e reproche qui présente d’abord une apparence de raison
« A propos d’une poslcommunion que je » signale (c’est l’Abbé de Solesmes qui m’adresse » la parole) dans le Missel du Cardinal deNoailles » que vous convenez n’avoir pas non plus entre » les mains, vous citez le Missel de Charles de » Vintimille, dans lequel cette postcommunion fut » réformée , et vous dites à vos lecteurs : Dom » Guéranger a changé le texte; ce qui est une » accusation de faux, ni plus ni moins ( 2 ). »
Dom Guéranger ne rapporte ici ni tout ce qu’il a dit dans ses Institutions, ni tout ce que je lui ai dit dans ma brochure. Ainsi, dans ses Institutions, il n’avait pas seulement signalé la postcommunion dont il s’agit, comme se trouvant dans le Missel de François de Harlay, mais comme étant entrée ensuite.de plein pied au Missel de Vintimille , et de là dans la presque totalité des Missels français (3). Quoi de plus simple que
(1) Instit., tom. 2 , p. 78 , (2) Déf. p. 8.
§ x. ( 5 ) Instit. tom. 2, p. 2^5*
d’aller, pour m’assurer de la vérité, consulter le Missel de Vintimille, où j’ai trouvé le texte de la postcommunion bien différent. Je me suis donc plaint Je ce que Dom Gttéranger avait changé le texte; mais en ajoutant, ce qu’il ne rapporte pas: >> La voici (la postcommunion) telle qu’elle est » dans le Missel de Paris, au moins dans celui de Charles de Vintimille (i). » Je n’ai donc pas donné en preuve le Missel de François de Harlay que je n’ai pas; mais celui de Charles de Vintimille que j’ai, et dans leqpel la postcommunion est entrée Je plein pied, s’il faut en croire l’Abbé de Solesmes.
4. e reproche de Dom Guéranger, qui offre encore quelque apparence de raison.
«Chacun sait, dit-il, ou doit savoir que le » Bréviaire de Paris de 1736, publié par Charles » de Vintimille , excita de si vives réclamations » dans l’Eglise de Paris, que le prélat fut con- » traint de retirer l’édition, et d’en donner im- » médialement une seconde , avec un grand » nombre de cartons aux endroits qui avaient » choqué davantage. Pour apprécier les inlen- » lions des rédacteurs de ce Bréviaire, je devais » donc remonter jusqu’à la première édition an- » térieure aux cartons, et j’ai raconté avec toute » franchise, et môme avec éloge , le fait de l’in—
(1) L’Eglise de Fr. p. 81.
» sertion de ces mêmes cartons ; je croyais donc » avoir prévenu toute possibilité de confusion.
' » Quelle n’a donc pas été ma surprise lorsque « j’ai vu, Monseigneur, que c’était ayec la 2. c » édition de 1^36 que vous prétendiez réfuter b les reproches que j’avais faits à la première , » donnant ainsi le change au public sur l’èlat » même de la question, et faisant peser sur moi » gratuitement l’odieuse accusation de calomnie » grossière et audacieuse (i)î »
Dom Guéranger m’accuse donc d’avoir voulu donner le change au public, et faire peser sur lui l’odieuse accusation de calomnie, en prétendant réfuter les reproches qu’il avait faits à la i . re édition du Bréviaire de i ^36 avec la a. e édition de la même année.
Pour que ce 4 - e reproche fût fondé, il faudrait que Dom Guéranger ne m’eût pas donné lieu de croire que la a.* édition du Bréviaire de 1736 conservait à peu près tout ce qu’il y avait de répréhensible dans la première. Or, ne m’a-t-il pas donné lieu de le croire, lorsqu’après avoir employé au moins quarante grandes pages à critiquer dans les moindres détails le Bréviaire de Charles de Vintimille, il nous apprend qu’on voulut le corriger, mais que ces corrections ne furent pas trèsnombreuses , que la plus remarquable fut la sup-
{ (1) Déf. p. 8 et 9.
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pression de fAve maris Stella arrangée par Coffm, et le rétablissement de. celle hymne dans son ancienne forme ; que ce ne furent que de légers changements (lui n atteignaient pas le fond du Bréviaire (i).
Mais si les corrections ne furent pas trèsnombreuses , si la plus remarquable fut celle du rétablissement de Y Ave maris steîla, j'ai dû croire que les nombreux reproches faits au Bréviaire de Charles de Vintimille regardaient la seconde édition comme la première. Ajoutons une réflexion.
Quand on attaque tout l’ensemble de la Liturgie d’un Diocèse, est-ce une édition qui a été surle-champ supprimée que l’on doit prendre pour le sujet de la critique, et non pas celle qui a été corrigée et définitivement publiée? Au moins, en pareil cas , faudrait-il , pour être impartial et juste, en relevant des défauts qui n’existent plus, avertir qu’on les à fait disparaître.
Quoi qu’il en soit, je suis parvenu à me procurer un exemplaire de la première édition du Bréviaire de 1736; je pourrai faire droit, s’il y a lieu, à la plainte de l'auteur des Institutions liturgiques.
( 1 ) Instit. lit. tom. 2 , p. 348 et 34g.