faq une, vousauriez tortmille fois de tenir ce langagà car le sujet de la quarante-unième observation, i|| premier des cas latents, n’avait eu ni méléorismé^

AFKtC'rirtN ÏYPHOÏDE.

ii7

I Jiarrhée^ ni douleurs de ventre pendant plusieurs j.daainesj et dans ce cas évidemment vos explica- : ns tombent d’elles-mêmes. Il faut en dire autant j; ' rapport au deuxième malade et pour les mêmes Usons. Dans l’hypothèse que vous avancez et que f.js croyez sans doute fort plausible, dites-nous

II IC, je vous prie, comment il se fait que dans des constances beaucoup plus favorables, suivant

Iïre manière. de voir, au développement des ulrations dont il s’agit, comment ces ulcérations int jamais lieu; comment ni moi ni ceux qui ne lardent pas incessamment des explications de te espèce, nous ne rencontrons jamais ces ul- ■ations chez les personnes atteintes d’entérite 15 le cours d’une maladie quelconque avec fiè- , alors même que cette entérite a duré une ou l.•.sieu^s semaines, et que les altérations de la memune muqueuse de l’intestin grêle sont graves? SS explications ne résistent pas , vous le voyez, plus simple examen ; elles sont d’ailleurs I mêmes que celles que vous donniez de la lésion nous occupe, des ulcérations de Tintestin grêle, ».‘z les sujets atteints de maladies chroniques non «erculeuses; c’est-à-dire de ces ulcérations qui jxistent, pour ainsi dire, que dans l’imagination (Ceux qui les admettent.

^Vous dites que vous ne seriez pas surpris qu’il «xislàt aucun phénomène attestant la lésion de

ÈXÀMESr,

Tencépliale, sacbantde reste que le trouble sympa-* tbique de cet appareil est consLainmenl en raison ! de l’étendue des inflammations viscérales.» Eti vous oubliez que dans l’immense majorité des casj d’empoisonnement par les substances corrosives^ il n’y a pas de délire , de symptômes cérébraux, si ce n’est quelques heures avant la mort , comme on l’observe dans toute espèce de maladie: que) dans les quatre cas d’alTection typhoïde latente oùj il y eut perforation et inflammation universelle^ GU presque universl le du péritoine^ il n’y eut pas), de délire : de manière qu’en réalité c^est moins à) l’inflammation qu’au mouvement fébrile qui l’aci compagne et qui était peu marqué dans les caî| dont il vient d’être question , qu’il faut sur-loul rapporter les symptômes cérébraux.

Enfin, dites-vous, si l’on nous apprenait qu(| de pareils malades ont succombé tout-à-coup pa| une péritonite , effet d’une perforation de l’iléum, cela vous paraîtrait tout simple ; car nous savoni que les membranes muqueuses enflammées peu vent s’ulcérer et se percer aussi bien que s’en* durcir, se ramollir et se réduire en .bouillie (423). — Mais puisque ces perforations vous pai raissent si simples et si faciles à expliquer, dites-j nous, de grâce, comment on, ne les observe qu^ sur les plaques; comment elles n’ont pas lieu au-j delà de cinquante ans, ou même chez les jeunes

( Sujets atteints ci’iine entérite , on si vous voulez (.l’une gastro - entérite grave dans le cours p’une maladie aiguë ? Dites -! nous cela, je vous ^ orie, et alors j’adopterai vos expressions; mais en

intendant, souffrez que je considère vos explicalions comme un simple jeu de votre imagination, alus fait pour détourner les esprits sévères de l’éitude de la médecine, que pour les y entraîner.

Mais, continue M. Broussais; « ce n’est pas ainsi ique procède le génie de M. Louis : il voit pendant .a vie, dans le groupe des symptômes que nous T/enons de représenter , ou un embarras intestinal ('cette entité lui est chère), ou une entérite, si lia chaleur, la douleur et le mouvement fébrile Ilui permettent de prononcer le mot inflammation K423.)

La réponse à ces diverses assertions est facile. ILe génie de M. Louis , qui consiste à observer avec (exactitude et à tirer des faits des conséquences ri- ^goureuses , ce génie paraît vous importuner beau- (coiip; car il vous force à revenir sans cesse sur lies mêmes objets et à émettre des propositions (qui n’ont pas le moindre fondement, et que vous me hasardez peut-être pas toujours sans’quelque irépugnance. Il ne voit pas , comme vous le lui ifaites dire,’ dans les symptômes éprouvés par les j individus atteints d’affection typhoïde latente,

1 un embarras intestinal, et cette entité (pour par-

EXAMEN

1er voire langage) , celte enlité ne lui est pas chère. 11 a dit seulement que les symptômes éprouvés par Vun des malades avant la perfora- ; tion , convenaient assez bien à ce quon nomme * embarras gastrique ; il a ajouté que si la perforation n’eût pas eu lieu et que les ulcérations se ! fussent cicatriseés , on aurait probablement dit | que le malade n’avait eu qu’un embarras gastri- ; que ou intestinal ; qu’on ne saurait douter que | l’erreur n’ait eu lieu quelquefois ; que c’est une | puissante raison de soumettre à un examen sévère | toutes les affections sans siège bien déterminé, ou ! dont la nature est inconnue (L. 2^ v. 339.). Et un I peu plus loin , dans le résumé des faits relatifs à l’affection typhoïde latente (372), j’ai montré qu^en réalité on n’aurait pas dû admettre ren>barras intestinal chez le sujet en question , et jj) qu’en tenant compte de la marche de la maladie , [jj en examinant la surface dn corps pour recher- : cher les taches typhoïdes , et la région de la raie ^ pour savoir si ce viscère est augmenté de vo- | lume , on devrait , dans des cas analogues, arriver à un diagnQstic précis j car cet examen avait été négligé. G^est-à-dire qu’ici encore, suivant | votre usage , vous m’avez fait dire à peu près le contraire de ce que j'ai dit. Véritablement, si vos commentaires sur les ouvrages des médecins de 1 l’anliquité et sur ceux des modernes, resseni- {*

^ent à celui dont vous m’avez honoré, vous nous | rez donné, convenez-en , un livre fort bizarre. \\f. Broussais me reproche , à la fin de l’alinéa lit j’ai cité le commencement, de ne jamais ce entéro- colite , quoique le gros intestin ait flFert avec l’intestin grêle, ou entéro-gastrite ^ ’estomac était affecté : ces expressions, dit-il , jsont pas dans son vocabulaire : elles sentent IpQ le phjsiologisme ( 4i4 )•

|lla justification est facile. Si je ne dis pas en- )»-colite , quoique l’un et l’autre intestin aient iffert, c’est, ainsi que je l’ai fait remarquer plus- It , parce que jusqu’ici nous n’avons pas de 1res au moyen desquels on puisse reconnaître

{le manière sûre, pendant la vie, quand l’inimation de l’intestin grêle est isolée ou réunie die du gros intestin j que dès lors l’expresentérite est plus exacte. Si je ne dis pas ro-entérite quand l’estomac est affecté seconement dans l’entérite , c’est parce que le nom e maladie doit être tiré, non de tous les or- >s malades dans son cours , mais de ceux qui été primitivement ; sans quoi ime pneumonie rait et devrait s’appeler , dans quelques cas , imo-céphalo-gastro-entéro-céphalite , etc.

lo , si je ne donne pas à l’affection typhoïde le Éjit de gastro- entérite, c’est pour ne pas consacrer u{ erreur, puisque l’estomac n’est pas enflammé,

KXAMÊN.

dans Ions les cas de celle maladie, à beaucoup près ; et que quand il l’est , c’est seulement à une époque plus ou moins éloignée du début de l’afl'eclion. ( L. t. i, p. 182,.)

M. Bro ussais semble d’ailleurs avoir pris soin i de me justifier lui-même , en disant , au sujet du j début de l’altération des plaques elliptiques dei l’iléum , que j’ai placé avant celui des autres alté-‘ rations^ en disant ce qui su il« M. Louis pentj avoir raison quand les lésions des intestins ont ou-t vert la scène morbide ; mais ce n^est pas un mo-l tif, ajoute-t-il, pour que les intestins aient éléj souffrants, lorsque rien encore n’annoncail qu’ilsj dussent l’être (4io). » :

On a vu précédemment par quels motifs j’avaif admis qu’alors même qu’il n’y avait ni coliques! ni diarrhée dans les premiers jours de l’affeclioi typhoïde , l’alléralion des plaques elliptique de Peyer avait eu l’initiative; je n’y revien I drai donc pas. Je rappellerai seulement que si jt dans ces circonstances, alors même qu’il y avai soif, anorexie, mauvaise bouche, céphalaigiejji douleur dans les membres , je n’ai pas admis qui . la gastrite eût eu l’initiative , c’est parce que cej symptômes ne sont nullement caracléristiquf |i: de la gastrite , puisqu’ils peuvent avoir lien per j dant un espace de temps considérable, coriimeo- ; l’a vu au sujet des phthisies latentes , sans que f

AflFLCriON lYPHOÏDi;.

lembrane muqueuse de l’estomac offre de lc~

( ion appréciable ; et qu’on ne peut être assuré ; e l’existence de la gastrite, qu’autanl qu’il y a eu, t endant quelques jours, des douleurs à l’épigastre,

; es nausées et des vomissements de bile , unis à ■. uelque mouvement fébrile. D’ailleurs, loin d’af- ! rmer que la gastrite aiguë donnât toujours lieu cet ensemble de symptômes, j’ai dit tout le coniraire (L. 2®. v.) ; cequi n’empêche pas M. Brous- .lais d’avancer que je ne connais pas les signes de la vastrite , ou que j’alfecle spéculativement de les méconnaître (4 1 1).

Jusqu’ici, toutefois, j’avais pensé que nousélions irresque d’accord , M. Broussais et moi , au lujet des difficultés qui environnent le diagnostic fe la gastrite , dans un assez grand nombre de ;;as. M, Broussais , en effet, dans sa proposition de médecine, s’exprime ainsi: « L’inllaiïimalion de la membrane rnuquemse de l’intestin grêle s’appelle entérite; le cadavre l’offre pielquefois seule , mais on ne saurait attesLer<son .xistence avant V autopsie ; et d’ailleurs la gastrite I toujours eu l’initiative : Il vaut donc mieux lui •ionner le nom de gastro-entérite ».

Si l’on ne peut affirmer l’existence de la gastrite avant l’autopsie , c’est sans doute parce qu’on pen ignore les symptômes diagnostics datis un lissez grand nombre de cas ; et alors nous sommes

EXAMtN.

à peu près d’a'ccord , M. Broussais et moi. Malheureusement il ajoute que si , à l’ouverture d’un sujet atteint d’entérite, on trouve une inflammation de la membrane muqueuse de l’estomac qu’on n’a pu reconnaître pendant la vie , celte inflammation a eu l’initiative , et dès lors , je l’avoue , je ne le conçois plus, nous différons; car c’es' comme s’il disait qu^on peut et qu’on ne peut , pas, chez le même individu , reconnaître une gastrite. »

La diarrhée et ses causes occupent beaucoupi! M. Broussais. Après en avoir parlé brièvement aux,| pages 4i2 et 4i5, il me fait dire, un peu plus loin, | que si l’on a toujours trouvé, chez les sujetsi emportés par l’affection typhoïde, de V inflamma-' \ tion dans le cæcum, elle était si légère dans quel-' ques cas qu’on ne doit pas en tenir compte, etij qu’il ne faut attribuer le flux de ventre qu’àij l’iléum,et par conséquent aux plaques. Notez bien,* l ajoute-il, que pour tenir ce langage , il faut quej M. Louis se soit trouvé dans l’impossibilité absolue de montrer une seule diarrhée indépendante»! de la colite (429).

Puis , après m’avoir fait le reproche de ne pasi m’être appliqué à distinguer les cas où l’inflammation vient de l’intestin grêle, de ceux où elle estj née des gros intestins eux-mêmes, M. Broussa is af-» 1 firme que cette recherche aurait fait voir trop clairf

AFFECTJÜjN XVPnOlDE.

dans l’histoire de la diarrhée; qu’il eût été dès lors i jiflicile d’en faire un attribut de l’affection ty- 1 phoïde; qu’il l’eût été bien plus encore de soutenir {ue la diarrhée des lyphisés est uniquement dé-

If pendante de l’intestin g rêle (449)* — A- côté de ces ^assertions mettons les passages de mes Recherches I :qui y ont rapport , et que M. Broussais n’a pas h indiqués.

Après avoir étudié les faits relatifs à la diarrhée I idans l’affection typhoïde, je cherche à déterminer, I id’une manière rigoureuse, son rapport avec l’état lide l’intestin , et je dis : « ce rapport n’était [pas toujours le même , puisque l’altération de la unembrane muqueuse de l’intestin grêle s’étendait fplus ou moins rapidement à partir du début. A ccette époque, en effet, les plaques de Peyer étaient, ■\sinon dans tous, au moins dans presque tous les cas, les seules parties affectées du canal intestinal, Iles seules par conséquent auxquelles on pût attribuer le dévoiement. Et bien qu’à une distance plus ou moins éloignée du début, la membrane muqueuse intermédiaire aux plaques et celle du colon } fussent ordinairement plus ou moins altérées, elles ne l’étaient pas constamment ; de manière que la diarrhée avait alors tantôt un double siège , U un et P autre intestin , tantôt un siège unique , l’intestin grêle. Ce dernier cas était celui de onze sujets dont la membrane muqueuse du colon avait une consis-

KXAMEN.

tance convenable et était presque parfaitement i saine ; et parmi eux s’en trouvaient quatre chez I lesquels la diarrhée avait été considérable dès le début de l’affection. D’où il suit que la longueur et l’intensité du dévoiement n’indiquent pas, d’une j manière certaine , une lésion de la membrane muqueuse du gros intestin, etc. (L. t. 2. p. 20.) i

Il y a loin, comme on voit, de ce que j’ai dit à ce que M. Broussais m’a fait dire ; et au point où j’en suis de son examen, je m’étonne encore de le voir tout à la fois persiffler et critiquer des faits imaginaires, car en définitive , le persifflage^ ce me semble , ne peut tomber sur moi.

« Il faut, ditM. Broussais, pour tenir ce langage, que M. Louis se soit trouvé dans l’impossibilité ' absolue de montrer une seule diarrhée indépen- ■ dante de la colite ». — Mais je viens de rappeler que dans un grand nombre de cas , la membrane muqueuse du colon était saine ou presque parfaitement saine; et pour qu’on n'imagine pas que je fuis les faits , je remarquerai que chez le sujet de la neuvième observation, la membrane muqueuse ! du gros intestin était seulement un peu ramollie î dans le cæcum; altération qui n’est pas évidemment ; inflammatoire, et qu’on trouve chez presque tous 1 les individus qui succombent, quelque soit leur j genre de mort. Dans la dixième observation , à i part deux petites saillies dans le cæcum et dans le I

AFFECTION TYPHOlDE.

Jon droit , le gros intestin était parfaitement n. Dans la douzième, la membrane muqueuse même organe était dans un état d’intégrité part dans toute sa longueur ^ etc. : et comme les ois sujets de ces observations eurent de la diar- , ée, il reste prouvé que la critique de détail de I . Broussais ne repose sur rien, i Mais il ne s’arrête pas en si beau chemin; et, sujet de la diarrhée commune ; « sur ce der- J-eer point , dit-il^ ceux qui ne jugeront de l’en- ):rrite que par son ouvrage, resteront non-seuleuent dans l’ignorance, mais encore dans l’erreur plus dangereuse. En effet , il répète à chaque iji'Stant que la diarrhée peut avoir lieu sans lésion P', la membrane muqueuse du colon , comme les Mteurs sans lésion de la peau ; il va plus loin , car ‘.attribue la diarrhée purement et simplement à . faiblesse, etc. (45o). »

J Qui ne croirait , après cela , que j’ai , pour ainsi irre, écarté les diverses lésions de la membrane luqueuse du colon des causes ordinaires de la diari^.ée? Et néanmoins, en parlant de celle des pneui oniques dont j’ai analysé l’histoire, j’ai dit qu’elle ut généralement proportionnée à l’altération de i membrane muqueuse de l’un et de l’autre in- ‘^‘stin , ou à celle du colon qui était exclusivel'ient affectée dans quelques cas ( L. t. 2^ 26.)

I Plus loin, après avoir étudié l’état de la chaleur

et des sueurs eliez les malades aileiuls de di- . verses alFectioris aiguës, j’ai dit : « On ne peuj » voir dans les sueurs en général que l’effet d^uno ,j action sympathique sur la peau, semblable à celb y qui s’exerce sur une foule d’organes dès que l’iui ; d’eux est le siège d’une lésion plus ou moins grave j Et quand on réfléchit au faible degré du mouve>|| .ment fébrile qu’offrent beaucoup de sujets atteint, p; de diarrhée forte , à la prompte disparition de leurii symptômes, à la brièveté de leur convalescence on est porté à croire que la membrane muqueus* de l’intestin est généralement très peu altérée dan, l’entérite proprement dite, et dans un état qui n< diffère peut-être pas beaucoup de celui de la peai quand elle est le siège d’une sueur copieuse (id 271). Pas un mot, comme on voit, de la faiblessé comme cause de la diarrhée, ou autrement, cal l’état de la peau en sueur, dans une maladie aiguë' n’est pas l’atonie; de manière que ce passage ne justifie pas plus que le premier les assertions d^ M. Broussais.

Mais peut-être me serais-je exprimé d’une ma-i nière differente en cherchant à déterminer les causes de la diarrhée des phthisiques ; nullement î il a été question, à leur sujet, d’altération de sécré4 lion et jamais de faiblesse comme cause de dévoiement dans certains cas. j

Ce qui résulte de mes Beclierches ou de l’aiia-

AFKtCl'lOIS lYiniOÏDE. 1 3ÿ

lyse des faits que j’ai observés , c’est doncj i“ que la diarrhée des individus atteints d^’alFection typhoïde a une double source , Taltération des planques elliptiques au début , puis , et plus ou moins promptement, avec elle, l’altération de la memibrane muqueuse intermédiaire à ces plaques et.de celle du colon, au moins dans un grand nombre de cas ; 2° que dans' d’autres circonstances la diarrhée :a quelquefois pour cause unique l’inflammation de ïllla membrane muqueuse du colon ; 3° que chez un ij^rand nombre de sujets, bien portants ou non au imomentoù cette diarrhée se déclare, la muqueuse intestinale n’est pas enflammée^ ou ne peut pas tétre considérée comme atteinte d’inflammation; qu’on ne peut attribuer alors l’abondance des selles cqu’à une altération de sécrétion dont la cause est iinconnue. J’ai admis ces causes non à priori , mais [parce que l’analyse des faits m’y a forcée moi, qui ssuis profondément indifférent aux résultats, pour- 'vu qu’ils soient rigoureux.

Les assertions de M. Broussais relatives au imétéorisme , doivent aussi fixer l’attention du lecteur. » Quand l’irritation débute par les intestins inférieurs , dit - il , deux cas peuvent se présenter: ou elle commence par le colon, et alors la diarrhée est abondante dès le début , sans météorisme ; puis celui-ci survient si rien n’arrête l’inflammation : ou l’irritation existe d’a-

EXAMEN

l/jO

bord dans l’iléum, plus ou moins près de ia val*! vule iléo-cœcale , ce qui donne des coliques sans! i diarrhée ou avec un peu de diarrhée, du inéléo-^ risine, des douleurs profondes, etc. (4 12). Et un peu|^ plus loin, M. Louis, dans la première forme de i Lirritation , suppose , sans fondement , que la,i diarrhée vient des plaques supérieures à la val-j vule, et ne voit dans le météorisme qu’un progrès de la même alFeclion, au lieu d’y voir l'extension de l’irritation du colon à l’estomac» (4i5).

Où M. Broussais a-t-il vu tout cela? ce n’est assurément ni dans mes Recherches ni dans l’ob-* servation des faits. Ici encore j’ai dit l’opposé de ce qu’il me fait dire , et il a imaginé le contrairef de ce qui se passe en réalité : ce qui ne surprendra personne, car on ne devine pas la vérité. Loin d’avoir attribué au progrès de l’altération des plaques elliptiques de Payer le météorisme , j’ai dit| en quclqîje sorte le contraire^ en montrant, par par la simple exposition des faits , que le météorisme étaitplus rareet surtout beaucoup moins conH sidérable dans l’intestin grêle que dans le gros intestin (L. 1" V. i85, 2 24)* Et au sujet de la cause* à laquelle on voudrait rapporter le météorisme ,j j’ai fait le résumé des faits de la manière suivante. «On nesaurait attribuer le météorisme à une lésion! appréciable de la membrane muqueuse du colon ,

AFFECTION TYPHOÏDE. l/fl

aucune n’élaiit constante, et moins aux ulcérations qu’à toute autre, puisqu’elles n’existaient que L dans six des cas dont il s’agit. Et il est d’autant I moins permis de s’arrêter à cette lésion, qu’elle 1 était large , profonde , et presque constante dans l’intestin grêle, qui était moins fréquemment mé- . léorisé que le colon, et toujours, à deux exceptions près, à un degré très peu considérable. (L. i'"'’ vol. 226 ). »

Je disais encore dans l’alinéa suivant : « On ne saurait objecter en faveur de la doctrine contraire, que le météorisme de V intestin, grêle disparaissait quelque temps avant la mort j car sa cause présumée , les ulcérations, existant toujours et n’étant pas en voie de guérison dans la plupart des cas , lors du terme fatal , 011 ne voit pas comment l’elFet aurait cessé. A supposer d’ailleurs que le météorisme de l’intestin grêle eut cessé avant la mort, chez les sujets qui avaient succombé du vingtième au trentième jour de l’alFection , il aurait dû être considérable chez les individus emportés du huitième au quinzième ; ce qui n’est pas. A quoi il laut ajouter que si le météorisme de l’intestin grêle eût existé pendant un certain temps et à un degré considérable , on en aurait probablement retrouvé des traces après la mort, dans l’épaississement de ses parois qui aurait eu lieu chez un certain nombre de sujets. Et il

faut conclure de ce qui précède que pendant la vie i con)ine après la mort^ le siège principal et souvent unique du météorisme est le gros intestin. »

Assurément ce résultat ne pouvait être prévu ; on devait même ^ a 'priori , penser tout le contraire i et c’est pour cela que M. Broussais s’est trompé. Mais pourquoi ne pas lire quand on critique, et ne pas observer quand on veut écrire dans une science d’observation ?

M. Broussais indique , dans plusieurs points de son examen, comment se développe l’inflammation dans les organes qui en offrent des traces, , chez lesindividusemportés par l’affection typhoïde: il s’en explique à la page4i4? où il dit que je fausse les faits en supposant que l’affection de l’estomac et celle du duodénum ne dépendent ' point de la progression de l’irritation du bas vers le haut , mais seulement de la fièvre.

Voilà donc M. Broussais convenant, en opposition avec sa i3i® proposition rapportée plus haut, que l’estomac n’est pas toujours affecté primitivement dans l’entérite, puisqu’il assure que quand la membrane muqueuse de cet organe et celle du duodénum sont affectées, dans la maladie qui nous occupe, c’est par la propagation de l’inflammation de l’intestin grêle et non autrement. Et comment le prouve-t-il? line le prouve pas, il l’affirme ; et il l’affirme, sans doute, parce qu’au premier

j jorJ il peut sembler assez probable que les I aoses se passent ainsi. Malheureusement l’inia- 1 nation et l’observation ne sont pas souvent d’ac- )rtl, et c’est pour cela que nous différons encore i M. Broussais et moi. Les faits sont loin, en 'ïet, de confirmer ses assertions ; car il résulte 3 l’analj'se de ceux que j’ai recueillis, non- • ailement que les altérations de la, membrane uqueuse de l’estomac sont les mêmes chez îS sujets emportés par l’affeclion typhoïde et chez M‘ux qui succombent à d’autres maladies aiguës , laais que la proportion des cas dans lesquels ces usions existent , n’offre que des différences ;ssez légères (L. vol. p. 181). Et comme dans •SS maladies aiguës non typhoïdes, l’intestin grêle l’eest pas toujours affecté quand l’estomac est plus ai moins lésé , je n’ai pu regarder la lésion de îtlui-ci , dans l’affection typhoïde , comme une O)ntinuation de celle du jéjunum. D’un autre ); té , un mouvement fébrile , variable en intentée, ayant lieu dans les différentes maladies aigues jie j’ai comparées; les lésions secondaires , celles g î l’estomac comme les autres, y étant généralement proportionnés ; force a été pour moi d’attriüuerà ce mouvement fébrile une part considéra- Itledans la production des altérations de l’estomac, il dans celle des autres viscères affectés secondaiement (L. t. 1, p. 182, 4^i). Ici encore , j’étais

ËXAMËN.

loin de m’imaginer l’existence de cette loi avan l’analyse des faits ^ mais comment ne pas l’adi ; mettre , et comnent souscrire à la proposition dl i M. Broussais^ quand on connaît les faits ?

Pai exposé avec beaucoup de détails les labi relatifs à l’état de la langue chez les individus al. teints d’alFection typhoïde ou d’autres maladitj aiguës. Chez ceux qui ont succombé, j’aicoin(i paré la langue avec la membrane muqueuse â\ l’estomac, et l’ayant trouvée rouge, sèche, épais$j ou noire dans un grand nombre de cas où la mm queuse gastrique ne présentait aucune trace d’ir flammation , et réciproquement, j’en aiconclr que l’état delà langue n’indiquait pas celui de rqjî tomac, qu’on ne pouvait espérer connaître celuipar l’inspection delà langue ! Que ditM. Brouii sais à cela? Bien, sinon qu’il est de notoriété, poi» tous les véritables observateurs , que la rougeun

la chaleur , la forme lancéolée et la sécheresse c L la langue , aussi bien que la rougeur du voile (|f;: palais et du pharynx, sont des signes infinime|i|| précieux pour le praticien qui traite une gastrit|| etc. » C’est-à-dire que l’état de la langue indiqi|| celui de la membrane de l’estomac, parce qu’on | croit généralement ainsi; c’est-à-dire qu’ici encolï M. Broussais affirme et ne prouve pas. Je convietS que sa position était difficile ; que voulant à tou|«î force critiquer , je veux dire blâmer, il n oval^

iFFECTION TYPHOÏDF.

guère à {aire que ce qu’il a fait ; car, pour démontrer que ma proposition relative à la langue était fausse, il aurait fallu montrer que les faits dont elle n’est réellement que l’expression, étaient faux : et comment arriver là? M. Broussais a jugé très sai- ! nement que la chose n^était pas possible , et, dans ! son impuissance, il a dit que je n’avais soutenu la I proposition qui résume les faits analysés, que pour r me mettre en opposition avec lui (4i8). Voilà, t certes un argument d’une grande force et auquel i je ne me serais pas attendu.

Les symptômes cérébraux sont encore pour ce médecin l’occasion de quelques sarcasmes ; car c’est presque uniquement en sarcasmes que consiste sa critique, «Fondera-t-il ces symptômes, s’écrie M. Broussais, sur les plaques? Eh ! pourquoi pas , puisque les plaques sont le seul caractère anatomique du typhus. Ce qu’il y a de certain , c^est i qu’il ne les attribuera pas à l’affection du cerveau; car, selon lui, si l’ouverture en montre souvent les traces , quelquefois elle n’en découvre aucune. Or , comme il lui faut de graves altérations pour affirmer qu’un organe a été malade , et comme il admet en principe , qu’une fonction peut être lésée sans que ses instruments aient souffert d’altération, il ne se gênera pas plus dans cette questionque dans toute autre (433) ». — 11 est sûr que cette question m’a beaucoup moins gêné qu’elle n’em-

KXAMEN.

barrasse M. Broussais , qui me semble se donner beaucoup de peine pour ne rien dire.

Il s’agissaitde connaître la cause du délire, de savoir sil’on pouvaits’en rendre compte parTétatana tomiquedu cerveau. Quefaire pourcela? Comparer le cerveau d’un certain nombre d’individus dont le délire avait été grave , avec le cerveau d’un même nombre d’individus qui n’avaient pas eu de délire, ou qui n’en avaient eu que momentanément: etc’est ce que j’ai fait. Et comme il est résulté de cette comparaison , que la masse encéphalique avait été saine ou légèrement altérée , dans la même proportion , chez ces deux ordres de malades; j’en ai conclu que l’état anatomique du cerveau ne rendait pas compte du délire. Je conviens que si je me me fusse borné à commenter un cas dans lequel le cerveau aurait présenté une injection plus ou moins forte, et relatif à un sujet qui aurait eu beaucoup de délire j’aurais pu croire que la congestion cérébrale expliquait le délire : mais j’aurais commis une erreur; et c’est pour l’éviter que j’ai comparé entre eux plusieurs faits relatifs à des sujets placés dans des circonstances différentes et capables de s’éclairer mutuellement. Et c’est la méthode numérique appliquée à des faits exacts , groupés d’après leurs ressemblances , qui a décidé la question ; la méthode numérique à laquelle M. Broussais prodigue si volontiers de petites

j AFFECTION TYPHOÎDE. i47

railleries ; qui n’est pas tout, à beaucoup près, . dans la recherche de la vérité , mais sans laquelle (On ne peut y arriver en médecine, sans laquelle : aussi , pour le dire en passant on ne peut en iLjuelque sorte recueillir l’expérience des siècles.

D’ailleurs je n’ai dit nulle part qu’une fonction f put être lésée sans que ses instruments aient souffert [li’altération ; j’ai dit à! dliévmûoïi appréciable , ce tjqui est tout autre chose.

Maintenant, que l’état du cerveau auquel il fallait attribuer les symptômes cérébraux fût apiDréciable ou non , comme il n’était pas primitif, :l fallait rechercher à quelle lésion il était lié j ce q^ue j’ai fait le plus rigoureusement qu’il m’a été )DOSsible. Et n’ayant trouvé chez les sujets atteints [Ile délire aucune lésion constante, à part celle des plaques elliptiques de Peyer , l’inflammation de la muqueuse gastrique ayant d^ailleurs été souvent consécutive au délire , j’en ai conclu que la cause lie ce symptôme était dans les plaques de Peyer et ]jon ailleurs (2evol., p. ]56). La même méthode employée pour connaître la cause du délire des ))neumoniques , m’a conduit à un résultat analoi;^uej c’est-à-dire à reconnaître que l’inflammation omlmonaire , la seule lésion constante chez eux , rdevait être considérée comme la cause du délire udont ils sont atteints assez fréquemment.

Mais comment cette cause agit-elle ? c’est

TîXAMEN

encore une question que jo me suis l'aile et que j’ai résolue, .en montrant que l’action des poumons et des plaques elliptiques dePeyer s’opère, non au moyen d’une sympathie inappréciable dans ses moyens, mais à l’aide d’un mouvement fébrile , dont l’inflammation de ces organes est la source. Car le délire était proportionné à la fièvre , et dans la supposition contraire , il faudrait admettre que l’action sympathique des organes les plus differents par leur structure et par leurs ; fonctions, est la même ; ce qui me parait impossible (L. 2® V. p. 172).

Toutefois, ajoutais-je, on me comprendrait mal si l’on imaginait que je n’admets d’autre influence que celle du mouvement fébrile , puisque toutà-l’heure encore, j’observais que le délire ou ses suites, n’étaient pas entièrement les mêmes chez les individus emportés par l’affection typhoïde et chez ceux qui ont succombé à la pneumonie. Ce que je veux dire et ce qui me semble évident , c*est que l’influence sympathique des organes est secondaire , et que celle de la fièvre est la principale. (Id.)

Ces éclaircissements répondent de reste à ce passage de M. Broussais : « On lui répondra peutêtre qu’il a trouvé lui-même des symptômes nerveux pareils à ceux du typhus chez des sujets qui n’avaient que des gastrites et des entérites ,

sans plaques tuméfiées ; sa réponse est toute prête: ce n’étaient pas des typhus.; donc les symptômes nerveux n’y ont pas été provoqués de !a meme 1 manière que dans le typhus » (433). — Si vrai- ! ment^ ils ont aussi été provoqués de la même manière J par le mouvement fébrile ; et ils ont été rares dans l’entérite , parce que le mouvement y est peu considérable.

Je ne m’arrête pas aux réflexions faites par M. Broussais au sujet des symptômes cérébraux éprouvés par la malade qui fait l’objet de la dy* observation; car ce qui précède suffit pour les apprécier ,et je ne puis qu’être de son avis quand il renonce à faire de nouvelles remarques sur d’autres observations; vu, dil-il, que ces remarques seraient trop tristes et trop humiliantes pour notre époque de lumihre (438). — Comment imaginer, en effet, qu’on ait pu écrire sérieusement en i834, la phrase suivante ? « Qui nous dit que le t travail inflammatoire, exhalatoire et suppuratoire du cerveau , n’est pas empêché par l’inflammation prédominante d’autres organes , ou par le défaut de sang que ces organès lui sous^ traient ?» (B. 434)*

Ma mauvaise foi est tout aussi patente pour M. Broussais dans le peu que j’ai dit des causes de l’affection typhoide, que partout ailleurs; et en homme consciencieux il n’oublie pas de le faire

EXAMEN

remarquer au lecteur avec une sorte de luxe d’expressions quimérite d’être signalé (456); mais sans s’inquiéter des preuves, car à quoi bon ? Il ajoute que si l’on veut connaître la raison pour laquelle je n’ai pu assigner la cause du typhus, c’est uni- f qnement parce que j^ai refusé de l’attribuer à l’inflammalion de la muqueuse digestive (467). — Et | moi, pour toute réponse, je rappellerai au lecteur que quelle que soit la gravité de l’inflammation de la membrane muqueuse de l’estomac et de l’intestin grêle après cinquante ans, ou dans le jeune âge, quand elle se développe dans le cours d’une maladie aiguë, on n’observe pas, pendantla vie, l’ensemble des symptômes qui caractérisent l’affection typhoïde, ni, après la mort, l’altération profonde des plaques de Peyerqui en forme le caractère anatomique; de maniéré qu’il est de toute impossibilité de considérer l’affeCtion typhoïde comme une suite de l’entérite proprement dite, soit simple, soit unie à la gastrite.

Il résulte pourtant de ses calculs, dit M. Broussais, que l’inflammation de l’intestin grêle produit plutôt des plaques depuis la puberté jusqu’à quarante ans, que dans tout autre âge dé la vie. Mais il faudrait bien se garder de croire qu’elle ne produit ces symptômes que dans le cas où elle occasione ces plaques : c’est là l’erreur perpétuelle î de l’ouvrage qui nous occupe, et sans cesse elle '

reparaît malgré les faits cités par Tau leurl ui-même ,1 qui en contiennent la réfutation (4^7)- I Celte dernière assertion était inévitable de la I part d’un homme qui, dans tout le cours de sa critj tique, me fait dire, involontairement, j’en conviens,

I le contraire de ce que j’ai dit, ou toute autre chose, et fait ensuite ses commentaires tout à son aise. Mais elle ne peut plus avoir d’importance auprès du lecteur pour qui j’ai rétabli les faits.

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