‹ Examen de la géographie de Strabon: étude critique de la méthode et des sourcesChapitre 22 sur 31 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

D'ARISTOTS À POLYBB. SlàCLB D'ALEXANDRE BT PERIODE GRicO* ALBXANDRINE. PHILOSOPHES, VOYAGEURS, GEOGRAPHES ET HIS- TORIENS.

La même distinction s'imposera, d'une manière plus impérieuse encore, dans l'étude des sources de nature si variée empruntées par Strabon à la vaste période littéraire qui s'étend de l'âge d'Aristote à celui de Polybc. Il nomme de nombreux écrivains qui ont vécu à cette époque; mais il n'a pas une connaissance bien profonde, ou du moins il ne fait pas un emploi régulier, des livres de tous ceux qui ont précédé Ëratosthène. A mesure qu'on se rapproche de l'époque de ce grand géographe, les emprunts de Strabon deviennent plus considérables, plus visibles; mais il est aisé de saisir encore des indices montrant que plus d'une citation est inspirée par l'exemple d'Ëratosthène, plus d'un auteur consulté pour vérifier une assertion rencontrée dans le livre de son principal guide. Cependant il devient plus libre dans ses jugements, se sépare à l'occasion, et non sans vivacité, de cet inspirateur, lui reproche d'avoir mal critiqué ses sources. Pour la période qui précède Alexandre, il était permis de soupçonner que l'érudition de Strabon n'était pas toujours de première main, qu'il nommait parfois, dans le seul but de se conformer à la tradition de l'école d'Alexandrie, des écrivains dont il n'avait point fait une lecture assidue; désormais ses appréciations sont plus personnelles, originales. Cest dans cette période que nous rencontrons ses sources les plus abondantes, d'une part les historiens des campagnes d'Alexandre

et de ses successeurs en Orient, de Tautre Eratosthène et Hipparque.

1. L'écOLE P^RIPATiTIGIENNE; ARISTOTE, THéOPHRASTB ET STRATOIf.

A vrai dire, lorsqu'on déclare que les campagnes du conquérant macédonien en Asie et jusqu'aux confins de l'Inde, ont amené un prodigieux développement des connaissances géographiques, il faut ajouter, pour être juste, que le matlre d'Alexandre avait mis préalablement les sciences d'observation en état d'encadrer un tel afflux de découvertes. La méthode était prête et définitivement établie, avant que ce prodigieux apport de matériaux nouveaux vint solliciter l'ardeur scientifique des Grecs. Tout nous atteste qu'Aristote avait déjà arrêté les principes essentiels de sa doctrine, de sa discipline rigoureuse, avant que le trésor d'observations de tout genre recueillies au cours de la conquête pai*vint à la connaissance des savants. U put en enregistrer une partie; et c'est surtout grâce à lui que l'école d'Alexandrie fut capable dans la suite de faire de ces richesses un emploi raisonné.

Strabon trouvait donc dans les travaux des Alexandrins l'œuvre d'Aristote fondue et répartie en catégories d'un accès plus commode, d*une consultation plus immédiatement utile au géographe. Mais ce n'est pas par cette voie qu'il a atteint les écrits scientifiques du chef des péripatéticiens. Les données d'ordre physique et naturel qu'il mêle à sa géographie, politique et historique par excellence, proviennent presque toutes des traités scientifiques de Posidonius, un de ses inspirateurs préférés, le guide principal de ses recherches physiques. Il nous le laisse entendre fort clairement, quand il déclare que crnos stoïciens reprochent à Posidonius sa tournure d'esprit aristotélique et sa recherche des causes ^^^ ». Lui-même, sans condamner aussi for-

^^^ Slrabon, II, m, 8 : «roAv y dp èalt xo aduo\oytx6p «lapol avr^ juù r6 kpia- "JoreXiiov, Sitep ixx'kivortatv ol iifiéitpot Stà ri^v èxUpv^t» rSh ttinih.

meilement le philosophe d'Apamée^ puisqu'il lui emprunte beaucoup, ne manifeste pas un goût bien ardent pour ces études dont l'imprudence effrayait les stoïciens. A plus forte raison ne se sentait-il pas vivement sollicité vers la lecture des théories scientifiques d'Aristole. Il lui appliquait probablement avec moins de réserve ce jugement qu'il porte sur une partie des œuvres de Posidonius : «ce qui est plus purement physique devrait être examiné ailleurs, ou, pour mieux dire, tout à fait laissé de côté ^'U.

Cependant Strabon ne pouvait manquer de rapporter quelquesunes des théories géographiques d'Aristote; et il n*y a point manqué, sans toutefois consacrer de longs développements à la critique de ces hypothèses. Si nous laissons de côté les citations de caractère purement historique, qui sont d'ailleurs nombreuses, il reste deux ordres d'études, la géographie mathétnatique et la géographie physique, pour lesquels le géographe d'Amasée s'est reporté aux œuvres d'Aristote, soit directement, soit par l'intermédiaire de Posidonius.

Dans l'ordre mathématique, il se contente de critiquer la division aristotélique du monde en zones. Encore cette critique ressemble-t-elle fort à un résumé d'une discussion de Posidonius qui devait être beaucoup plus développée. La place de ce résumé dans l'examen d'ensemble que Strabon consacre à la doctrine de Posidonius, prouve bien qu'il n'a pas étudié de première main le système cosmographique d'Aristote. ce Posidonius rapporte ensuite comment le nom de zone torride était donné par Aristote à la région exactement comprise entre les tropiques, et celui de zones tempérées aux deux régions comprises entre les tropiques et les cercles arctiques. Mais il désapprouve ce second système comme le premier, et il a raison. Car, suivant lui, on doit seulement appliquer le nom de zone torride à la région que l'excès de la chaleur rend inhabitable ^^K n Toute cette longue

(^) Strabon, II, m, 8 : 6aoL iè ^atxéxtpa, èxtaxt^Hop ip éXXott, H ouiè ^popTurliop,

<') Strabon, 11, ii, a.

et intéressante discussion est écrite sous l'influence immédiate du texte de Posidonius que Strabon devait tenir entre les mains ^ ne pas quitter des yeux. Il y a cependant, h la (in de Taii^mentation, une remarque sur la manière de raisonner de Posidonius, qui semble autoriser l'hypothèse d'un recours sommaire au texte d*Aristote ^^). Mais, à coup sûr, Strabon ne s'est pas reporté d'une manière normale aux chapitres des Méiioralûgiqvei qui contiennent les rudiments d'un système cosmogonique. Eo effet, s'il parie de la division en zones,. dont il trouvait à la fois l'exposé et la critique dans le livre de Posidonius, il ne dit rien des évaluations de longueur et de largeur du monde habité, que proposait Aristote, rien de son estimation de la circonférence terrestre, rien du raisonnement qui lui faisait admettre l'existence possible d'un autre monde habitable dans l'hémisphère austral. Remarquons que nous ne savons pas dans quelle mesure Artstote avait modifié les hypothèses scientifiques dIEudoxe de Cnide, qui paratt avoir exercé sur lui une grande influence. Enfin le système d'Eratosthène enlevait aux travaux antérieurs des mathématiciens toute valeur autre qu'une valeur historique; et il n'y avait pas pour Strabon obligation stricte de reprendre l'histoire de la géodésie et de la cosmographie avant Ératosthène, dont l'œuvre faisait loi, non sans raison. Nous constatons un fait, sans porter un jugement inutile. Strabon avait certainement la les travaux d'Aristote sur la cosmographie, en disciple lélé des Alexandrins; mais il n'y eut point expressément recours pour la composition de sa Géographie, et recueillit çà et là, diez des prédécesseurs plus immédiats et plus vraiment géographes, quelques renseignements de cette nature, à titre de curiosité. N'est-ce point aussi le cas pour les observations d'ordre physique et naturel, que nous rencontrons dans son œuvre, accom* pagnées du nom d'Aristote? Leur nombre est plus considérable,

(*) Strabon, It, u, 3 : «lObjecler à Arisiole que ks cercles arctiques ii*existeot

pas pour tous les climats n^est pas un argument d'une séiieuse vaieur elc.9

(if. Aristotc, Météorohg., il, chap. t.

il est vrai; mais la plupart concernent la physique des mers, le mécanisme des vents et des marées, et c'est précisément ce genre de questions que traitait Posidonius dans son wep} ùxsavoS. EnGn, c'est à propos de l'examen d'une des doctrines les pins importantes du célèbre stoïcien sur les marées, que l'opinion d'Aristote est introduite d'une manière tout incidente. On observera que les problèmes de flore et de faune, dont l'étude avait fait la gloire du chef des péripatéticiens , et auxquels Strabon s'intéresse vivement, ne lui sont jamais un prétexte i citer Ari»-' tote. Il y a donc bien des chances de ne point se tromper en affirmant que, en cette matière encore, Strabon rapporte de seconde main certaines théories aristotéliciennes. Son opiniott sur leur valeur reflète sans doute aussi celle de Posidonius; car notre géographe n'était point fort expert, ni désireux de l'être, en matière de sciences physiques et naturelles. Il emprunte à Arîstote un résumé de l'explication des crues du Nil par le régime des pluies de l'intérieur de l'Afrique, mais se hftte d'ajou-^ ter qu'Aristote tenait cette explication du physicien Thrasyalcès,

Thrasyalcès de Thaïes, et Thaïes d'Homère : il termine

sa rapide incursion dans le domaine scientiflque, en nommant ceux de ses contemporains qui avaient étudié la même question, mais se garde bien de prendre parti. Ailleurs, il rapporte brièvement la théorie aristotélicienne de la formation des champs pierreux de la Crau par des phénomènes volcaniques; mais, là encore, le nom de Posidonius accompagne celui d'Aristote, indi* quant une citation de seconde main. Il n'y aurait dans ce procédé, familier aux polygraphes du siècle d'Auguste, rien de bien surprenant; et, après tout, Aristote cité sur la foi de Posidonius, homme d'une science reconnue et incontestable, pourrait l'être exactement. Mais Strabon n'a point recueilli avec intention, avec un parti pris logique, les données de nature scientifique chez les seuls savants; un pareil souci de méthode lui est étranger. Il rencontre, dans les œuvres les plus différâtes, des citations intéressantes pour les lecteurs cultivés auxquels il

s'adresse; vite il les transcrit et les insère dans son texte. Ainsi nous trouvons un souvenir d'Aristote dont Torigine est le livre du grammairien Apoliodore; Texerople de l'illustre philosophe y était invoqué, sans le moindre respect, pour démontrer qu'Homère n'avait pas seul raconté des légendes invraisemblables et indignes de foi, qu'Aristote lui-même avait imaginé des et cailloux en terre que la pluie faisait fondre >9.

Encore une fois, toutes ces recherches l'intéressent peu et sont étrangères à son dessein; donc il ne se préoccupe pas vivement d'être informé aux meilleures sources. L'antiquité agitait un certain nombre de questions physiques, comme celles qui touchent à l'origine et au mécanisme des volcans, à la production des sources, au régime des marées, à la régularité des vents; tout homme ayant reçu une éducation libérale voulait, au temps d'Auguste plus que jamais, se tenir au courant des hypothèses les plus vraisemblables que proposaient les savants. Strabon désirait que son livre contint ces ornements, ces curiosités, dirions-nous aujourd'hui. Il réservait ses précautions, sa critique et ses scrupules de conscience pour les recherches historiques et archéologiques. Je croirais volontiers qu'il a demandé directement à Aristote des notions de ce genre; car, toutes les fois qu'il nomme le philosophe à propos d'études d'ethnographie, de migrations de peuples, de fondations de villes, il nous est impossible de découvrir l'emploi d'un intermédiaire. Et il a beaucoup emprunté h Aristote en cette matière; tout ce qu'il dit du gouvernement des Acarnaniens, des Etoliens, des Locriens Opun tiens, des Mégariens, a cette provenance; il en est de même d'un grand nombre de renseignements ethnographiques sur les Carions et les Lélèges ^^K

(*) Sli*abon : H , ii , q , discussion sur la division aristotélicienne de la terre en zones d'après Posidonius; III, m, 3, discussion de la théorie d^Aristote sur les marées de la côte d'Espagne, d'après Posidonius; IV, i, 7, discussion de la théorie d*Aristote sur l'origine volcanique des champs pierreux de la Grau , diaprés Posidonius; I, II, 91, discussion de la théorie aristotâidenne des vents, d'après Posido-

Rien n'est plus intéressant que ce contraste entre les emprunts que Strabon fait aux ouvrages scientifiques d'Aristote et ceux qui proviennent de ses traités plus purement historiques. Le génie du chef de l'école péripatéticienne était surtout porté vers la philosophie et les sciences. Or Strabon ne lui demande qu'indirectement les données de cette nature. Ce qu'il recherche de préférence, ce sont les indications contenues dans des œuvres en somme secondaires, au regard de ses traités fameux de métaphysique, de physique, de météorologie, d'histoire naturelle. Est-il une preuve plus convaincante de la ténacité avec laquelle notre géographe reste fidèle à son projet initial de donner le premier rang à tout ce qui peut intéresser et séduire ses lecteurs préférés, hommes politiques, avides d'études littéraires, historiques et archéologiques?

La même cause nous explique pourquoi le nom de Théophraste, disciple d'Aristote, héritier de sa bibliothèque, auteur de célèbres études d'histoire naturelle, est si rarement cité par Strabon. On s'attendrait à voir le géographe lui emprunter nombre de renseignements de flore et de faune; car Théophraste avait pu profiter mieux qu'Aristote des curieuses observations de cette nature qu'on devait aux campagnes d'Alexandre et de ses

nias; VII, m, 6, il rappelle, diaprés Apollodore, qu'Anstote croyait A rexistence de pierres qae la ploie faisait fondre ; XYII , i , 5 , explication aristot. des cnies du I^il, d'après Posidonius; VII, tu, a , Strabon dte et adopte Topinion d^Aristote sar le rdle des Lélèges en Acaroanie, en Elolie, en Locride, en Béotie, à Mégare : al kptaloiéXovs «oAitcÎoi itiXovatPi VIII, ti, i3 et VIII, fi, i5, Aristote cité à propos du r^e des Driopes et des Cariens en Argolide ; X , i , 3 , Strabon renvoie à Aristote pour Texplication du nom de kSaprit donné autrefois à Vile d^Eubée, en particulier par Homère; X, i^ 8, Aristote dté pour Tbistoire de la colonisation des Gbalcidiens en Italie et en Sicile.

Il est un passage, un seul, dans lequel Strabon invoque l'autorité d'Aristote en matière de géographie physique, sans nommer Posidonius; c'est celui qu'il consacre à la réfutation de la légende du fleuve indien Sila (XV, i, 38). Mais il se hâte d'en revenir à des études plus proches de la géographie : 6aa éiXXa rffg ytùyypaipiat êyymép^. Cf. aussi, XV, i, 39, une citation directement empmntée à Aristote sur la fertilité de l'Egypte et la fécondité de sa population (Cf. Hi$t. on.,

généraux dans Tlnde. Or le nom de Tbéophraste évoque surtout en lui un souvenir cher aux érudits Alexandrins et en général à tous les hommes d'études de Tantiquité» celui de la fameuse bibliothèque d'Aristote. Je me trompe; Strabon se rappelle aussi un traité sur FAmour qu'avait écrit ce savant naturaliste; il le cite, à propos de Lébène, emporion de Gortyne, patrie de Leucocomas et de son amant Euxynthetos. Ce n'est point avec des yeux de géographe que Théophraaie ('), on le voit, a été consulté. Strabon a tenu à ne pas omettre un fait d'histoire littéraire aussi important que le legs de la bibliothèque du grand philosophe; puis, chemin faisant, il a inséré dans son récit une anecdote sans doute fort connue que Ton attendait dans une nomenclature des villes Cretoises.

Straton, élève de Tbéophraste, dont les études de physique firent loi longtemps parmi les Alexandrins, est cité en un seul passage; mais il semble, au premier abord, si Ton considère l'ampleur de la discussion que Strabon consacre à l'une de ses théories, que ses œuvres aient été examinées de près et directement. Le géographe d'Amasée expose et conteste l'opinion de l'ingénieux savant sur les causes de la rupture de l'isthme qui occupa jadis la place du détroit de Byzance; il aborde même ce débat de pure physique avec une audace dont il n'est point coutumier en la matière. Mais la place même du développement en indique clairement la provenance; Strabon avait, en rédigeant une des rares études de ce g^enre que contienne son livre, la première partie de l'ouvrage d'EratosÛiène sous les yeux; il nous dit lui-même que son illustre prédécesseur, après avoir établi b loi de la sphéricité de la terre, étudiait les causes des modifications de relief produites à sa surface par l'invasion ou le retrait des eaux marines. Straton a été connu de seconde main , à travers le compterendu que donnait Eratosthène de ses doctrines principales ^'^l

(0 Strabon : XIII, i, 56, iega de la bibliothèque d*Aristote; X, iv, i a, citatioii empruntée au Utpl ipenot de Tbéophraste.

'') Cf. Strabon, I, m, 3 et siiiv. : éht aiptupoetUls ii a^^-Etuta, o^ ék ix réppov

Ainsi Técole péripatijticicnne, à laquelle on doit une vëri* table rénavaiion des sciences naturelles et physiques, dont la géographie ancienne pouvait tirer grand parti, n'a point vive* nient attiré l'attention de Strabon. Ce n'est pas que d'autres géographes n'aient employé les travaux scientifiques d'Aristote^ de Théophraste, de Straton; Eratosthène et Posidonius, que Strabon met au premier rang des gé(^[raphes, résumaient et discutainlHdi doctrines de cette école philosophique qui fut Torigine àe Técole d'Alexandrie. Ce n'est pas que Strabon se refuse à mêler à sa géographie, où l'histoire prédomine, des notions empruntées à l'étude des plantes, des animaux, des grands phénomènes de la nature. Mais, à vrai dire, le souci de donner aux sciences la place qui leur appartient en géographie, est mieux exprimé dans ses prolégomènes que satisfait dans le corps même de son ouvrage. Et rien n'est plus naturel que cette contradiction pratique. Ce n'est pas dans son introduction seule qu'il faut étudier Strabon pour déterminer la méthode et le dessein qui lui sont particuliers; là, il est sous l'impression de la lecture des œuvres dogmatiques de ses prédécesseurs; ses déclarations de principes sont un écho des idées d'Ératosthène, d*Hipparque» de Posidonius» génies faits de philosophie et de science. Mais, dès qu'il arrive à la géographie descriptive, il reprend sa liberté et redevient lui-même; c'est là, à travers les inq^iudes de plan et d'idées auxquelles ne saurait échapper i^Hpiieieux auteur d'une Kokoaawpyla^ que nous retrouvons l'érudit, amateur d'histoire et d'archéologie. Qu'on nous pardonne cette expression, le masque philosophique, dont il s'était gravement et péniblement couvert, pour écrire une introduction digne de ses devanciers, tombe; le personnage nous apparaît dans toute son originalité, à moitié et plus d'à moitié historien gênéralisateur, comme Polybe, et déjà quelque peu compilateur, à

ié, é}J< êxju uyè$ dptfiioXias imaa^TiiftaTtaftûâv aûrfft, ol aviiSaipovatP ix

Te aèato* xm mvpos xai aetafiùp xai

I, m, /| : T«Crra i* e/«^ ti^v 'Lrpdrûnfos èmuveî Séfyp rov ^vaixo9

â&O DEUXIÈME PARTIE.

la façon de Diodore de Sicile et de Denys d'Halicarnasse. Quel rôle eussent rempli, dans cette géographie d'une allwe si libre et si peu dogmatique, les profondes recherches d'Aristote et de ses disciples sur les mystères de la nature? Et surtout quel intérêt y auraient pris les hommes de cette société si polie, si curieuse de toucher à toute science, sans en trop approfondir aucune, si affranchie de préjugés de race, si amie de la civilisatÛKi grecque, dont Gicéron est à nos yeux le représentant le plaiM||pibient?

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