Ibid
3. De l'homme, de ses facultés intellectuelles, etc., t. 1, p. 18(J.
DE <A nncTltlNK Bfl CÊN1 RAL. 1 8
1er, à Sœmmering, à Cuvier, etc. Tous ont vu, tous ont dit que le eerveau est le siège de ruine, et qu'il Test à l'exclusion des sens. La proposition que le cerveau est le siège exclusif de l'àme n'est donc pas neuve, n'est donc pas de Gall ; elle était dans la science avant qu'eût paru sa doctrine.
Le mérite de Gall, et ceci même n'est pas un médiocre mérite, est d'en avoir mieux compris qu'aucun de ceux qui l'avaient précédé toute l'importance, et de s'être dévoué à la démontrer. Elle était dans la science avant Gall ; on peut dire que depuis Gall elle y règne. Prenant chaque sens en particulier, il les exclut tous, l*nn après l'autre, de toute participation immédiate aux fonctions de L'intelligence1! Loin de se développer en raison directe de l'intelligence, la plupart se développent en raison inverse. Le goût, l'odorat, sont plus développés dans le quadrupède que dans l'homme; la vue, l'ouïe, le sont plus dans l'oiseau que dans le quadrupède. Le cerveau seul se développe partout en raison de l'intelligence. La perte d'un sens n'entraine point la perte de l'intelligence. Elle suivit au sens de la
1. Il sépare trt'sbien les sens de l'intelligence; mais, comme on le verra plus loin, il donne à chaque sens lous les attributs de l'intelligence. Il échappe à une erreur pour tomber dans une autre.
vue, à celui de l'ouïe; elle survivrait à tous. Il suffit d'interrompre la communication d'un sens quelconque avec le cerveau, pour que ce sens soit perdu. La seule compression du cerveau, qui abolit l'intelligence, les abolit tous. Loin donc d'être organes de l'intelligence, les organes des sens ne sont même organes des sens, ils n'exercent ces fonctions mêmes d'organes des sens que par l'intelligence, et cette intelligence ne réside que dans le cerveau.
Le cerveau seul est donc l'organe de Pâme. Mais cet organe de l'àme, est-ce le cerveau tout entier, le cerveau pris en masse? Gall l'a cru; et Spurzheim, à l'exemple de Gall; et tous les phrénologistes venus ensuite, à l'exemple de Gall et de Spurzheim.
Et pourtant, il n'en est rien. Si l'on enlève le cervelet à un animal, il ne perd que ses mouvements de locomotion ; si l'on enlève ses tubercules quadrijumeaux, il ne perd que la vue; si l'on détruit sa moelle allongée, il perd ses mouvements de respiration, et, par suite, la vie1. Aucune de ces parties, le cervelet, les tubercules quadrijumeaux, la moelle allongée, n'est donc organe de l'intelligence.
1. Voyez mes Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, seconde édition. Pari?, 1842.
Le' cerveau proprement dit seul l'est. Si Ton enlève, sur un animal, le cerveau proprement dit, ou les hémisphères, il perd aussitôt l'intelligence, et ne perd que l'intelligence1.
Le cerveau pris en masse, V encéphale, est donc un organe multiple; et cet organe multiple se compose de quatre organes particuliers : le cervelet, siège du principe qui règle les mouvements de locomotion; les tubercules quadrijumeaux, siège du principe qui anime le sens de la vue ; la moelle allongée, siège du principe qui détermine les mouvements de respiration; et le cerveau proprement dit, siège, et siège exclusif de l'intelligence'2.
Lors donc que les phrénologistes placent indifféremment les facultés iniellectuelles et morales dans le cerveau pris en masse, les phrénologistes se trompent. Ni le cervelet, ni les tubercules quadrijumeaux, ni la moelle allongée ne peuvent être pris pour sièges de ces facultés. Toutes ces facultés résident exclusivement dans le cerveau proprement dit ou les hémisphères.
La question du siège précis de l'intelligence a donc grandement changé depuis Gall. Gall croyait que l'intelligence résidait indifféremment dans
1. Voyez mes Recherches expérimentales sur les propriétés et les fondions du système nerveux.