‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 13 sur 44 · DD PRINCIPE DE CONTIKOITÉ · texte numérisé non relu

DD PRINCIPE DE CONTIKOITÉ

facultés subjectives et leurs perceptions à un objet extérieur, dont la Réalité nous est attestée par notre conscience avec une entière et incomparable évidence. De plus nous nous sentons soutenus dans cette irrésistible conviction par le sentiment général de l'humafiité, dont nous venons confirmer les croyances, au lieu de les contredire, ou de ne paraître y adhérer que par de vaines et inconsistantes formules.

La notion de permanence offre à notre esprit quelque chose de positif et de réel, quand nous la considérons comme l'expression de l'immutabilité des décrets de la Providence divine; mais elle n'est pour Kant que l'opposition logique du terme de succession; aussi le voyons-nous l'attribuer, parune incompréhensible confusion, tantôt aux substances, tantôt aux phénomènes, envisageant les uns et les autres comme Sxes ou comme muables, selon les besoins de son argumentation.

l/expérience est valablement invoquée quand on conçoit la série des phénomènes comme soumise à des lois stables et efficaces, correspondant h un Ordre universel émané delà Providence divine. Elle a une incontestable valeur, quand on la fonde sur les principes supérieurs de concordance, de causalité, d'ordre^ etc., quand on reconnaît que nos perceptions correspondent nécessairement avec les objets extérieurs qui les déterminent, et que les lois qui régissent notre entendement s'accordent avec celles qui gouvernent la nature.

h'unité de notre Être, centre unique de nos mouvements actifs et passifs, nous est attestée par un sentiment Intime, dont rien ne peut égaler l'évidence, par ce Verbe divin qui retentiten nous, dont la vérité nous éclaire, et par lequel nous

soa:nf^ en u.'rf<%Miiî:;!i:Jo3in:ei;ei-UieI^eel morale me tous le= Ètr»s ri;>jcatiï. Ksnt s'e^t vaioeiDeDt efforcé d'établir cetie «>:>!j«eiidoD d'un J/«, un el pertomtfl, parce qa'fl a ^i.trepn= de te dênK-nlrer par des procédés Iceiqoes, EDodés HU' la lîû^:-D exiérimre des (acj!:és par lesquelles se mani' f^te DOtre per^Doalité, et d-:*d pis sur leur correspondance intiine, résultant de leur dépendaDce d'un centre commim.

Mais, comme nous l'avoDS tu, Kanl u'avait admis ces principes que oomioalement, et dans le »eiil intérêt d'une dii«u=5ÎOD spéciale. Aussi u'a-t-il pu înToqoer leur autorité pour combattre l'idéalisnie H le scepticisme, malgré la radicale iocoDsistance de ces systèmes.

La réfutation de l'Idéalisme entreprise par Kant founiit, à notre sens, un précieux enseignement. Elle nous conduit à apprécier le caractère spécial de deux méthodes pfailosi^hiques fort diverses, et qui conduisent à des résultats tout opposés.

Lorsqu'on se propose d'étudier les facultés humaines dans leurs manifestations individuelles et sociales, dansle tangage, dans la législation, et dans les institutions potitiques et religieuses (seloo la méthode indiquée par Vico, fondateur delà véritable philosophie positive), on cherche à dégager de ces diverees manifestations leurs caractères généraux et leurs principes générateurs, ainsi qu'à y introduire un ordre méthodique. Dans une pareille voie nos raisonnements trouvent à chaque pas des points de comparaison et de contrôle qui otTrent d'abondants moyens de redressement et de correc-

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tioii. Le philosophe possède ainsi un fil conducteur qui le ftuide dans sa marche, une lumière qui en montre le but, et il peut poursuivre sûrement sa route, sans crainte d'en dévier. Mais il n'en est pas ainsi de ces intellectualistes (comme les appelle Bacon} qui se fondent sur les conceptions arbitraires de leur esprit, et en suivent imperturbablement les déductions, sans se préoccuper du point où elles les conduisent. Confiants dans leurs orgueilleuses déterminations, chaque pas les éloigne davantage de la réalité, et parvenus au terme de leur route, une distance immense les sépare de ces xotvai îvvouà,, de ces croyancee coipmunes, expression des conditions fondamentales imposées par la Providence au développement progressif de l'humanité.

Mais poursuivons le laborieux examen de la Critique de la Raison pure.

• Kant a fait de nombreux efforts pour prouver l'objectivité de nos perceptions et de nos aperceptions, et il a cherché à établir cette objectivité par une série de raisonnements fort compliqués. Il doime deux exemples pour distinguer la succession subjective Ab l'appréhension, de la succession objective des phénomènes, et ces exemples montrent combien est étroit le terrain où il place sa discussion, et combien était grande pour lui la difficulté de donner à nos appréhensions ou aperceptions j un caractère objectif, bien que le sens commun le plus vulgaire n'hésite jamais à reconnaître cette objectivité.

Citons les propres paroles de notre philosophe : " Nous

» n'avons affaire », dit-il, « qu'avec nos représentations

» L'appréhension de la diversité dans le phénomène d'une » maison en face de nous est successive. Or la question est

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M de savoir si le divers de cette maison est aussi successif en 11 soi; ce que personne assurément n'accordera Je vois

> un bateau se diriger suivant le cours d'un fleuve ; ma Il perception de l'endroit qu'il occupe plus bas succède à la » perception de l'endroit du cours du fleuve qu'il occupait n plus haut ; et il est même impossible que dans l'appré- » hension de ce phénomène, le bateau puisse être observé

I d'abord plus bas, ensuite plus haut. L'ordre successif des

II perceptions dans l'appréhension est donc ainsi déterminé,

et cette appréhension est liée à l'ordre des perceptions. » Dans l'exemple précédent de la maison, mes perceptions

1 pouvaient commencer, dans l'appréhension, par le fatte, » et iinir par le fondement, mais elles pouvaient aussi com-

» mencerpar le bas, et unir par le haut Iln'y avait donc

w dans la série de ces perceptions aucun ordre déterminé, qui Il me forçât à commencer par ici ou par là pour lier émpiu riquement les éléments divers de mon appréhension. 11 Mais cette règle ne saurait manquer dans la perception » de ce qui arrive, et elle rend nécessaire l'ordre des per-

> ceptions successives Je dériverai donc, dans le cas

11 qui nous occupe, la succession subjective de l'appréhen-

> sion, de la succession objective des phénomènes. »

Ce n'est donc que par la considération des objets doués de mobilité que Kant établit la réahlé de la correspondance de nos perceptions internes avec quelque chose d'extérieur qui les provoque, car c'est à la succession des mouvements de l'objet extérieur qu'il attribue la détermination de l'ordre dans lequel se produit la succession de nos perceptions ; cette succession vient ainsi à dépendre d'une chose extérieure, dont la réalité se trouverait de cette façon clairement établie. Mais, si l'on examine soigneusement les deux exemples allé-

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