LOGIQUE TRANSCENDA NT A LE
duquel tous les objets de notre connaUsance sont considérés par nous comme liés entre eux, ces conceptions supé- Heures qui assurent une base solide à l'exercice de notre entendement ne se bornent pas à différer de nos perceptions sensibles, elles leur sont contradictoires, car elles offrent à notre esprit un caractère absolu de fixité et d'universalité, en complète opposition avec la mobilité et la particularité inhérentes aux données de notre intuition matérielle. Notre intuition supérieure nous révèle ainsi tout un ordre de réalités que nous pouvons penser, mais que nous ne saurions ni nous représenter par des images sensibles, ni déterminer par des concepts rationnels. Ces réalités indéterminables et invisibles n'en sont pas moins les éléments régulateurs de toutes les manifestations de notre activité mentale, tant spéculative que pratique.
Le langage, oîi se retrouve à chaque instant l'expression de ces principes supérieurs, nos pensées, qu'une étude exacte nous montre soumises à des lois nécessaires, notre vie pratique, dont tous les actes, dans leur variété et leur mobilité indéfinies, sont déterminés par des règles impératives et absolues ; tout manifeste dans notre conscience la coexistence d'éléments puisés à une double source d'intuition, ainsi que la prééminence des objets purement intelligibles sur ceux qu'il nous est donné de sentir et de figurer.
Il était utile de rappeler l'origine de ces principes, leur nature et leur valeur, avant de passer à montrer la manière dont ont été conçues par Kant les fonctions de notre entendement et les lois qui en règlent l'exercice.