‹ Examen de la théorie de M. Longet relative à la transmission des impressions sensitivesChapitre 6 sur 7 · II. FAITS CLINIQUES CONTRE LA THEORIE BE H. LONGET · texte numérisé non relu

II. FAITS CLINIQUES CONTRE LA THEORIE BE H. LONGET

Ce n’est qu’avec la plus grande réserve qu’il est permis de tirer des conclusions, pour la pathologie comme pour la physiologie, d’un examen anatomico-pathologique fait nombre d’heures après la mort, dans les cas de maladie du centre encéphalo-rachidien. Nous divisons en

U) Gaz. Mèd. de Taris, 1855, p. 657, et Mém. de la Soc. de biologie pour 1855, t. 11, série, p. 77 ; voyez surtout les exp. 1, )1, 111, IV, V, IX et X, et les fig. 7, 3, 4, 6, 7, 8 cl 9 de la planche 1.

deux catégories distinctes les cas d’altération siégeant dans ce centre nerveux, suivant le degré de validité des déductions que l’on peut tirer de cet examen post mortem. Dans une catégorie, nous plaçons les ramollissements, les abcès, les hémorrhagies et autres épanchements, les changements de couleur, etc. Dans une autre catégorie nous plaçons les blessures, les tumeurs et autres lésions, dont l’étendue peut être mesurée d’une manière assez précise, et dont l’existence, pendant au moins un certain temps avant la mort, est connue d’une manière positive.

Dans les cas de la première catégorie, il est impossible de savoir quel était le degré de l’altération pendant la vie, à l’époque du dernier examen des symptômes. En outre, il est impossible aussi de connaître quels sont les changements survenus dans l’altération, d’une part, entre l’instant du dernier examen et le moment où la mort a eu lieu, et, d’une autre part, depuis ce dernier moment et l’instant où l’autopsie est faite. 11 n’en est pas ainsi dans les cas de la seconde catégorie. Aussi est-ce surtout en étudiant des faits appartenant à cette dernière catégorie que nous nous sommes convaincu que la théorie de M. Longet rencontre tout autant d’opposition dans les faits cliniques que dans les faits expérimentaux.

Nous ne rapporterons pas ici les faits cliniques qui nous ont conduit à cette conclusion : on les trouvera dans le livre que nous allons publier sur la physiologie et la pathologie de la moelle épinière et de la moelle allongée. Nous croyons cependant devoir indiquer, d’une manière sommaire, ce que sont et ce que montrent ces faits. Ce sont des cas de lésion des cordons postérieurs de la moelle épinière, de la substance grise de cet organe, des corps restiformes, du cervelet ou de la protubérance annulaire. Quant à ce qu’ils enseignent, le voici :

1° La transmission des impressions s’opère malgré des lésions plus ou moins considérables des cordons postérieurs de la moelle épinière.

2° Les lésions de la substance grise de la moelle épinière, suivant leur étendue, empêchent plus ou moins complètement la transmission des impressions sensitives. Limitées à une moitié latérale de la moelle, ces lésions empêchent la transmission des impressions sensitives venues de la moitié du corps du côté opposé.

3» La transmission des impressions sensitives s’opère malgré une lésion notable des corps restiformes.

4° Les lésions, même très-considérables, du cervelet, et plus encore la destruction totale ou l’absence de cet organe, peuvent ne pas produire de paralysie de la sensibilité.

5° Les lésions limitées à une moitié latérale de la protubérance ou de la moelle allongée, cjuand elles causent une paralysie de la sensibilité, la produisent dans la moitié du corps du côté opposé.

Ce dernier fait et le précédent sont en opposition formelle avec cette partie du système de M. Longet, d’après laquelle les libres sensitives passeraient en majeure partie par le cervelet et feraient leur entrecroisement au-dessus ou en avant de la protubérance, là où les 'processus cerebelliad testes semblent s’entre-croiser. Quant aux autres faits, ils démontrent que M. Longet s’est trompé en affirmant que la transmission des impressions sensitives s’opère exclusivement par les cordons postérieurs de la moelle épinière et par les corps restiformes. Ils montrent aussi que cet écrivain distingué s’est trompé en affirmant que la substance grise de la moelle n’est pas un organe conducteur des impressions sensitives.

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