‹ Examen des citations de l'Ancien Testament dans l'Évangile selon Saint MatthieuChapitre 3 sur 31 · T'oÛTO Se SXov yé^ove^ '(va 7cXY)p(o6tj to · texte numérisé non relu

T'oÛTO Se SXov yé^ove^ '(va 7cXY)p(o6tj to

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23. ?5oî> -f) xapeévoç èv YaoTpt êÇet '/.at xéÇexat ut6v %(ù xaXédOuaiv ib SvoiiA aùtou EjAiJLavoutqX.

N» 1. (Matth. I, 22-23.)

Texte des LXX.

'ISo'J T) TcapOévoç âv Yadxpt X'/jtJ^e'cai xal xé-

çeTat utov xat xa}séaeiç TO ovo[ji.a aÙTOU 'EjAjxavouvîX.

(Esaïe VII, 14.)

Var. A. £?ei pro Xvj- (j^eTai.

Texte hébreu.

mn nohyn njn

Nous ferons à propos de cette première citation, une fois pour toutes, deux remarques préliminaires. Nous sommes obligés, pour donner complète la phrase de TÉvangéliste, de faire précéder la citation de sa formule d'introduction. Mais dans notre étude de la forme nous ne pouvons rien dire de ces formules, si ce n'est qu'elles varient. Il sera traité ailleurs des causes de ces variations. — Puis, nous sommes obligés de faire une distinction assez délicate : nous devrons indiquer les changements de sens que l'auteur introduit dans la phrase qu'il cite ; mais nous ne pouvons nous occuper ici que des différences grammaticales, des modifications apportées aux modes des verbes, à la personne des pronoms, etc. Quant aux modifications apportées au sens historique des paroles de l'Écriture, comme on n'en peut parler sans

1 Nous devons dire tout d'abord ce que nous entendons par le mot citation. Le l«r Évangile est rempli d'allusions plus ou moins inconscientes aux livres de l'Ancien Testament. Les relever toutes serait un travail sans fin. Nous n'avons voulu considérer comme citations que les passages où l'auteur montre en employant une formule d'introduction, quelque générale et vague qu'elle soit, qu'il en appelle sciemment à l'Ancien Testament.

parler de la tendance qui les produit, c'est une question exégétique qui sera traitée dans notre seconde partie.

Revenons maintenant à notre citation. Elle est faite d'après les LXX, mais elle n'est pas faite exactement. On remarquera le changement important de la 3® pers. plur. xa^'aouortv en la2®sing. îca^edetç. Observons que le texte suivi par l'Évangéliste est celui qui nous a été transmis par le cod. A. Ce n'est pas un hasard. Nous verrons ce fait se reproduire presque toutes les fois que le texte des LXX présentera des variantes. Ce qui prouve que l'Évangéliste s'est reporté ici au texte des LXX, c'est, outre la parfaite conformité des mots,, l'emploi du terme irapôevoç pour rendre nohy- Dans toutes les versions grecques de la Bible autres que les LXX, noHy est rendu par veavt; (cf. les trad. d'Aquilas, Théodotion et Symmaque dans les Hexaples d'Origène). L'emploi de luapOevoç en cet endroit est donc particulier aux LXX^ Ce n'est pas par hasard qu'un terme qui leur est particulier dans un certain passage peut, dans ce même passage, se rencontrer chez l'Évangéliste.

Cependant, si la forme générale de la citation indique que l'auteur connaît les LXX, l'analogie qu'il établit entre le nom d'Emmanuel et le nom de Jésus prouve qu'il savait l'hébreu. Au verset 21 il est dit qu'il faut donner à l'enfant le nom de Jésus. L'auteur rapproche^ par sa citation, ce nom de Jésus de celui d'Emmanuel. En grec, les deux noms n'ont aucune analogie. Il fallait donc que l'auteur eût l'intelligence des rapports qu'il y a en hébreu entre v^i^ et SsUOy • Sauveur et Dieu avec nous. En hébreu l'analogie existe, quelque lointaine qu'elle soit; elle ne pouvait pas être saisie par quelqu'un qui n'aurait su que le grec. (Voir dans les Études critiques sur VEv, selon Saint- Matthieu (p. 25, 26) le raisonnement complet de l'Évangéliste, tel que M. Réville a cru pouvoir le recomposer, en établissant entre VW^

et Ss^JOy le moyen terme y^gl^nv) Remarquons que dans cette citation, comme dans les deux qui

vont suivre, et bien d'autres encore, l'Évangéliste en appelle à la

parole du prophète en général, sans donner son nom.

Matthieu.

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