DES FACULTÉS
Toute la philosophie de Gall consiste à substituer la multiplicité à l’unité. A un cerveau , général et un (1), il substitue plusieurs petits cerveaux ; à une intelligence , générale et une ,
(1) Il ne s’agil ici que du cerveau proprement dit (/o6c* ou kémUphère$ ciribraux). Le reste de l’encéphale ne sert pas à l’inlelligence. Voyez le précédent article, p. 19 cl suiv.
il siibstiltic plusieurs intelligences indiriduelles (1).
Ces prétendues intelligences individuelles sont les facultés.
Or Gall admet vingt-sept des ces facultés, chacune desquelles (puisque chacune est une intelligence propre) a sa faculté perceptive , sa mémoire , son jugement , son imagination , et le reste (2).
Il y a donc vingt-sept facultés perceptives , vingt-sept mémoires , vingt-sept jugements , vingt-sept imaginations, etc.
Car , si l'on en croit Gall, chaque attribut n'est pas moins di.stinct que chaque faculté. La mémoire, le jugement, l'imagination, etc., d’une faculté , ne sont pas la mémoire , le jugement , l'imagination d'une autre.
(1) InlfUigeneet indicidueltei : expression de Gall. « Chaque iniciligencc individuelle a son organe propre. » T. IV, p. 341.
(2) Les instincts in(>mes, selon Gall, ont leur mémoire, leur imagination, etc. « L'instinct de la propagation, celui de l’amour de « la progéniture, l'orgueil, la vanité, ont, sans contredit, leur « faculté perceptive, leur souvenir, leur mémoire, leur jugement , « leur imagination, leur attention propre. » T. IV, p. 331. « Les » penchants, les sentiments, ont aussi leur jugement, leur goét, « leur imagination, leur souvenir cl leur mémoire. » Ibid., p. 344.
« Le sens des nombres , dit-il, a un jugement « pour les rapports des nombres : le sens des « arts, un jugement pour les ouvrages de l'art ;
« mais , où la faculté fondamentale manque , le « jugement relatif aux objets de cette faculté doit « nécessairement manquer aussi (1). »
Il dit encore : « Il est impossible qu’un in-'
« dividu ait de l'imagination et dujugement pour * « des objets pour lesquels la nature lui a refusé « la faculté fondamentale (2). »
Ainsi donc, point de doute : il y a vingt-sept s
facultés ; et , puisqu'il y a vingt-sept facultés , il y a vingt-sept mémoires, vingt-sept jugements, vingt-sept imaginations, etc.
En un mot , plus d’intelligence générale , et vingt-sept intelligences particulières, avec trois ou quatre fois vingt-sept attributs distincts pour .. chacune : voilà toute la psychologie de Gall.
Poursuivons. Les -vingtVsept facultés de Gall sont : l’instinct de la propagation , l'amour de la progéniture , l’instinct de la défense de soimême, l’in-stinct carnassier, le sentiment delà
(1) Gall, l. IV, p. 325.
(2) Jbid.
propriété, l'amitié, la ruse, l'orgueil, la vanité, la circonspection , la mémoire des choses , la mémoire des mots , le sens des localités, le sens des personnes, le sens du langage , le sens des rapports des couleurs, le sens des rapports des sons, le sens des rapports des nombres, le sens de la mécanique, la sagacité comparative, l’esprit métaphysique, l’esprit caustique, le talent poétique , la bienveillance, la mimique, le sens de la religion , * la fermeté.
Gall dit que ces facultés sont innées (1); et cette assertion ne sera sûrement pas contestée.
Locke, qui a si fortement combattu les idées innées, n’a jamais nié Vinnéité de nos facultés.
11 les pose toujours comme naturelles^ c’est-kdire innées (2).
Condillac lui-méme qui reproche à Locke d’avoir regardé les facultés de l'âme comme quel-
(1) Voyez surtout le t. II, à la p. 5.
(2) « Si j’avais affaire, dit-il, à des lecteurs dégagés de tout « préjugé, je u'aurais, pour les convaincre de cette supposition (la « supposiiion des idées innées), qu’à leur montrer que les hommes •> peuvent acquérir toutes les connaissances qu’ils ont par le simple « usage du leurs facultés naturelles » tssai philosi,phxque sur l'entendement humain, liv. 1, chap. i.
que chose d’inné , Condillac , lorsqu'il fait ce reproche à Locke, confond les facultés de l’dme avec les opérations de /’dme(l).
Or, ce qui est très vrai des opérations de l’ âme ne l’est pas de ses facultés. Toutes les facultés de râme sont innées et contemporaines, car elles ne sont toutes que des modes de l'âme, car elles ne sont toutes que l’âme même considérée sous divers aspects. Mais les opérations de l’âme se succèdent et se génèrent. Pour qu’il y ait mémoire , il faut qu’il y ait eu perception ; pour qu’il y ait jugement , il faut qu’il y ait souvenir ; pour qu’il y ait volonté , il faut qu’il y ait eu jugement, etc.
Après avoir dit que les facultés sont innées , Galldit qu’elles sont indépendantes (fL).
Et si , par indépendant, il entend distinct , rien encore de moins contestable.
(1) « Locke se contente, dit-il, de reconnaître que l'âme aperçoit, « doute, croit, raisonne, connaît, veut, réfléchit ; que nous sommes « convaincus de l’existence de ces opérations. ... ; mais il parait les « avoir regardées comme quelque chose d’inné. » Il avaitdit, quelques phrases plus haut : « Nous verrons que toutes les facultés de U l’dme lui ont paru des qualités innées » Traité des sensations (Extrait raisonné).
(2) Voyez surtout le t. III , à la p. 81.
IVJais si , par ce mol indéjjendant , il entend (comme il l'entend en effet) que chaque faculté est une intelligence propre, la question change et la difficulté commence.
Car, si chaque faculté est une intelligence propre , il y a donc autant d’intelligences que de facultés ; l’intelligence n'est donc pas une ; le moi n’est donc pas un. Je sais bien que cela même est précisément ce que veut Gall ; il le dit et le redit partout dans son livre ; il le dit , mais il ne le prouve pas. Eh! comment le prouverait-il ?
Prouve-t-on contre le sens intime ?
« Je remarque ici premièrement, dit Descar- « les, qu’il y a une grande différence entre l’es- « prit et le corps, en ce que le corps, de sa na- « ture, est toujours divisible, et que l’esprit est « entièrement indivisible. Car , en effet , quand « je le considère, c’esl-k-dire que je me considère « moi-méme, en tant seulement que je suis une « chose qui pense , je ne puis distinguer en moi « aucunes parties, mais je connais et conçois fort « clairement que je suis une chose absolument « une el entière (1). »
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Gall renverse la philosophie ordinaire ; et , chose qu’il faut bien finir par faire remarquer, sa philosophie, qu'il croit si neuve (l), n'est, h la lettre, que ce renversement même. Dans la philosophie ordinaire il y a une intelligence générale et une, et des facultés qui ne sont que des modes de cette intelligence. Selon Gall , il y a autant d’intelligences particulières que de facultés , et l'intelligence générale n’est plus qu’un mode, qu’un attribut de chaque faculté. Il le dit en termes exprès ;
« La faculté intellectuelle, dit-il, et toutes ses « sous - divisions , telles que la perception , le « souvenir, la mémoire , le jugement, l’imagina- (t tion , ne sont pas des facultés fondamentales , « mais seulement leurs attributs généraux (2). »
Gall renverse la philosophie ordinaire, et puis il veut que toutes les conséquences de la philosophie ordinaire subsistent.
Il supprime le moi, et il vent qu’il y ait une
(t) Il .V prOsenI . dil-il , je puis me flader que le lecteur scia n suflisammeni préparé pour une toute nouvelle pliilosophic , qui « découle immédiatement des forces fondamentales. » T. tll, p. \i.
T. IV, p. 327.
âme. Il supprime le libre arbitre ^ ci il veut qu'il y ail une morale. Il ne fait de l’idée de Dieu qu’une idée relative et conditionnelle, et il veut qu’il puisse y avoir une religion.
11 supprime le moi. Car le moi est l’âme ; l'âme est l’intelligence générale et une ; et, s’il n’y a plus d’intelligence générale, il n’y a donc plus d’âme.
Il n’y a de réel et de positif, selon Gall, que les facultés.
Aussi ces /hc«/<e« seules ont-elles des organes. « Aucun de mes devanciers , dit-il , n’a connu <c ces forces qui seules sont les fonctions d’or- « ganes cérébraux particuliers. (1). »
Par la raison contraire, ni la volonté, ni la raison, ni l’entendement n’ont d’organes. Car ce ne sont pas des forces ; ce ne sont que des noms collectifs, des mots.
« Ces observations suffiront, dit Gall, pour (( faire comprendre au lecteur qu’il ne peut pas (( exister d’organe particulier de la volonté ou « du libre arbitre (‘2). »
(1) T. IV, p. 319.
(2) tbid. p. 311.
Il ajoute ; « 11 peut exister tout aussi peu un « organe particulier de la raison (1). »
11 dit enfin ; « 11 résulte encore de tout ce « que je viens de dire qu’un organe de l’intellect « ou de l'entendement est tout aussi inadmissible « qu’un organe de l’instinct (2). »
II n’y a donc que les facultés. Et ces facultés sont, selon Gall, si distinctes, qu’il donne à chacune un cerveau particulier, un organe à part (3). 11 divise l’intelligence par petites intelligences.
Descartes avait dit : « Nous ne concevons au- « cun corps que comme divisible , au lieu que « l’esprit ou l’âme de l’homme ne se peut con- <( cevoir que comme indivisible; car, en effet, « nous ne saurions concevoir la moitié d’aucune (( âme (4) . » Gall n’en tient compte ; il fait des moitiés d’âme. Il retranche, il ajoute des facultés comme illui convient. Des limites matérielles séparent ces facultés. Il va jusqu’à dire que telle ou telle
(1) Ibid.
(2) Ibid. p. 339.
(3) « Cliaquc intelligence individuelle a son organe propre. » T. IV, p. 341.
faculté agit plus OU moins facilement sur telle ou telle autre, selon que le siège de l'une est plus ou moins voisin du siège de l’autre.
<( Comme l’organe des arts, dit-il, est placé « loin de l’organe du sens des couleurs , cette « circonstance explique pourquoi les peintres « d’histoire ont été rarement coloristes (1). »
Ainsi les facultés seules sont des forces; ces forces seules ont des organes, et ces organes qui les séparent, les séparent assez pour que, dans certains cas, telle ou telle faculté donnée ne puisse plus agir sur telle ou telle autre. Il n’y a donc plus d’unité, plus de faculté une, plus d’intelligence une; et, s'il n’y a plus d’intelligence une, il n'y a plus de moi; et, s’il n’y a plus de moi, il n’y a plus d’âme.
Gall détruit de même le libre arbitre. La volonté, la liberté, la raison, ne sont pour lui, comme je l’ai déjà dit (2), que des résultats.
(( Afin, dit-il, que l’homme ne se borne pas « à désirer, pour qu’il veuille, il faut le concours « de plusieurs facultés supérieures. 11 faut que
(1) T. IV, p. 103.
(2) Voyez le précèdent article»
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(« les motifs soient pesés, comparés et jugés. La (( décision résultant de cette opération s'appelle « la volonté (l). »
« La j-aison, dit-il encoi'e, suppose une action (c concertée des facultés supérieures. C’est le ju- « gement prononcé par les facultés intellectuelles « supérieures (2). »
Ainsi la volonté n’est qu’une décision; la raison n’est (\Ol un jugement . Les facultés se concertent. Singulière philosophie qui substitue partout les fictions du langage aux faits du sens intime, et qui se paie de ces fictions!
Ou le libre arbitre est une force, ou il n’est rien. Gall veut que le libre arbitre ne soit qu’un résultat; Gall détruit donc le libre arbitre.
11 ne fait enfin de l’idée de Dieu qu’une idée relative et conditionnelle. Car il suppose que cette idée vient d'un organe particulier, et il suppose que cet organe peut mam[uer.
« On ne peut douter, dit Gall, que l’espèce
(1) T. IV, |i. 3'tO. Il De loiilos ces faeuWfs riJsullc enfin l.i di^i'ision. C’csl celle ilfrision... ijiii cnI proprenienl la veliinlé el le vouloir. » T. Il, p. iO.ï.
(2) T. IV, p. 3il.
« humaine ne soit douée d’un organe au moyen {( duquel elle reconnaît et admire l’auteur de « l'univers (1). »
« 11 existe un Dieu, âit-il encore, parce qu’il « existe un organe pour le connaître - et pour (( l’adorer (2). »
Mais il ajoute ; « Le climat et d’autres cir- (( constances peuvent entraver le’développement « de la partie cérébrale au moyen de laquelle c< le créateur a voulu se révéler au genre (( humain (3). »
11 ajoute encore : u S’il existait un peuple dont (( l’organisation fût tout-à-fait défectueuse sous (( ce rapport, il serait aussi peu susceptible d’idée (( et de sentiment religieux que tout autre ani- « mal (4) . »
11 ajoute enfin • « 11 n’y a point de Dieu pour « les êtres dont l’organisation n’est pas orginellc- « ment empreinte de facultés déterminées (3). »
Comment! si je n'ai pas un petit organe par-
(1) T. IV, p. 269.
(2) /éid. p. 271.
(3) IbU. p. 252.
(4) Ibid.
(5) T. IV, p. 10.
ticulier (si je ne l'ai pas, car il peut manquer), je ne sentirai pas qu’il y a un Dieu? Eh! comment puis-je être une intelligence qui se sente, sans sentir Dieu? Je ne sens pas plus fortement que je suis que je ne sens que Dieu est. « Cette « idée (l’idée de Dieu) , dit Descartes , est née et « produite avec moi, ainsi que l’est l’idée de « moi-méme (1). »
Mon intelligence qui se sent, et se sent effet, sent nécessairement la cause intelligente qui l’a produite. « C’est une chose très évidente , dit « encore Descartes, qu’il doit y avoir, pour le c( moins , autant de réalité dans la cause que « dans son effet; et, partant, puisque je suis une « chose qui pense... , quelle que soit enfin la « cause de mon être, il fautnécessairement avouer « qu’elle est aussi une chose qui pense (2). »
Je n’ai considéré, jusqu’ici, la doctrine de Gall que sous le rapport spéculatif. Que serait-ce si je la considérais sous le rapport pratique?
Diderot, dans un de scs bons moments, a écrit celte phrase bien remarquable ; (( La ruine de (( la liberté renverse avec elle tout ordre et toute (( police, confond le vice et la vertu, autorise toute « infamie monstrueuse , éteint toute pudeur et « tout remords , dégrade et défigure sans res- « source tout le genre humain (1). »
Rien n'étonne un phrénologiste.
« Imaginons , dit Gall , une femme dans la- « quelle l'amour de la progéniture soit peu dé-
(( veloppé Si malheureusement l’organe du
((meurtre est développé en elle, faudra -t- il (( s'étonner que, de sa main, etc. (2)? »
L’organisation explique tout.
(( Ces derniers faits nous montrent , dit Gall , (( (jue ce penchant détestable (il s’agit du pen- (( chant au meurtre) a sa source dans un vice de (( l’organisation (3). »
{( Que ces hommes si glorieux , dit encore (( Gall, qui font égorger les nations par milliers, (( sachent qu’ils n’agissent point de leur propre
(1) Article Liberté, biclion. enryclop.
(3) Ibvl. p. 21.3.
« chef, que c'esl la nature qui a placé dans leur a cœur la rage delà destruction (1). »
Eh non ! ce n’est pas Ut ce qu’il faut qu’ils sachent, car, grâce h Dieu, cela n’est pas. Ce qu’il faut qu’ils sachent , ce qu’il faut leur dire, c’est que, si la Providence a laissé â l'homme la possibilité de faire le mal , elle lui a donné aussi la force de faire le bien. Ce qu’il faut que l'homme sache , ce qu’il faut lui dire , c’est qu’il a une force libre ; c’est que cette force ne doit point fléchir ; et que l’étre en qui elle fléchit , sous quelque philosophie qu’il s’abrite , est un être qui se dégrade.
Sous le nom de facultés fondamentales , Gall mêle tout ; les passions, les instincts, les facultés intellectuelles. Ces facultés , qui sont la base de toute sa philosophie, il ne sait pas même corn- • ment les nommer. 11 les nomme instincts (2), penchants, sens, mémoires, etc 11 y a la mémoire
(1) Ibid. p. 249.
(2) « Le nom d’instinct convient , dit-il , à toutes ies forces fonn damentales. » T. IV, p. 334. Et il ne s’aperçoit pas que tout est opposé entre les imtincU et Vinlelligence. — Voyez, sur rette opposition entre les instinrli et Vinlelligence, mon lUsumé. analyltgue des Obiertalions de />’. Cuvier sur l'inslinrt cl l’inlelligcnre des animaux. Paris, 1841.
ou le sens des choses, la mémoire ou le sens des personnes , etc. 11 confond l’instinct qui porte certains animaux à vivre sur les lieux élevés avec l’orgueil, sentiment moral de l’homme (1); l’instinct carnassier avec le courage (2); il croit que la conscience ( la conscience qui est l’âme même qui se juge) n’est qu’une modification d’un sens particulier , du sens de la bienveillance (3), etc.
L’hésitation de son esprit se montre partout.
(1) Il rsl vrai que ce rapprochement l’étonne. « La prédilection
« des animaux pour les hauteurs au physique dépendra , dit-il , des « mêmes parties que l’orgueil , sentiment moral de l’homme ! « Que le lecteur s’imagine l’étonnement où me mit un semblable « phénomène » T. III, p. 311.
(2) « Coexistant avec l’amour des combats , il constitue (l’t«i- « tinet carnattier) le guerrier intrépide. » T. 111, p.258. « Je con- « nais une tête qui, quant à l’organe du meurtre, se rapproche n de celle de Madeleine Albert et de la Bouhours, seulement la n nature l’a exécutée sur une plus grande échelle. Voir soufTrir « est pour cet homme la plus grande jouissance; qui n’aime pas le
« sang est méprisable ù ses yeux » T. III, p. 259. La
plume se refuse à transcrire de pareilles choses , qui , fort heureusement , ne sont que de pures extravagances.
(3) « Il résulte de mes réflexions que la conscience n’est autre « chose qu’une modifîcation, une alTcction du sens moral.» T. IV, p. 210. « Il suit, de tout ee que je viens de dire sur la conscience, n qu’elle ne peut nullement être considérée comme une qualité « fondamentale, qu’elle n’est réellement qu’une aiïection du sens n moral ou de la hionvcillancc. » T. IV, p. 217.
(( Je laisse au lecteur , dit-il , le soin de dé (( cider s’il faut appeler la (jualité fondamentale, <( h laquelle ce penchant se rapporte , sens de « l’élévation, estime de soi-méme (1), etc. »
« A proprement parler, dit-il encore, la fer- « meté n’est ni un penchant, ni une faculté ; c’est c< une manière d’étre qui donne k l'homme une « empreinte particulière que l’on appelle le ca- « ractère(2). »
Enfin, il écrit cette phrase, la plus curieuse peut-être de toutes celles qu’il a écrites , car elle met bien dans tout son jour le peu de confiance que lui inspire sa propre psychologie.
« Si nous sommes matérialistes , dit-il , « parce que nous n’admettons pas une face culté unique de l'âme , et que nous recon- (( naissons plusieurs facultés primitives , nous (( demandons si la division ordinaire des face cultés de l'âme en entendement , volonté , cc attention, mémoire, jugement, imagination, c( en affections et en passions , n’exprime qu'une cc faculté primitive et unique. Si l'on dit que
toutes ces facultés ne sont que des modifi- « cations d'une seule et même faculté, qui nous « empêchera d’avancer la même chose des face cultés que nous admettons (1 ) ? »
Rien ne vous en empêche, sans doute Ou plutôt tout vous y contraint. 11 y a donc une facidté une dont toutes les autres facultés ne sont que des modes. Vous revenez donc h la philosophie ordinaire , et par conséquent vous n'avez plus de philosophie propre.
Le problème que s’est proposé Gall est tout à la fois physiologique, psychologique et anatomique
On a vu, dans un premier article, \diphysioloyie de Gall, et l’on a vu qu'elle est formellement démentie par l’expérience directe ; on vient de voir, dans celui-ci, psychologie , et l’on voit qu’elle est démentie par le sens intime. 11 ne reste donc plus qu’à examiner son anatomie.
Dl<: GALL.