I. Voyez le t. 11. de l'ouvrage de Gall, p. 191 — i
ol DU TRAITEMENT INTELLECTUEL 1>E LA FOLIE. 159
a la ♦maladie. Dès lors, Gall devint muet; il m avait pu avec une complète certitude remonter « de l'effet à la cause, mais de la cause il ne « put jamais descendre jusqu'à l'effet. On eût dit * que sa science, tout à l'heure si fertile, venait m de l'abandonner '. »
A la mort de Gall, le Muséum d'histoire naturelle a acheté sa collection. Or, dans cette collection se voient, méthodiquement rangées, trois portions de crâne attribuées à trois individus différents : à un musicien, et cette portion montre l'organe de la musique ; à une baronne qui se serait suicidée dans un accès de monomanie triste, et cette portion montre l'organe de la circonspection ; à un marchand devenu fou d'amour, et cette portion montre l'organe de l'amour, de Yérotomanie.
Leuret a eu l'idée d'examiner ces trois portions de tète, et il s'est trouvé qu'elles ne sont, toutes trois, que trois portions d'une même tète.
«La calotte du crâne, dit-il, enlevée par la « scie, a été attribuée à la baronne ; la base, en m partie désarticulée et en partie brisée de droite « à gauche au niveau du corps du sphénoïde, et u séparée ainsi en portion antérieure et en por-
j. I». ta.
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« tion postérieure, a été attribuée aux deux autres a individus, la première au musicien, la seconde « au marchand devenu erotique ; or le tout réuni « forme une belle tète d'homme, sur laquelle on « voit les bosses pariétales développées, comme « elles le sont ordinairement chez l'homme, ce « qui a permis à Gall de doter la baronne des (( deux organes de la circonspection dont il avait « besoin afin de la rendre aussi craintive qu'elle « devait l'être pour avoir peur de tout et ter- « miner sa vie par un suicide. Préparez donc <( l'avenir d'une science avec des faits ainsi ar- « rangés ' ! »