CHAPITRE VII
DES nODHËNES
Les catégories, comme nous l'avons vu déjà, sont données par Kant comme s'appliquaiit exclusivement aux phénomènes sensibles.
« L'entendement (dit-il, au chap. m de son Analytique » transcendantale) ne peut faire de ses principes à priori, et » même de tous ses concepts, qu'un usage empirique, et
> jamais un usage transcendantal L'usage empirique
» d'un concept s'applique simplement aux phénomènes, » c'est-^-dire à -des objets d'expérience possible Tous
> les concepts, et avec eux tous les principes, tout à priori » qu'ils puissent être, se rapportent donc à des intuitions » empiriques, c'est-à-dire aux données d'une expérience i possible. Sans cela ils n'ont pas de valeur objective, et ne
> sont qu'un jeu de l'imagination ou de l'entendement, avec » leurs propres représentations.
w II est nécessaire de rendre sensible un concept abstrait, » c'est-à-dire de montrer un objet qui lui corresponde dans » l'intuition , parce que sans cela le concept n'aurait , n comme on dit, aucun sem, c'est-à-dire resterait sans si-
> gniûcatîon : Personne ne peut définir le concept de quan-
» iité en général, que, par exemple, de cette manière : la
» quantité est cette détermination d'une chose qui permet
» de concevoir combien de fois un est contenu dans cette
» chose. Mais ce combien de fois se fonde sur la répétition
H successive de l'unité, par conséquent sur le temps
» On ne peut définir la réalité, par opposition à la négation,
» qu'en songeant à un temps. Si je fais abstraction de la
» permanence (qui est une existence en tout temps), il ne
n reste du concept de la substance, que la représentation
» lexique du sujet.... Quant au concept de cause, si je fai-
> sais abstraction du temps, je ne trouverais dans la pure
> catégorie rien de plus, sinon qu'il y a quelque chose d'où » l'on peut conclure l'existence d'une autre chose, et alors n la cause et C effet ne pourraient plus être distingués l'un » de l'autre. >
Voilà d'importantes affirmations qui détruisent complètement ces Principes que Kant avait invoqués pour établir la légitimité de l'expérience.
Nous voyons, d'abord, que l'usage des catégories, c'est-àdire l'emploi des fonctions de l'entendement, y est limité aux seuls objets de l'intuition sensible. C'est exclure d'un seul coup les éléments les plus essentiels de la pensée humaine qui ne dérivent aucunement de cette intuition sensible. Ainsi, pour Kant, et d'après les exactes conséquences de ses principes, l'entendement doit se confiner dans ce que peut lui fournir l'intuition sensible, et il fait un usage illégitime de ses facultés, quand il dépasse les bornes des phénomènes matériels, et de leur liaison dans l'expérience. Comment expliquer dès lors l'emploi que nous faisons incessamment des catégories dans tous les arguments qui dépassent la sensibilité corporelle, et qui constituent le principal ali-