Des maladies mentales, t. II, p
4. Pinel, Traité médico-philosophique de l'aliénation mentale, p. 188 et 189.
« portait les aliments à sa bouche (dit Esquirol « d'une idiote de ce degré), elle faisait un lé- « ger mouvement des lèvres et de la tète, comme ce pour les éloigner du corps qui lui était prête sente. En poussant la cuiller dans la bouche, a les mâchoires s'écartaient ; mais il fallait porter « la cuiller jusqu'à l'œsophage, pour que les ali- « mentsse précipitassent dans l'estomac1. »
Je n'ai pu lire ceci sans me rappeler les animaux auxquels , dans mes expériences sur l'encéphale, j'avais enlevé le cerveau proprement dit2 tout entier. Ces animaux ne mangeaient plus d'eux-mêmes; ils résistaient aux efforts qu'on faisait pour leur ouvrir la bouche ; il fallait porter les aliments jusque dans leur gosier; ils ne les avalaient qu'alors.
L'animal qui a perdu son cerveau proprement dit tout entier a perdu tout instinct, toute intelligence, toute volition. Il a perdu tout mouvement volontaire, et cependant il avale, parce que l'action d'avaler ne dépend pas de la volonté. Il suffît qu'un corps touche le pharynx pour qu'aussitôt la déglutition s'opère. En d'autres termes, il y a une suite de mou-