IV. L'HISTOIBB; TIMfa
Nous constaterons une fois de plus, en citant Timée parmi les sources très secondaires de la Giographie de Strabon, que notre géographe fait un cas médiocre des historiens antérieurs k Po«lybe. Cependant les œuvres de Timée appartenaient à un genre qu'en général il estime; et l'auteur y avait fait preuve de qualités auxquelles un des contemporains de Strabon, Diodore, et d'autres écrivains de l'antiquité ont rendu justice. La conscien-
(^) Strabon , IX , i , 1 9; cf. aussi 1 , 11 , 87 : sur la topographie des erreurs d'Ulysse. Strabon semble souvent le citer d'après Apollodore, qui attaquait Callimaquc et défendait la doctrine d'Ératosthène sur la géographie homérique.
(*) Strabon, X, i?, la : sur Remplacement du temple do Zeus Dicl«!Os en Crète.
cieuse chronologie de l'historien de Tauromënium, le cadre régional de ses compositions ^ixeXixà xaà iraXixdy ^ixeXtxà »oà EXXriviKd^ son esprit critique poussé aussi loin que possible, trop loin peut-être, bien des causes semblaient désigner Timée à l'attention de Strabon. Mais Polybe avait prononcé contre son prédécesseur inmiédiat un arrêt sévère, avait blâmé sa légèreté, ses emportements, ses excès de critique. Une autre raison lui avait valu la rigueur de Polybe; Timée avait violenmient attaqué Éphore. Strabon, si l'on en juge par le nombre fort médiocre de ses emprunts, adopta cet avis de son historien de prédilection; il est même possible que ses citations de Timée, généralement accompagnées d'une critique de Polybe ou d'Artémidore aient été faites de seconde main, d'après les livres de ces deux auteurs (^).
En résumé, Strabon ne paraît avoir consulté directement que fort peu d'auteurs originaux de la période que nous pourrions appeler gréco-alexandrine. C'est dans l'œuvre d'Éralosthène qu'il a pris, sinon toutes ses citations, du moins toutes ses opinions, à peu de chose près, sur les auteurs de relations indiennes; il a parfois modifié les appréciations du géographe alexandrin en se reportant aux collections postérieures de Parthica et de Mithridatica. L'exception la plus remarquable à cette docilité, docilité que tous les anciens ont imitée, est son rejet du témoignage de Pythéas. A ce fait on reconnaît que Polybe est son guide pour l'examen des plus anciens auteurs de relations sur l'Europe occidentale.
^" Strabon, IV, i, 8 : sur le nombre des bouches du Rhône; citations diaprés Polybe et Artémidore; V, iy, 9 : sur les iles Pithëcusses, citation directe; VI, 11, à : sur TAIphée et la source Arélhuse; XIII, i, 39 : sur Périande; citations diaprés Dëroétrius de Skepsis.