‹ Examen de la phrenologie (volume 3)Chapitre 4 sur 7 · DES ORGANES · texte numérisé non relu

DES ORGANES

L'anatomie de Gall est, de sa doctrine, la partie dont on a le plus parlé , et la partie la moins connue.

En 1808, Gall lut à la première classe de l’Insfilut un mémoire sur l’anatomie du cerveau (1);

(1) Recherchf$ tur le tytlèmc ncreeux en général el tur celui du cerveau en particulier ; mémoire prétenU à l'inelilut de France, le 1 4 mars 1808 ; suivi d'Observatians sur le rapport qui CH a Hé fait d cette compagnie par ses commissaires , p.ir F. -J. (î.ill Pt G. Spiirzhcitn. Paris, 1800.

M Cuvier fit un rapport sur ce mémoire Mais, ni dans ce mémoire , ni dans ce rapport , vous ne trouverez un mot de l’anatomie spéciale, de l'anatomie secrète, de ce qu'on pourrait appeler l’anatomie de la doctrine, ou, en d’autres termes , et , comme on dirait aujourd’hui , de l’anatomie phrénologique

L’anatomie du mémoire de Gall n’est qu’une anatomie très ordinaire. Gall veut que les nerfs cérébraux remontent tous, sans exception, de la moelle alongée vers l’encéphale ; il veut que la niatière grise produise la matière blanche; il divise les fibres du cerveau en divergentes et convergentes ; il suppose que chaque circonvolution de cet organe , au lieu d’étre une masse pleine et solide, comme on le croit généralement, n’est qu’un jo/i (f) des fibres nerveuses ou médullaires, etc., etc.

Telles sont les questions discutées par Gall ; et l’on voit assez que , quelque parti qu’on prenne sur ces questions, sa doctrine ne saurait assurément ni rien y gagner , ni rien y perdre.

(1) « La membrane nerveuse du cerveau forme ces plis que l’oir « appelle les circonvolutions. » Avalomie el phytiologie du $yttèmf nerveux, etc., t. 111, p. 82.

Que tel ou tel nerf re;«ow/e ou descende; que la matière blanche soit produite par la matière grise, ou , ce qui est pour le moins tout aussi probable , qu’il n’en soit rien ; que telle ou telle fibre du cerveau sorte ou rentre, diverge ou converge, etc., etc., la doctrine de Ia pluralité des cerveaux, la doctrine des intelligences individuelles n’en sera très évidemment ni plus ni moins certaine, ni plus ni moins douteuse (1).

« Il est essentiel de répéter, disait déjà M. Guet vier dans son rapport , il est essentiel de ré- (( péter , ne fùt-ce que pour l’instruction du « public , que les questions anatomiques dont « nous venons de nous occuper n’ont point (( de liaison immédiate et nécessaire' avec la « doctrine physiologique enseignée par M. Gall « sur les fonctions et sur le volume relatif des « diverses parties du cerveau, et que tout ce que « nous avons examiné touchant la structure de

(1) Spunheira dit avec raison : « Que la direction des fibres soit » connue, qu’on sache que leur consistance est plus ou moins n grande, leur couleur plus ou moins blanche , leur longueur ou « grosseur plus ou moins considérables , etc. : qu’en peut-on con- •' dure sur leurs fonctions î Rien du tout, n Obiervaliom tur la phrénologie , ou la connaittatice de l'homme moral el inlellecluel fondée $ur le$ (oneliont du sgslémc ncrieux. p. 83, Paris , 1818.

« l’encéphale pourrait également être vrai ou (» faux, sans qu'il y eût la moindre chose à en « conclure pour ou contre cette doctrine (1).»

11 ne faut pas se méprendre sur le vrai point de la question. La doctrine de Gall veut une chose, et n’en veut qu'une, savoir, la pluralité des intelligences et des cerveaux (2). C'est là ce qui la constitue doctrine spéciale et propre , c’est-à-dire différente de la doctrine générale , laquelle n'admet qu’une seule intelligence et qu'un seul cerveau. Tout ce qui tend à prouver la pluralité des intelligences et des cerveaux importe donc à la doctrine de Gall, et tout ce qui ne tend pas à prouver \a pluralité des intelligences et des cerveaux est étranger à cette doctrine.

11 y a donc , dans Gall , deux anatomies très

(1) Rapport tur un mémoire de MU. Gall et Spurzheim, relatif (I l'anatomie du cerveau, séances îles 25 avril et 2 niai 1808.

(2) B La détermination des forces fondamentales et du siège de n leurs organes est ce qu’il y a do plus nouveau et de plus frappant n dans mes découvertes. La connaissance des facultés et des qua- •• lilés primitives, et du siège do leurs conditions matérielles , « constitue précisément la physiologie du cerveau. » Gall, Ànatnmir cl phntiolngir du fi/tlcair «crcfiiar, etc. T. 111, p. iv.

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distinctes ; une anatomie «jénérale, laquelle ne tient point h sa doctrine, et une anatomie particulière , laquelle, supposée vraie , ferait la base mémo de sa doctrine.

Or, on a beaucoup parlé de l’anatomie générale de Gall ; mais, pour son anatomie particulière^ je ne vois personne qui en ait parlé. Gall lui-méme en parle le moins possible. Ailleurs il dit très nettement et très positivement sa pensée; ici on est réduit à la deviner.

Lorsque , dans sa jjsychologie , Gall substitue les facultés à l’intelligence, il définit ces facultés. 11 les définit, comme nous avons vu, des intelligences inditiduelles. D'où vient donc que , dans son anatomie , lorsqu’il substitue au cerveau les organes du cerveau, il ne définit pas ces organes? Chose étrange! toute la doctrine de Gall, toute la phrénologie repose sur les organes du cerveau , car sans organes cérébraux dislincts point de facultés indépendantes, et sans facultés indépendantes point dre phrénologie, et Gall ne dit pas, et nul plirénologistc ne dit après lui, ce que c’est qu’un organe cérébral.

La vérité est «pie Gall n'a jamais eu d'opinion

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carrelée sur ce qu’il, nomme les organes du certeau. 11 n’a pas vu ces organes; il les imagine pour ses facultés. Il fait comme ont fait tant d’autres. 11 commence par imaginer une hypothèse, et puis il imagine une anatomie pour son hypothèse.

Quand on croyait aux esprits animaux., le cerveau se composait de tuyaux, de tubes, pour conduire ces esprits.

« La substance corticale qui se trouve dans les « hémisphères du cerveau , dit Pourfour du « Petit , fournit toute la partie médullaire , qui « n’est qu’un amas d’un nombre infini de « tuyaux (1).»

(( Les petites artères de l’écorce du cerveau , (( dit Haller , transmettent une liqueur spiri- « tueuse dans les tubes médullaires et ner- « veux (2). ))

Evidemment , les organes de Gall n’existent pas plus que les tuyaux de Pourfour du Petit ou les tubes de Haller. Ce sont deux structures imaginées pour deux hypothèses.

(1) Lellre d'un médecin des hùjjilaux du roi. Namur, 1710. (3) Elèm. phijtiuL, l. IV, p. 384.

Je cherche l’idée première , l'idée secrète qui a conduit Gall h sa doctrine de la pluralité des intelligences , et je la trouve dans l'analogie qu'il suppose entre les fonctions des sens et les facultés de l'âme.

II voit les fonctions des sens constituer des fonctions distinctes, et il veut que les facultés de l’âme soient également distinctes ; il voit chaque sens particulier avoir un organe àpart, et il veut que chaque faculté de l’âme ait son organe propre (1); en un mot, il voit l’homme extérieur, et il fait l'homme intérieur à l’image de l'homme extérieur.

Selon Gall , tout , entre l’organe d’un sens et l’organe d’une faculté , entre une faculté et un sens, est semblable. Une faculté est un sens. Il dit la mémoire ou le sens des choses, la mémoire ou le sens des personnes, la mémoire ou le sens des noînbres; il dit le sens du langage, le sens de la mécanique, le sens des rapports des couleurs, etc., etc.

(1) « Mais, si l’on suppose que chaque faculti> fondaitienlale est, « ainsi que chaque sens particulier, clt’-pcndanta d'une partie céré- « braie particulière , etc. « Gall , Anal, tl fihi/siol. du $yil. nerf. , etc . , t. II , p. 392.

(( Comme il faut admettre , dit-il , cinq sens extérieurs différents , puis(|ue leurs fonctions

(( sont essentiellement différentes, de même il

« faut enfin se résoudre k reconnaître les diver- « ses facultés et les divers penchants comme des (( forces morales et intellectuelles essentiellement « différentes, et affectées également k des appa- « reils organiques particuliers et indépendants « les uns des autres (l)-»

(( Qui oserait dire , ajoute-t-il , que la vue , « l’ouïe , le goût , l’odorat , le tact , sont de sim- « pies modifications de facultés? Qui oserait les « faire dériver d’une seule et même source, d’un « seul et même organe ? De même, les vingt-sept (( qualités et facultés que je reconnais comme

« forces fondamentales ou primitives ne

(( peuvent être regardées comme les simples mo- « difications d’une faculté quelcon(jue (2). » D’une part , Gall donne aux facultés toute l'indépendance des sens; et, de, l’autre, il donne aux sens tous les attributs des facultés.

«Voilk, dit-il, des raisons nouvelles pourquoi

(1) T. IV, p. 9.

(2) Ibid.

<(j'ai toujours soutenu dans mes leçons pubii- <( ques, quoi([ue ces assertions soient en oppoa sition avec les idées reçues des philosophes , a que chaque organe des sens a ses fonctions (( absolument à lui ; que chacun de ces organes (( a sa propre faculté de recevoir et même de « percevoir les impressions , sa propre con- « science, sa propre faculté de réminiscence (1).»

Gall ne prévoyait pas qu’une expérience de physiologie, et une expérience très sûre, démontrerait un jour que le sens reçoit l’impression et ne la perçoit pas , et qu’il n’a par conséquent ni conscience, ni réminiscence , etc.

Quand on enlève les lohes ou hémisphères cérébraux (2) à un animal , l’animal perd sur-lechamp la vue.

Et cependant , par rapport à l’œil , rien n’est changé : les objets continuent à se peindre sur la rétine, l’iris reste contractile , le nerf optique excitable. La rétine reste sensible à la lumière , car l’iris se ferme ou s’ouvre selon que la lumière est plus ou moins vive.

(1) T. II, p. 234.

(2) Lr rerreau jiroprFmeni dit.

Rien n'est changé par rapport h l’œil et l’animal ne voit pas! Ce n’est donc pas l’œil qui perçoit, ce n'est pas l’œil qui voit.

L'œil ne voit pas , c’est l’intelligence qui voit par l’œil (1).

Lorsque Gall conclut de l’indépendance des sens externes à l’indépendance des facultés de l’âme , il confond , pour le sens même , deux choses profondément distinctes : l'impression et la perception. L'impression est multiple, la perception est une.

Quand on enlève les lobes ou hémisphères cérébraux à un animal , l’animal perd sur-lechamp toute perception ; il ne voit plus, il n’entend plus, etc. (2) ; et cependant tous les organes des sens , l’œil , l’oreille, etc., subsistent , toutes les impressions se font.

Le principe qui perçoit est donc un. Perdu pour un sens, il est perdu pour tous. Et, s’il est un pour les sens externes , comment ne serait-il pas un pour les facultés de l’âme?

Gall ne suppose donc plusieurs principes pour

(1) Voy. mes Recher-.hes expèrintenialet »ur Ut propriHcs el ht foaciiont du tytième tierteux , 2*' édit. , 1842.

Voy. mes Hecher. erpérim. , etr.

les facultés de Tâme que parce qu’il suppose plusieurs principes pour les perceptions; et il ne suppose plusieurs principes pour les perceptions que parce qu’il confond les impressions avec les perceptions. Toute sa psychologie naît d’une méprise ; et toute son anatomie n’est faite que pour sa psychologie.

En psychologie , il veut prouver que les facultés de l’âme ne sont que des sens internes ; en anatomie, il veut prouver que les organes des facultés de l’âme ne font que répéter et reproduire les organes des sens externes.

Or , \ organe., c'est-à-dire, sous le point de vue qui nous occupe ici , le nerf d’un sens externe n’est qu’un faisceau de fibres nerveuses. Le cerveau ne sera donc , pour Gall , qu’un ensemble de faisceau.r de fibres (l).

Origine, développement , structure , mode de terminaison , entre les organes des facultés de l'âme et les organes des sens externes, tout, selon Gall, est semblable, tout est commun.

(1) Voyez, à la fin de cet ouvrage, la première A'otc sur ranalomic rie Gall.

pourtant la première dilTieulté toujours reste.

Quand je dis un organe des sen*’, j'entends un appareil nerveux très déterminé. Mais, quand je dis un organe du cerceau, en est-il de même? Cet organe du cerceau, qu'est -ce? Est -ce un faisceau de fibres? Est -ce chaque fibre en particulier ? Mais , si c'est un faisceau de fibres , il y en aura trop peu , car il n'y en a ])as vingt-sept , et il en faut vingt-sept puisqu'il y a vingt-sept facultés. Et, si c'est chaque fibre en particulier , il y en aura trop , et beaucoup trop, car il n’y a que vingt-sept facultés. Comment donc faire? 11 faut faire comme Gall ; dire tantôt que c’est un faisceau de fibres, et tantôt ([ue c’est chaque fibre en particulier .

11 dit dans un endroit ; « Le cerveau consis- « tant en plusieurs divisions dont les fonctions {< sont totalement différentes , il existe plusieurs « faisceaux primitifs qui , par leur développe- « ment , contribuent à le produire. Nous rance geons parmi ces faisceaux les pyramides anté- (( rieures et postérieures , les faisceaux qui (( sortent immédiatement des corps olivaires ,

« et encore cjuclques autres (jui sont cachés « dans l’intérieur du grand renflement (l).»

Et encore quelques autres, soit; mais ce ne sera jamais vingt-sept .

Il dit ailleurs : « Un développement plus « étendu de la même conjecture disposerait ap- « paremment le lecteur à considérer chaque fi- « brille nerveuse , soit dans les nerfs, soit dans « le cerveau , comme un petit organe parti- « culier (2). »

Et ceci n’est pas encore tout. Il faut, pour la doctrine de Gall , que l'anatomie du cerveau se lie à la cranioscopie. Aussi Gall a-t-il grand soin de placer tous ses organes k la surface du cerveau .

«La possibilité delà solution qui nous occupe, « suppose, dit-il, que les organes de l’âme sont

(t) T. 1, p. 271. Spurzheim s’explique de mime. « Les organes <i des facultés intérieures sont aussi séparés que les faisceaux des Il nerfs des cinq sens. » Obtervationt sur la phrénologie , etc, , p. 74. « On trouve que le cerveau est composé de plusieurs fais- « ceaux qui doivent avoir leurs fonctions. » Ibid. p. 94. « Les or-

« ganes se composent des faisceaux divergents, des circonvo-

« Unions cl de l'appareil d'union. » Ibid.

\2) T. 14 , p. 8. n Bonnet croit, et il est pruliable, que diaqiie « fibre nerveuse a son action propre » Ibid.

« situés à la surface du cerveau (1). » Et , en effet , s’ils n’étaient pas situés à la surface du cerveau, comment le crâne pourrait-il en porter l’empreinte? Et que deviendrait la cranioscopie f

La cranioscopie n’a rien à craindre. Gall y a pourvu ; tous les organes du cerveau sont placés à la surface du cerveau ; et Gall ajoute avec très grande raison ; « Ceci explique le rapport ou la (( correspondance qui existe entre la craniologie « et la doctrine des fonctions du cerveau (phy- « siologie cérébrale) , but unique de mes re- « cherches (2).»

Mais enfin, les prétendus organes du cerveau sont-ils situés réellement à la surface du cerveau^ comme le veut Gall ? En termes positifs, la surface du cerveau est-elle la seule partie active de cct organe ? Voici une expérience de physiologie qui fait voir combien Gall se trompe.

On peut enlever à un animal, soit par devant, soit par derrière, soit par coté, soit par en haut,

une portion asseï étendue de son cerveau, sans qu'il perde aucune de ses facultés (l).

L’animal peut donc perdre tout ce que Gall appelle la surface du cerveau , sans perdre aucune de ses facultés. Ce n’est donc pas à la surface du cerveau que se trouvent les organes de ces facultés.

Et l’anatomie comparée n’est pas moins opposée à Gall que l’expérience directe. Je ne le suivrai point ici dans le détail de ses localisations. Comment ces localisations pourraientelles avoir un sens ? Gall ne sait pas même si un organe est un faisceau de fibres ou une fibre (2) .

Il place, par exemple, ce qu'il appelle Vins- ■ tinct de la propagation dans le cervelet , ce qu’il appelle l’instinct de l’amour de la progéniture dans les lobes postérieurs du cerveau ; et il regarde ces deux localisations comme les plus sûres de son livre.

(1) Voy. mes Herherche$ exptrimcntalet sur les propriétés et

les fonctions du système nerveux , id'it. , 1842. Voy. aussi le premier article de l’ouvrape actuel. >

(2) 11 faut pourtant bien que ce soit l’un ou l'autre ; car il faut que ce soit quelque chose. Scrait-cc une circonvolution'? Mais il n’y a pas ïinpt-scpt circonvolutions, etc, etc.

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« Je désirerais , dil-il , que lous les jeunes U naturalistes commençassent leurs recherches a par ces deux organes. L’un et l’autre sont fa- « ciles à reconnaître, etc. (1). »

Quoi ! le cervelet , si différent, par sa structure, du grand cerveau, le cervelet sera un organe de l’instinct comme le cerveau (2) ! Et , de plus, il ne sera l’organe que d’un seul instinct, tandis que le cerveau en aura vingt-six !

Le cervelet, je l’ai déjà dit , est le siège du principe qui règle les mouvements de locomotion (3), et n’est le siège d’aucun instinct.

Gall place l’amour de la progéniture dans les lobes postérieurs du cerveau (4). L’amour de la progéniture, surtout l'amour maternel, se trouve partout dans les animaux supérieurs ; il se trouve

(S) Gall confond , comme nous avons vu , l’inlelligencc avec les instincls.il partage littéralement l'intelligence en plusieurs instincts, et puis il fait de chaque instinct une faculté intellectuelle. Voyez le deuxième article de cet ouvrage. «La dénomination d’instinct con- « vient, dit-il, à toutes les facultés fondamentales.» ï. IV, p. 334.

(3) Voy. mes Rechercket expérimentalet sur les propriétés et les foncliuns du système nerveux , 2'’ édit. , 1842.

(4) « L’organe de la philogéniture , ou les dernières circonvolu- « tiens des lobes cérébraux.... » Spurilicim , Observations sur la phrénologie, ete,, p. 117.

tlans tous les mammifères , dans tous les oiseaux( 1 ) . liCs lobes postérieurs du cerveau se trouveront donc aussi partout dans ces animaux ? Point du tout ; les lobes postérieurs manquent à la plupart des mammifères ; ils manquent à tous les oiseaux.

Gall place dans les parties postérieures du cerveau les facultés communes à l’homme et aux animaux ; il place dans les parties antérieures les facultés (2) propres à l’homme. D’après cela, les parties les plus persistantes du cerveau seront les parties postérieures ; les moins persistantes seront les antérieures. C’jest l’inverse- qui a lieu. Ce qui manque le plus tôt, ce sont les parties postérieures ; ce qui persiste le plus longtemps , ce sont \cs parties antérieures (Z).

(1) A très peu d'exceptions prés.

(â) « Les qualités et les facultés qui sont communes à l'homme « et aux animaux ont leur siège dans les parties postérieures, etc. • T. III, p. 79, et t. IV, p. 13. k Les qualités et les facultés dont « l’homme jouit exclusivement ont leur siège dans les parties céré- « braies dont les bétes sont privées , et il faut les chercher , en « conséquence , contre les parties antérieures-supérieures du fron- « lal. » T. III , p. 79.

(3) « Ce ne sont pas les parties antérieures qui manquent au Il cerveau des mammifères, mais les parties postérieures,» dit avec raison .M. Leuret , dans son bel ouvrage sur les circonvolu-

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Si du cerveau je passe au crAne, tout ce que je dis ici prend bien plus de force encore. Comment des localisations qui n’ont point de sens pour le . cerveau, pourraient-elles en avoir pour le crâne? Le crâne, surtout la face externe du crâne, ne représente la surface du cerveau que d’une manière très imparfaite. Gall le sait; « J’ai été le <( premier, dit-il, à soutenir qu’il nous est im- <( possible de déterminer avec exactitude le dé- <( veloppement de certaines circonvolutions par « l’inspection de la face externe du crâne... Dans « certains cas, la lame externe du crâne n’est (( pas parallèle à la lame interne (1 ). . . » — « Cer- « taines espèces manquent de sinus frontaux; « dans d’autres, les cellules entre les deux lace mes osseuses se répartissent dans tout le (( crâne, etc., etc., (2). »

Le crâne ne représente les circonvolutions du cerveau que par sa face interne ; il ne les représente plus par sa face externe. Et, pour les fibres, pour les faisceaux de fibres, il ne les re-

lions du cerveau : Analomie comparée du lyttème nerveux, considéré dans scs ra/rporls avec l'inlelligcncc, 1. 1, p. 588. Paris, 1839.

(1) T. ni, p. 20.

(2) T. III, p. 2G.

présente pas, même par sa face interne; car les fibres sont recouvertes par une couche de matière grise, et les faisceaux de fibres sont placés dans l'intérieur de la masse nerveuse.

Gall sait tout cela, et il n'en inscrit pas moins ses vingt-sept facultés sur les crânes (1). Tant de

(1) Il est curieux de voir comment M. Vimont , phrénologistc très décidé et anatomiste très habile, s’exprime sur les localitalioni de Gall et de Spurzheim. « L'ouvrage de Gall , dit M. Vimont, est Il plus propre à induire à erreur qu’à donner une juste idée du siège « des organes. » Traité de phrinologie , t. II, p. 112. « Gall dit « avoir observé que les chevaux qui ont les oreilles distantes à leur « origine sont sûrs et courageux. Il est possible que ce fait soit « vrai ; mais je ne puis m’expliquer le rapport qui peut exister en- « tre ce signe extérieur et le courage , dont Gall indique le siège, U dans cet animal , dans un point où ne se rencontre pas de cer- « veau. I) Jèid. p. 281. « Spurzheim indique le siège de l’organe de « la douceur sur les sinus frontaux , et celui du courage sur les « muscles qui vont s’insérer à l’occipital.... » Ibid. p. 117.

Voilà ce que dit M. Vimont ; et ce même M. Vimont inscrit ces vingt-neuf noms sur le crâne d’une oie.

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