‹ Examen des citations de l'Ancien Testament dans l'Évangile selon Saint MatthieuChapitre 18 sur 31 · TdTs èicXYjpdieT) Tb · texte numérisé non relu

TdTs èicXYjpdieT) Tb

fY)6èv Btà *Iepe[ji.(ou tou irpo<pif)Tou XévovToç* xal IXaèov Ta Tptixovia dlp-

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cavTO, dirb uîôv 'IcpaYjX, 40. xat IScoxav aura

e?? xbv à-^pb>t tou xepa- [Aéwç xa6à cuvéTaÇév (1.01 x6ptoç.

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13. xai eiTce xûpioç wpbç |JLé- xiOe<; auTOÙç eiç Tb xwveuTTQptov xat

bv Tp6iuov èBoxtiJLiaBTQv UTuàp auT(ï)v. Kal ïXa6ov Toùç TptaxovTa àpvupouç xal èvé6aXov auTOUç efç Tbv oîxov xupbu eîç xb X<*>veuT^piov.

(Zach. XI, 12-13.)

Hébreu.

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+?N n'iri'» noN'^1 .13

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Cette citation présente d'assez sérieuses difficultés. L'Évangéliste dit que la mort de Judas a été prédite par le prophète Jérémie, «et il transcrit un passage qui a une vague ressemblance avec Zach. XI, 12-13. Déjà les écrivains des premiers siècles se sont préoccupés de ce fait. Quelques-uns penchent à croire que la citation est empruntée à un livre perdu de Jérémie; d'autres admettent que les Juifs ont pu retrancher ce passage du texte de ce prophète pour ôter aux chrétiens une preuve aussi frappante de la vérité ; d'autres au contraire ont cru que le nom de Jérémie aurait été mal à propos introduit par un ignorant , et plusieurs copistes l'ont omis en conséquence. » (Reuss, Synoptiques, p. 668.) Il vaut mieux penser tout simplement avec M. Reuss, que c'est l'Évangéliste lui-même qui s'est trompé dans le choix du nom propre « d'autant plus facilement que dans Jérémie aussi (chap.

1 L'additioD T^ç 17o([AV1QÇ est sans importance.

XyiII) il est question d'un potier», {ibid.) Mais faut-il s'en tenir là, et déclarer que «ni l'hébreu ni le grec des LXX ne correspondent à ce que nous lisons iciH (iHd,) Essayons au contraire d'analyser en détail les divers éléments de la citation.

Constatons tout d'abord que c'est du côté du texte hébreu que nous devons diriger nos recherches. Il n'y a aucune parenté entre la version de l'Évangéliste et celle des LXX. Celte indépendance est suffisamment prouvée par les différences suivantes : âpyupux au lieu de âpyupoiiç; — TifJiàw (ripv, TeTipfitivou , èti- (jLTfaavTo) au lieu de Soxip.à^(t) (^oxijjlov, è&oxijjiàcTÔYiv) , — et surtout xepajxeuç fl'Évangéliste lisant lavn) au lieu de x^veuTiopiov (les LXX lisant la^sn-) Cette dernière différence suffirait à elle seule pour isoler radicalement le texte de Matthieu de celui des LXX. Si notre auteur s'était inspiré du grec, il lui aurait été impossible de confondre j^wveuTYîpwv avec xepajjieuç.

Rendons-nous compte maintenant de la manière dont l'Évangéliste a traité le texte hébreu. Tout d'abord il a mis à la 3® pers. plur. des verbes qui se trouvent dans le texte original à la P pers. sing. (eXaêov, et eWav, — nPIpS^; tSh^SV) Puis il a combiné en une seule phrase deux fragments différents du passage de Zacharie; et quand nous aurons fait la distinction de ces deux éléments différents, nous nous rendrons compte facilement d'une citation qui semblait au premier abord très-embrouillée.

En effet, la partie principale de la citation de l'Évangéliste est celle-ci : xai eXaêov Ta TptaxovTa âpyiipta . . . xal e^caxav aura eiç tov âypov Tou x8pa[jii(t>ç ; ces mots sont la traduction , sinon littérale au moins très-reconnaissable, de la 2® partie du verset 13 de

Zacharie : navH-Ss mn'»-n'»3 WN ^htff NI î^oDH D^nhiff nnps"\

Sans doute l'Évangéliste a fait au texte de graves infidélités. Nous avons déjà relevé le changement de personne dans les verbes. Remarquons de plus la suppression de n^n^"n'^3- Enfin l'on ne comprend pas à quel propos il est ici parlé d'un champ. Mais malgré tout, le texte de l'Evangéliste se laisse facilement rapprocher du texte hébreu.

Maintenant, au milieu de cette traduction de la 2® partie du verset 13 de Zacharie, notre auteur intercale un membre de phrase mal imité des mots DiT^yO ^nnp^ lîZ^N "^"T^ "ns» qui se trouvent dans le texte du prophète dans la Y partie du verset. Sans doute, entre l'original hébraïque et l'imitation qu'en donne Matthieu (toujours avec de grandes diflFérences dans les personnes

des verbes), t^Iv Ti(jLYiv tou T6Ti(jLYi[/ivou 3v £Ti(i7ftfavT0 àico ulwv 'lapoofX, on ne peut pas établir un rapportde concordance exact. Mais il est impossible cependant de nier que les mots tî)v TtjiiYfv, ôv êTifjiYiaavTo, soient imités de '^n"^p^ niPN ^P'^H» — et âiro uiôv 'lapavO. de QrrhyD-

Restituons maintenant dans son intégrité la phrase de TÉvangéliste : xal eXaêov toc Tptaxovra âpyiipia 'rijv TtfX'Jlv tou TeTifXTijjiivou ôv èTt(JLTÎ(yocvTO âiro uiôv *I<yporiiX xat e^coxav aÙTa eiç tov âypov toO xepaptiwç. On voit quel est le travail de combinaison qui s'est opéré dans Tesprit de notre auteur, et comment il a rendu sa citation presque méconnaissable en changeant de place arbitrairement les paroles du prophète, en intercalant au milieu d'une phrase une proposition qui précède au contraire immédiatement cette phrase dans le texte original.

Faisons enfin remarquer que les derniers mots de notre auteur : xaOà ouveraÇev (xoi xuptoç, lui ont probablement été suggérés par les mots hébreux '>Hî< n^rp ■^DN'>1 qui se trouvent au début du verset 13.

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