Gall, t. IV, p
« Donnez aux animaux, dit-il encore, des face cultes fondamentales, et vous avez le chien qui u chasse avec passion, la belette qui étrangle les « poules avec fureur, le rossignol qui chante à « côté de sa femelle avec passion 1, etc. »
Eh! sans doute. Mais quelle philosophie que celle qui croit expliquer un fait par un mot! Vous remarquez tel penchant dans un animal, tel goût, tel talent, dans un homme : vite, une faculté particulière pour chacune de ces choses ; et vous croyez avoir tout fait. Vous vous trompez ; votre faculté n'est qu'un mot; c'est le nom du fait, et toute la difficulté reste.
Et, d'ailleurs, vous ne parlez que des faits que vous croyez expliquer; vous ne parlez pas de ceux que vous rendez inexplicables. Vous ne dites rien de l'unité de l'intelligence , de l'unité du moi, ou vous la niez. Mais l'unité de l'intelligence, l'unité du moi, est un fait de sens intime; et le sens intime est plus fort que toutes les philosophes.
Gall parle toujours d'observation, et lui-même était, en son genre, un observateur plein de finesse. Mais, à suivre l'observation, il faut la suivre jusqu'au bout, il faut accepter tout ce qu'elle donne; et l'observation donne partout, montie
t. Gall, t. IV, p. 330.
partout, et par-dessus tout, l'unité de l'intelligence, l'unité du moi.
La philosophie de Gall ne consiste qu'à transformer en intelligences 'particulières chacun des modes1 de l'intelligence proprement dite.
« On veut, disait déjà Descartes, qu'il y ait en « nous autant de facultés qu'il y a de vérités à « connaître.... Mais je ne crois point qu'on puisse « tirer aucune utilité de cette façon de penser; « et il me semble plutôt qu'elle peut nuire, en a donnant sujet aux ignorants d'imaginer autant « de diverses petites entités en notre âme2. »
On pense bien que Gall, qui ne voit dans le mot intelligence qu'un mot abstrait exprimant la somme de nos facultés intellectuelles, ne voit aussi, dans le mot volonté, qu'un mot abstrait exprimant la somme de nos facultés morales.
Il avait défini la raison : « le résultat de l'ac- « tion simultanée de toutes les facultés intellec- « tuelles3; » il définit de même la volonté : « le « résultat de l'action simultanée des facultés in-
1. « Je trouve en moi, dit Descartes, diverses facultés de « penser, qui ont chacune leur manière particulière..., d'où je « conçois qu'elles sont distinctes de moi, comme les modes le « sont des choses. » T. I, p. 332.