ARTICLE VI
SERAIT-IL UTILE QUE LE SAINT-SIÈGE ENLEVAT AUX ÉGLISES DE FRANCE LES LITURGIES PARTI- CULIÈRES DONT ELLES SONT DEPUIS LONGTEMPS EN POSSESSION ?
Je pense que, d’après tout ce qui a précédé, les assertions de l’Abbé de Solesmes ont perdu crédit auprès des hommes impartiaux. On doit donc être peu touché de ce qu’il avance, dans sa Lettre à Mgr. l’Archevêque de Reims, contre la Liturgie de Charles de Vintimille; car s’il fallait croire tout ce qu’il en dit d’un ton d’autorité inconcevable, qui pourrait ne pas repousser avec horreur une pareille Liturgie?
Elle est, suivant lui, V ouvrage de la main d'un homme isolé , où la Bible elle-même, morcelée par une volonté individuelle , cesse d’être la Bible pour devenir une œuvre humaine ( i).
C’est un corps entier de prières liturgiques inconnues, inharmoniques ( 2 );
Un ensemble tout nouveau à l’œuvre des siècles, établi sur la destruction en masse des formes antiques (3).
(0 Lettre, p. 10, § 2 ; p. (2) P. 24, § 3 .
On en a expulsé en masse une multitude innombrable de textes bibliques (t).
Les textes bibliques quon y a introduits , ne peuvent plus être considérés , clans un sens quelconque, comme la parole de Dieu .... Le sens originel de ces textes est aussi éloigné de ce quon leur fait dire, que X affirmation Xest de la négation ( 2 ).
C’est un gâchis téméraire... c’est le cœdes Scriptunrum de Tertullien... Saint Jérôme s'indignait si violemment contre ceux qui forçaient la parole sainte d’obéir à leurs jeux d’esprit... Que ne diraitil pas de l’abus qu’on en fait dans la Liturgie parisienne? C’est ce que dit Dom Guéranger. L’abus que l’on fait de l’Ecriture dans cette Liturgie, est donc bien pire que celui contre lequel s’indignait saint Jérôme (3).
Continuons d’écouter notre écrivain.
La Liturgie Romaine, il est vrai, emploie en plus d'un endroit l’Ecriture sainte en des sens-accommodatices ; mais tout ce que peut l’Eglise Romaine , un simple Docteur ou , si X on veut, 'une Eglise particulière aux ordres d’un simple Docteur, pourra-t-elle le faire (4) ? ,
L’adoption des nouvelles Liturgies est une contradiction à tous les principes du catholicisme sous le rapport de la Liturgie (5).
(1) Lettre, p. 12, § 1. ( 4 ) Ibid* § 2.
(3) Ibid. (5) Ibid. p. 29, dcrn. lign.
(5) Ibid. § x.
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