‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 30 sur 44 · DES ANT1K0IIIE3 DTHAUIQUBS · texte numérisé non relu

DES ANT1K0IIIE3 DTHAUIQUBS

des existences, lesquelles, tour à tour effets et cames, reçoivent et transmettent l'épanchement du principe vital dont l'action incessante anime et conserve la Nature. Les causes apparaissent alors avec toute leur vertu active et effîciente ; ce ne sont plus des entités logiques, mais des agents vivants et réel::. Il est dès lors impossible de les concevoir les uns et les autres indifféremment sous des acceptions d'une égale valeur intrinsèque ; on a, d'un côté, des agents actifs qui transmettent l'élément vital, de l'autre, des objets passifs qui le reçoivent et s'en nourrissent, et qui, devenus actifs à leur tour, communiquent h d'autres existences le mouvement et la vie. .

Les notions de causes et A'effets nous représentent donc des centres réels A'activité et de passivité dont la série tout entière se rattache au Dieu vivant et è son inépuisable Providence.

La loi de causalité exprime ainsi, quoi qu'en dise Kant, la direction naturelle et nécessaire de nos facultés mentales ; elle s'étend dès lors à tous les objets de notre connaissance, et nous les rapportons nécessairement k une Cause suprême et absolue qui régit toutes les existences par des lois invariables.

Nous avons vu que dans cette discussion de la troisième Antinomie, Kant avait entrepris de concilier les mouvements spontanés et libres de la volonté avec la succession régulière des phénomènes extérieurs ; mais cette prétendue conciliation n'aboutit qu'à un arrangement verbal, sans éclaircir en quoi que ce soit la question proposée. En effet, si dans toute détermination résultant d'un choix entre deux actes différents ou opposés, le cours des événements extérieurs vient à se poursuivre avec leur liaison nécessaire, quelles que soient

cette détermination et la délibération qui l'a précédée, le résultat effectif est absolument nul, et le sentiment de la liberté de la détermination est illusoire quant à ses conséquences réelles.

Quand on examine cet insoluble problème de l'accord de la liberté humaine avec la marche de lois générales préétablies, il faut le présenter dans toute son étendue, en se reportant à la prescience divine qui embrasse toutes les choses, et qui détermine dans sa prévoyance infinie les mouvements des esprits autant que ceux des corps. Comrae nous l'avons montré ailleurs (1), c'est là un de ces mystères absolument inaccessibles à notre intelligence, à laquelle il n'est donné que d'entrevoir les perfections divines. Nous pouvons seulement constater que la conscience humaine afBrme sa liberté et son imputabiUté avec une inébranlable assurance, et qu'elle n'hésite pas davant^e à proclamer t'omniscience de Dieu. Toutes les ingénieuses argumentations des théologiens çt des métaphysiciens pour accorder ces deux termes humainement inconciliables sont demeurées impuissantes, car elles ne pouvaient aboutir qu'à des contradictions flagrantes, L'explication fournie à. cet égard par le philosophe de Kœnigsberg, ainsi que l'exemple qu'il a allégué, repose sur une exposition incomplète du problème, et arrive à un résultat illusoire.

Kant termine ses remarques sur la Thèse par une déclaration fort singulière : il constate que la croyance en une causalité libre a été professée par presque toutes les écoles philosophiques, et cet accord lui semble offrir une raison

(1) Prefazione alla versions italiana del libro di G. B. Yico ; i quisBima Italorum Sapientia, etc. Milano, 1870.

Page 1