‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 19 sur 44 · DE LA RAISON · texte numérisé non relu

DE LA RAISON

et à une faculté qu'on nous a représentée comme illusoire et erronée.

Kant nous montre ensuite, après une série de déductions qu'il serait oiseux de reproduire, que toutes les idées transcendantales {idées de la Raison, distinctes des concepts de l'entendement) sont ramenées à trois classes, dont la première contient l'idée absolue du sujet pensant, la seconde, l'unité absolue de la séie des conditions du phénomène, la troisième, l'unité absolue de tous les objets de la pensée, en général.

« Le sujet pensant, dit-il, est l'objet de la Psychologie; » l'ensemble de tous les phénomènes (le Monde) celui de la » Cosmologie, et ce qui contient la condition suprême de la » possibilité de tout ce qui peut être conçu (l'Être de tous » les Êtres), est l'objet de la Théologie,

» Il n'y a pas, à proprement parler, pour ces idées trans- » cendantales de déduction objective possible, comnie celle » que nousavonspu donner pour les catégories. C'est qu'en n effet, précisément parce qu'elles ne sont que des idées, )' elles n'ont point de rapport à quelque objet qui puisse » être donné comme correspondant. Tout ce que nous pou- ') vioQs entreprendre, c'était de les dériver subjectivement > de la nature de notre Raison. »

C'est donc à la Raison que Kant défère la solution de ces grands problèmes, mais il dit en même temps que les idées produites par elle à cet égard ne peuvent point correspondre à quelque chose d'objectif et de réel ; ce ne sont que de pures visions, car elles émanent d'une faculté intrinsèquement fallacieuse, et ne pouvant enfanter que d'inconsistants fan-

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tomes. C'était exprimer par avance la décision anale de la Doctrine critique sur les questions qui intéressent le plus vivement la conscience humaine.

Ainsi, avant toutediscussion, les affirmations delà Raison

à l'égard des questions que se pose naturellement notre esprit sur notre âme, sur le Monde, sur Dieu, et partant sur tout ce qui affecte le plus fortement la vie intellectuelle et morale, se trouvent déjà résolues négativement. Les idées qui y correspondent sont un vain jeu de l'esprit, pouvant, tout au plus, réussir parfois, grftce à un arrangement dialectique laborieusement combiné, à présenter à la conscience quelques moyens illusoires de consolation et d'apaisement.

Cependant il s'agit de reconnaître l'âme humaine et ses insondables profondeurs, de pénétrer dans ce microcosme oîi brille l'Éternelle Vérité, et où se résument toutes les merveilles de la nature. Il s'agit de retrouver dans le Monde, dans cette harmonieuse manifestation de l'Essence divine, ces lois qui concourent à la perfection d'un ensemble dont les moindres parties concordent et se correspondent, puis, après la contemplation de toutes ces merveilles, de nous conduire devant le Trône du Dieu vivant, devant ce Trône auquel se rattachent par une chaîne infinie tous les Êtres et toutes les existences, et d'où descendent sans cesse des flots intarissables de Vérité, d'Amour etde Vie.

Et c'est une Raison dont on nous représente les idées Comme de pures illusions, dont les raisonnements ne peuvent aboutir qu'à des paralogismes, c'est elle -'■'r' ''on place devant cette Isis sublime, pour qu'elle en' soulève le triple voile de ses mains impuissantes, et qu'elle en contemple d'un regard éteint les éblouissantes splendeurs I

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