‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 41 sur 44 · DE LA RAISON PAATIQUE · texte numérisé non relu

DE LA RAISON PAATIQUE

d'accorder incessamment la pratique et la théorie, les dogmes spéculatifs reçus par la Raison, et les préceptes auxquels se conforme la Volonté.

Nous n'entreprendrons pas d'examiner ici les préceptes de l'Éthique de Kant qu'il a exposés dans des livres du plus haut intérêt; nous croyons d'ailleurs avoir montré suffisamment qu'ils reposent sur des principes inadmissibles.

Ces hautes questions nous ramènent naturellement à la doctrioe des Stoïciens, impérissable monument de la sagesse antique. Cette grande école, perpétuel honneur du genre humain, résumait sa doctrine morale par ce précepte (si souvent répété dans les pages admirables de Sénèque et du divin Marc-Aurèle) maturam seql'er^I oeuh sequere! Suis la Nature ! Suis Dieu !

Naturam seguere, suis la Nature, c'est-à-dire obéis à Bieu. Les lois morales sont ainsi présentées comme constituant la nalttre même de l'homme, en tant qu'être rationnel, comme résultant de la nattire même des choses, manifestation visible de leur divin auteur. Ces lois sont données comme la condition absolue de la vie spirituelle et sociale, vie particulière à l'homme et qui le caractérise en sa qualité d'être appartenant à la Société Rationnelle, à la Société de la Vérité et de la Justice (Societas Veri et ^gui, selon l'expression de Vico).

Recommander à l'homme de suivre la Nature, c'est exprimer que les lois morales veulent une adhésion volontaire, un mouvement actif de notre âme. C'est par une libre adhé-

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sion, que nous nous agrégeons à la Société des êtres ration* nels, et en acceptons la législation et le régime. Refuser ou cesser d'adhérer à cette société, c'est abdiquer notre nature rationnelle, et nous reléguer volontairement dans la tourbe des êtres irrationnels, pour qui disparaissent les lois de la Raison et de la Liberté, pour faire place à celles de la Force et de la Nécessité.

Les lois morales sont l'expression des conditions oéces' saires du maintien et du développement de la vie rationnelle; elles gouvernent l'exercice de notre volonté, comme les lois de notre entendement dirigent notre pensée, et comme les lois physiques régissent notre vie corporelle. Toutes ces lois sont la manifestation de la sagesse divine, et nous révèlent les conditions nécessaires de l'existence humaine, dans tous les développements divers de notre activité.

Les lois inhérentes à notre vie rationnelle déterminent le développement concordant des manifestations de notre volonté, et, en vertu de ces lois, les actes qui se réfèrent à notre personne correspondent avec ceux qui se rapportent aux divers cercles de notre vie sociale. Elles veulent, que dans chacune de ces sphères, quelle qu'en soit l'étendue» il y ait entre nos actes une concordance parfaite, et qu'ils tendent tous vers un même but, vers la réalisation d'un Type idéal d'ordre et de justice. La réalisation de cet Ordre, l'aspiration perpétuelle à cette Justice, constituent la plénitude de cette vie rationnelle^ dont le complet exercice répand dans notre âme un sentiment permanent de bonheur et de pait. Lorsque l'homme enfreint cet Ordre, lorsqu'il détourne ses regards du phare directeur de la Justice, il se place de lui-même dans des coilditions anormales, qui le soumettent infailliblement à des souffrances d'autant plus sensibles, qu'il se aéra écarté davan-

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