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CHAPITRE IX

Discussion CONTRAIIICTOIRE DES PROBLÈMES MÉTAPHYSIQDES.

Les considérations préliminaires par lesquelles Kant a abordé la discussion de ces grandes questions touchant l'âmu humaine, le Monde et Dieu, montraient tout d'abord qu'il n'admettait à cet égard que des solutions négatives. Il n'en a pas moins poursuivi la discussion approfondie de ces problèmes, à la seule fin de prouver qu'ils dépassent la portée de notre connaissance, et que la Raison en se livrant à leur examen ne pouvait aboutir qu'à des résultats contradictoires et hypothétiques. Dans cette pensée il a établi, sous la forme de raisonnements rigoureux, une double série de démonstrations contraires, et il a donné à ces discussions antithétiques les noms de Paralogismes et A' Antinomies de la Raison pure.

Notre philosophe a procédé, selon sa coutume, par une argumentation purement dialectique, en posant des concepts, et en .1^^ liant par des rapports nominaux. Les raisonnements antithétiques qu d a mis en regard, et qui conduisent à des conclusions opposées, ne peuvent résister les uns et les autres, même au point de vue de la Logique, k un rigoureux ezamen, car les termes de la discussion ne se cor-

9d exahbii de la doctkihb de kaht.

respoiident en aucune façon, et se rapportent successivement

à des ordres d'idées complètement hétérogènes.

Ces discussions compliquées, où Kant ajoute ses propres contradictions à celles des thèses opposées dont'il présente le développement, bien loin de porter (juelque lumière sur ces hautes questions, semblent faites, au contraire, pour accroître les incertitudes de l'esprit, et pour l'éloigaer davantage des solutions admises et consacrées par le bon sens de l'humanité.

En ne reconnaissant pour notre pensée qu'une seule source d'intuition, la sensibilité, Kant, forcé de reconnatlre dans notre intelligence des concepts se rapportant à l'ordre supersensible, avait été conduit à en attribuer la production à une disposition intrinsèque de la Raison. Il lui a donc fallu rechercher dans les propres évolutions de la Raison, dans ses procédés discursifs, le moyen d'éclairer et de systématiser ces concepts, dont il avait proclamé par avance rillusion et le vide.

Mais ces formes discursives ne peuvent saisir que des éléments déterminés et figurés, tels que les donnent les perceptions phénoménales; or, un infranchissable abîme sépare ces perceptions de nos notions Iranscendan taies. Celles-ci ne sont susceptibles d'aucune détermination et d'aucune figuration. Comme nous l'avons montré à plusieurs reprises nous ne pouvons que les penser, en leur attribuant Vuniié el la fixité, qui manquent aux phénomènes perçus par notre sensibilité.

Ces idées supérieures échappent conséquemment à toiiic analyse, et notre esprit est impuissant à fournir un moyen terme, une copule, pour rattacher logiquement les principes substantiels et métaphysiques aux concepts provenant des

DISCUSSION COnTftADICTOIRE DES F&OBIÈIIES KÉTA8HÏSIQUZS. 97

coordinations opérées par notre entendement snr les données phénoménales de la sensibilité. Les procédés dialectiques sont particulièrement inapplicables à l'étude et à la décision des hautes questions de la Métaphysique, car il n'en peut résulter que des combinaisons nominales laborieusement construites où les termes du raisonnement, détournés de leur signiGcation véritable, sont reçus successivement dans des acceptions très-diverses. Un tel genre d'argumentation n'a donc aucune valeur, pas plus dans ses affirmations que dans ses négations.

En examinant la construction intime du syllogisme {forme logique employée d'une manière plus ou moins rigoureuse dans ces sortes de démonstrations), on trouvera toujours dans la majeure une proposition se rapportant à un sujet d'ordre transcendantal, et r,e sujet essentiellement indéterminable ne peut point se rattacher valablement à la proposition énoncée dans la miîieure, laquelle renferme des concepts déterminés. Si elle s'y rattache en apparence, ce ne peut être que par l'effet d'une éqmvoque {per fallaciam homonymiœ), à savoir en prenant successivement dans des acceptions très-différentes le sujet exprimé dans la ma/eiire, et en passant ainsi, par un abus de langage, de l'ordre spirituel et métaphysique à l'ordre matériel et physique. Un raisonnement aussi radicalement vicieux ne saurait produire une conséquence valable.

On rencontre en grand nombre ces raisonnements vicieux dans la Critique de la Raison pure. Nous en citerons un exemple tiré des Remarques sur la première antinomie (remarques qui suivent un complet développement de la thèse et de l'antithèse de cette antinomie), dans lesquelles Kant

98 EXAHBN m LA fiOCTBINB DH EiKT.

juge le résultat du conflit des deux argumentations opposées :

Une quantité, y est-il dit, est infinie quand il ne peut y en avoir de plus grande.

Il n'y a pas de muHitude qui soit la plus grande possible, puisqu'on peut toujours y ajouter une ou plusieurs unités.

Donc une grandeur infinie est impossible.

Ce raisonnement nous présente un double artilice, résultant de l'emploi abusif des termes.

D'abord le mot quantité, sujet de la proposition initiale, semble avoir été choisi avec intention, parce que son sens vague se prête à ce qu'on puisse le concevoir dans deux significations diverses : puisque, d'une part, il exprime l'idée d'une Unité immatérielle, repoussant toute attribution de parties et partant réellement Infinie, et que de l'autre il signifie un assemblage de parties multiples. Grâce à cetie équivoque, Kant a pu glisser dans la mineure la dénomination de multitude pour remplacer celle de quantité, laquelle n'offre pas en apparence un sens très-différent, bien qu'en réalité il ait représenté par elle une notion tout opposée. Le prédicat infinie offre également une équivoque analogue. Ce prédicat est donné dans la majeure comme transcendantal, et incompatible avec toute détermination quantitative, et l'on y substitue dans \k mineure une attribution se rapportant à un ensemble matériel, susceptible d'un nombre indéfini de diminutions et d'accroisBements successifs. La majeure et la mineure expriment ainsi dans ce raisonnement deux propositions radicalement différentes, et dont on a cherché à opérer la liaison par un abus de langage^ Le mot de fuantité, conçu d'abord dans un sens immatériel

DISCUSSION CONTRADICTOIRE DES PfiOBLBMES HÉTAFDÏ5IQUES. 99

et absolu, est venu se confondre avec celui de multitude pris dans un sens matériel; puis la notion d'm/îni a été transformée dans celle û'indé/ini, malgré la différence essentielle des deux termes, et la complète opposition des choses auxquels ils se rapportent. La majeure énonce un sujet métaphysique ne comportant aucune division, tandis que la mineure propose un sujet physique susceptible de subir en nombre indéfini les accroissements et les diminutions. La conséquence s'appliquerait donc au concept de multitude indéfinie^ sujet concevable par notre entendement, mais non pas à la notion de l'Unité infinie et ind écomposable, telle qu'elle est pensée par notre Saison.

L'étude de la construction du syllogisme prouve d'ailleurs par elle-même que cette forme de raisonnement ne doit pas s'employer dans la discussion des questions métaphysiques, pour peu que l'on ait pour but la recherche sincère de la vérité. Le vice inhérent à la forme syllogistique se retrouve déjà dans la constitution de la majeure. La proposition initiale qui y est énoncée exprime en effet l'attribution à un sujet substantiel de prédicats tirés des sens et de l'expérience, ot rapproche logiquement des choses essentiellement différentes.

II faut remarquer d'ailleurs que toute attribution de prédicats exprime un acte spontané et intuitif de la raison qui dépasse la sphère des opérations logiques, lesquelles ne peuvent fournir par elles-mêmes des perceptions intuitives, et doivent se borner à rapporter à un sujet les éléments

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donnés par l'énoncé même de ce sujet. Or toute déductîoD de prédicats ne se rapporte plus au sujet métaphysique conçu dans son essence ; die s'applique à ses manifestations sensibles, aux conditions matérielles de son existence^ de son eupansion extérieure et visible, et elle rentre dans cet ordre phénoménal qu'il est impossible de rattacher logique* ment aux choses de l'ordre métaphysique.

Les formules dialectiques embrassent et confondent deux ordres de connaissances essentiellement différents; aussi les systèmes qui se fondent sur de pareilles formules, qu'ils soient spirilualistes ou matérialistes, s'écroulent tour à tour devant les objections de leurs adversaires, et l'on demeure en présence d'un résultat négatif dont, quoi qu'en dise Kant, l'espiit humain ne saurait se contenter.

Il nous parait opportun de reproduire ici quelques mémorables paroles de Vico (1) : « Entreprendre de prouver Dieu I à priori, c'est se rendre coupable d'une curiosité impie ;

> car se hasarder à une telle tentative, c'est vouloir établir

> soi-même la Divinité, et la nier dans l'acte même par lequel

> on témoigne de la chercher. > Et il ajoute un peu plus loin : t La métaphysique surpasse la physique, en ce qu'elle

> traite des choses formelles et de l'inGnî. La physique est i une partie de la métaphysique, parce qu'elle s'applique aux

> choses formées et déterminées... L'esprit humain est une » chose finie et formée ; il ne peut donc comprendre les

> objets infinis et informes, mais il peut les penser... La 1 clarté de la vérité métaphysique est semblable à celle de la

> lumière, que nous ne distinguons que par l'opposition des

(1) i. B. Vieo, De antiqumima Itahrum saptentia, etc., ch. iv, g 1.

BISCUSSIOK CONTRADICTOinS BES FROBLÈHES HI^TAPHTSIOCES. 101

» corps opaques qu'elle éclaire ; les vérités métaphysiques » sont lumineuses, aucune limite ne les circonscrit, aucune » figuration ne les détermine ; les choses physiques sont les > opacités qui nous font distinguer la lumière des réalités D métaphysiques. >

Mais s'il est impossible à notre entendement de prouver par des déductions logiques la réalité de ces principes supérieurs, nous retrouvons, en revanche, dans le moindre de nos raisonnements (comme dans toutes les manifestations de notre activité) la trace profonde de ces mêmes principes, et il nous faut reconnaître, si l'on y veut réfléchir, que sans eux aucune partie de nos argumentations ne saurait ni s'établir, ni subsister. Nousavons montré que toute attribution de prédicats iiuo sujet résulte d'un acte intuitif de la Raison, lequel dépasse la portée de la perception sensible. Lu conception même d'un sw/ef quelconque implique l'affirmation d'un être conçu comme permanent et individuel ; l'acte compréhensif qui lie les termes d'un raisonnement pour en déduire une conséquence suppose également qu'il y a dans nos concepts une cohésion intime et une dépendance naturelle, lesquelles se rapportent aux conditions intrinsèques de notre entendement et aux lois fondamentales qui en règlent l'exercice. Toute construction logique ne s'établit en conséquence qu'en vertu des idées de réalité, de concordance btâe causalité, sans lesquelles toute liaison de aux concepts serait impossible. D'un autre côté, la dédtiction de la conséquence et l'expression du jugement qui en résulte supposent une Personne substantielle, un3f«^uiles énonce et les accueille, et qui les accueille parce qu'il reconnaît que ce jugement est conforme à la vérité, c'est-à-dire qu'il correspond à l'enchaînement objectif et réel des choses.

102 EXAHEN DE U DDCTRIOE DE KAHT. ,

Ainsi, lorsque l'esprit sophistique entreprend de contester la réalité de ces Principes supérieurs, il emploie pour son attaque des arguments dont la forme intrinsèque présente elle-même une preuve irrécusable de cette réalité. L'ordre de la démonstration se trouve complètement renversé. Au lieu de recourir aux arguments syllogistiques et de procéder par eux à l'appréciation de la légitimité et de la valeur des principes métaphysiques, comme l'a fait la Critique de la Raison pure, nous montrons que ces arguments, dans leurs parties et dans leur ensemble, offrent en eux-mêmes la preuve de la réalité de ces principes, et que c'est de ces principes qu'ils tirent les éléments qui les constituent. La réalité et la puissance de ces idées supérieures sont données dans les formes mêmes de l'argumentation, et il est en conséquence insensé de chercher dans le jeu dialectique de nos raisonnements la preuve directe de la réaUté de ces principes qui constituent le fondement essentiel de ces raisonnements eux-mêmes.

Les lois qui déterminent les conditions générales de l'existence, du développement et des rapports nécessaires des choses, se retrouvent dans tous les objets qui frappent nos sens, et qui exercent notre pensée ; elles subsistent dans la double série des phénomènes naturels et des œuvres humaines, et il appartient à l'esprit philosophique de les saisir, en les isolant des éléments qui les enveloppent.

Mais si les raisonnements syllogistiques sont impuissants à nous faire découvrir ces lois, il en est autrement des raisonnements inductifs, puissants instruments de toutes nos investigations.

Rappelons que l'induction est une opération par laquelle

DISCUSSION CONTRADICTOinB DES PROBLÈMES HÉTAPHTSIQOES. lOS

nous saisissons dans les caractères les plus saillants des objets soumis à notre observation une généralité donl nous étendons l'application à toute la série des objets analogues. Cette généralité dépasse donc nécessairement le nombre des cas observés, lequel est toujours minime par rappoit h l'extension indéfinie de la conclusion proposée.

C'est par Yinduclion que s'effectuent les découvertes scientifiques, et que l'on étend à de nouveaux groupes de phénomènes l'action de lois régulatrices. L'extension à une généralité d'une observation qui se réfère à un nombre donné de cas particuliers, s'opère dans l'acte inductif par un mouvement vif et spontané de l'esprit de l'observateur; ce mouvement échappe à toute analyse et se produit par cette intuition spéciale qui constitue le génie scientifique.

Mais il faut bien remarquer que ces révélations scientifiques ne peuvent être valablement proposées et légitimement acceptées lorsqu'on ne les a pas soumises tout d'abord au rigoureux contrôle d'une exacte expérimentation. Sans cet indispensable examen, l'induction n'offrirait h l'esprit que des affirmations précipitées et téméraires, et les plus inconsistantes hypothèses se présenteraient sous l'apparence de vérités scientifiques.

Si la forme iiiductive conduit à découvrir les conditions générales des choses, les lois qui les régissent, la forme déductive est propre à vérifier et à établir la légitimité des assertions inductives. Il nous semble, en effet, qu'en analysant logiquement les conditions formelles de l'expérimentation scientifique, on peut reconnatfre que cette opération reproduit l'argumentation syllogistique sous des formes matérielles et visibles. Ainsi les procédés syllogtstiques et dé-

10& XXAHEII DE U. DOCTRIKB DB KANT.

ductifs, impuissants à découvrir de nouvelles vérités, serâent en revanche éminemment propres à contrôler les résultats acquis, ainsi qu'à les produire d'une manière dogmatique et précise, pourvu que l'argumentation se poursuive avec rigueur et qu'on la dégage de tout élément fallacieux.

L'objet perpétuel de notre intuition intelligible, tout en nous transmettant les forces actives et vivifiantes dont nous sentons incessamment la vertu souveraine, surpasse, rappelons-le, par son infinité, l'étendue limitée de nos facultés mentales, qui ne peuvent en saisir ni s'en représenter les éléments dans leur essence incompréhensible.

Nous avons montré que les formes qui coordonnent nos perceptions intuitives (les notions indéfinies, mais mesurables, d'Espace, de Temps et de Mouvement) nous offrent une déduction, accessible à notre connaissance, des idées absoli^es àHnfinité, à'Étémité et de Force. Nous avons ainsi des idées intermédiaires et indéfinies, qui s'interposent entre les attributs infinis de l'Essence divine et les conditions des existences finies perçues par notre intuition sensible.

Rappelons que ces formes de notre intuition fournissent à notre entendement un champ illimité dans les considérations mathématiques qui s'y rattachent, et qui s'expriment, sans aucune intervention d'éléments matériels, par la Géométrie, l'Algèbre et la Mécanique rationnelle ; et ces sciences, grâce à la simplicité de leur objet, offrent par la marche rigoureuse des raisonnements et par la certitude des démonstrations un Type absolu dont toute systématisation

DISCUSSION CONTBADICTOIBE DES PROBLÈMES META PHTSIQUES. 105

scientifique des autres objets de notre connaissance s'efforce de se rapprocher.

D'un autre côté, les Idées d'unité, de permanence, de concordance et de causalité, lois suprêmes de notre entendement, peuvent également être considérées comme la déduction, sous une forme indéfinie accessible à notre connaissance, de la Vérité absolue et infime, Objet perpétuel de notre intuition intelligible auquel notre esprit limité ne pourrait rattacher directement les perceptions finies qui nous révèlent les existences phénoménales.

Les Idées de Vérité, de Justice, de Béciprocilé et d'Ordre, source des lois de notre vie morale, qui imposent des règles fixes et absolues à nos volitions si diverses et si fugaces, se présentent également à notre esprit comme des formes indéfinies, déduction des attributs infinis de l'Essence divine, et c'est par elles que nous fîxons et gouvernons les mouvements désordonnés et multiples de notre activité volontaire.

Ces lois, conçues dans leur essence, constituent notre personnalité en tant qu'Êtres intelligents; elles sont les conditions de l'exercice de la vie rationnelle, de la vie spécialement humaine. C'est par elles que la moralité humaine s'élève jusqu'à envisager l'ensemble des conditions phénoménales de notre existence, quelles qu'elles soient, comme une matière plus ou moins rebelle offerte à notre activité morale, pour qu'elle la façonne par un travail incessant, et qu'elle s'efforce d'en extraire une œuvre impérissable et vivante, exprimant le type divin de perfection idéale qui brille au fond de notre conscience.

Enfin la vivifiante influence de ces principes maintient et développe les associations humaines et assure le perfection-

106 EXAMEM DE LA KWTRIHE DE KANT.

nement progressir de la vie collective, dans les limiter des lumières et de la puissance de ces cercles sociaux.

Toutes ces déducliotiSf compréhensibles à notre esprit, d'un Objel invisible à nos sens, impénétrable à notre pensée, constituent un ensemble de Révélations qui expriment les conditions de la vie humaine, de la vie rationnelle et sociale. Elles lient notre existence phénoménale à l'Essence réelle et infinie ; elles sont la lumière de notre intelligence et la règle de notre vie pratique; elles découvrent à nos yeux l'Ordre idéal dont nous sommes en devoir d'introduire l'image dans toutes les sphères de la vie sociale, et elles rattachent nos pensées, nos sentiments et nos actes à la Sagesse suprême dont ils émanent, et par laquelle ils subsistent.

Ces Lois révélatrices offrent à la Raison un champ indéfini pour ses nobles exercices; elles constituent tout l'objet de la Philosophie, et c'est par leur méditation perpétuelle qu'on parvient à la connaissance des choses divines et humaines. Elles nous tracent une route lumineuse, où l'esprit humain marche d'un pas assuré entre les insondables profondeurs du mysticisme, où notre intelligence stupéfiée s'abîmerait dans une contemplation stérile, ou se livrerait aux pratiques d'un ascétisme insensé, et les gouffres du matérialisme, ofi notre imagination déréglée nous ravalerait jusqu'à l'infime condition des êtres irrationnels.

Enfin ces lois ne se découvrent pas à notre pensée par des discursions dialectiques et par un enchaînement de propositions logiques. Elles nous sont inhérentes et se montrent à notre esprit lorsque nous observons exactement les manifestations de la vie individuelle et sociale, et que nous en recueillons les caractères permanents et essentiels. Nous retrouvons ces caractères divins dans les manifestsUoDs de

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