‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologique (volume 2)Chapitre 4 sur 23 · BLANCHES OU ROUGES · texte numérisé non relu

BLANCHES OU ROUGES

Ce trait lancé , l'orateur ne se mit pas en peine de réfuter tout ce que j'avais consigné dans mon Histaire des phlegmasies sur les tubercules pulmonaires prétendus innés , et que l'on cherche en vain dans les poumons des jeunes sujets qui n'ont point souffert d'inflammation; il me crut terrassé et passa outre après avoir cité Pujol pour prouver que, s'il n'avait pas substitué les phlegmasies chroniques aux obstructions , c'est qu'il avait jugé que celles-ci devaient être conservées comme maladies essentielles dans une nosologie.

îl exposa donc ses lésions organiques des viscères en les attribuant, tantôt à des tubercules ou autres productions fatalement développées dans les organes, et tantôt à quelque chose de plus vague et de plus obscur encore, comme on va voir, sans paraître se repentir de n'avoir tenu aucun compte des altérations évidentes que l'inflammation produit tou^ jours lorsque rien n'est venu l'empêcher de se déployer dans les organes de l'intérieur ou de l'extérieur du corps.

Lésions organiques de chaque viscère en particulier. M. Pinel croit traiter de lésions organiques du cer^

veau indépendantes des inflammations et des névroses , lorsqu'il parle de l'augmentation de la gravité spécifique de ce viscère, de concrétions calculeuses, et d'autres vices qu'il ne désigne pas, mais pour lesquels il nous renvoie à Willis, à Morgagni et à Greding. Un peu plus loin , on lit avec surprise quelques lignes qui semblent signifier qu'à la Salpctrière on a trouvé plus d'altérations dans les cerveaux des femmes dont les facultés intellectuelles n'avaient souffert aucune altération , que dans ceux des aliénées (i). Je supplie le lecteur de ne tirer aucune conclusion de ces prétendus faits, ainsi que de l'article tout entier, où l'auteur n'a pas même effleuré son sujet.

Les lésions organiques particulières des pourrions sont traitées à peu près de la même manière. L'auteur prétend qu'on a trouvé la cause de certaines difficultés de respirer, tantôt dans la tête , à l'insertion des nerfs pneumo-gastriques, tantôt dans l'estomac, quelquefois dans le foie, et même dans la rate. Il n'y a pas jusqu'au pancréas qui ne puisse receler la cause d'une affection asthmatique; et tout cela parceque Willis , Morgagni , Albertinus l'ont écrit. L'auteur s'inquiète fort peu s'il y avait dans les cadavres observés par ces médecins quelque autre lésion qu'ils n'aient point aperçue; ils ont écrit cela , ils ont autorité ; en les citant il hit preuve d'érudition , il acquiert une nouvelle variété pour son cadre nosologique , c'en est assez pour lui. Il n'a pas non plus oublié les distensions extrêmes du canal digestif, l'augmentation du volume du foie, les obstacles que l'air peut rencontrer à l'ouverture de la glotte , la pléthore sanguine, les concrétions tophacées et

(i) Nosographie philosophique , tome III, page 527, ligne a4 , sixième édition.

autres causes capables de comprimer les bronches ou leurs vésicules, et d'empêcher l'air de pénétrer librement le parenchyme du poumon.

Parmi ces diverses lésions, il en est effectivement qui peuvent occasioner des troubles considérables dans la fonction respiratoire. Mais qu'en résulte-t-il sous le rapport de la théorie médicale et de la classification nosologique?... du double emploi et de la confusion. Qu'un malade se présente avec une difficulté de respirer, que ferez-vous de sa dyspnée? la classerez-vous dans les asthmes essentiels? Elle y restera bien tant que le sujet sera vivant , elle y restera même encore après la mort, sî le cadavre n'est pas ouvert; mais si la dissection fait découvrir des calculs ou des tubercules dans le poumon, un squirrhe à l'estomac, une tuméfaction du pancréas, ou quelque autre désordre de ceux que l'érudition du professeur nosographique est allé déterrer dans quelque vieil auteur étranger à la véritable physiologie , il faudra donc désessentialiser cet asthme pour en faire un symptôme de lésion organique?.,. Pourquoi pas, dira-t-on? il est beau de revenir de son erreur... Sans doute, mais il en résultera toujours que vous ne pourrez jamais décider, pendant la vie, si la difficulté de respirer, que vous avez à traiter, appartient au genre asthme ou au genre lésion organique. Or, ce que je dis ici de la dyspnée, je pourrais le répéter de toutes les altérations des fonctions cérébrales, de celles des viscères contenus dans la cavité de l'abdomen; et voilà le médecin dans l'impossibihté de rapporter la plupart des affections chroniques ,et peut-être même encore le plus grand nombre des aiguës, aux genres dont est peuplé le cadre nosographico-philosophique , à moins que le malade ne soit guéri de la manière la plus complète,

OU bien qu'il ne soit mort, et qu'on n'ait obtenu l'ouverture de son cadavre. Je dis plus, la guérison ne prouverait pas assez le défaut de vice organique, à moins que le malade ne restât fort long-temps sous les yeux de son médecin , puisqu'il est bien avéré que les altérations de cette espèce permettent souvent de longues intermissions dans les troubles nerveux qui peuvent en faire soupçonner l'existence. M. Pinel n'a pas songé à tous ces inconvéniens quand, après avoir fait des maladies essentielles, uniquement fondées sur des groupes de symptômes, il a créé, d'après l'altération des organes, d'autres maladies également essentielles qui pouvaient être représentées pendant la vie, par des groupes de symptômes absolument analogues aux premiers. Que penser d'une classification fqui repose sur des bases aussi fragiles?...

Nous arrivons aux lésions organiques du foie. On pensera peut-être que l'auteur n'y fait entrer que les hydatides, les dégénérations tuberculeuses, squirrheuses,enkistées, calculeuses, et autres semblables, qui peuvent se former au milieu du parenchyme de ce viscère , ou dans ses canaux excréteurs. Cette classification aurait toujours les vices que nous venons de signaler; elle aurait encore celui, non moins grave, de supposer ces lésions étrangères aux phénomènes et aux effets des phlegmasies; mais voici bien une autre inconséquence : l'ictère des nouveaunés se trouve placé dans cette catégorie. Je ne rappellerai pas la définition que l'auteur nous a donnée des lésions organiques , il est assez évident qu'il y tient toujours, puisqu'il place le squirrhe du foie au rang des affections de cette espèce ; eh bien ! l'instant d'après , il rapporte plusieurs histoires d'ictères des nouveau-nés, qui ont été guéris dans l'espace

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de trois à quatre jours, par les soins cle propreté et quelques boissons relâchantes (i). Où donc était la lésion organique? L'ictère des nouveau-nés n'a rien de plus mystérieux que les autres ictères auxquels M. Pinel a refusé une place dans sa classification. Ils dépendent tous d'une irritation des excréteurs de la bile qui s'oppose à son entrée dans le duodénum. Le plus souvent cette irritation réside dans le duodénum lui-même, comme il arrive daps la prétendue fièvre jaune; et chez l'enfant naissant la présence du méconium dans cet intestin suffit pour la produire ou pour l'entretenir. Quand cette irritation n'est pas intense, l'évacuation spontanée ou artificielle de cette matière eo opère aussitôt la guérison. Lorsque l'affection cluodénale s'élève au degré de l'inflammation, les purgatifs n'y sont plus aussi avantageux, si leurs bons effets n'ont été préparés par ceux des bains et des boissons adoucissantes. Dans les cas incurables, la mort dépend d'une phlegmasie plus ou moins étendue des viscères du bas-ventre. On voit que dans les cas légers il n'y a point de vice ou lésion organique, et que dans ceux qui sont funestes, la désorganisation est ici , comme partout ailleurs , l'effet d'une inflammation, à pioins qu'il n'y ait vice de conformation.

En traitant des lésions organiques de la rate, M. Pinel s'arrête avec complaisance sur les analyses chimiques que l'on a faites des concrétions trouvées dans le tissu de ce viscère. Ensuite ii fait agir sur la rate la fièvre adynamique, la gangrène, les maladies chrO' niques , l'hydropisie, les fièvres intermittentes... et les

(i) Nosographie philosophique , tome III, page 534* Je n'ai point hérissé cette analyse de citations ; car il est très facile de vérifier les passages dont j'ai parlé au moyen du tableau noso» logique et de la table alphabétique qui termine cet ouvrage.

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lésions organiques de la rate sont des maladies essentielles!... Il est clair que ce qu'il y avait à faire, c était de rapporter des ouvertures de cadavres de personnes ayant succombé à ces différentes maladies, et de tâcher de déterminer comment elles avaient pu porter atteinte à cet organe , ainsi qu'à ceux qui, comme lui, auraient offert quelque lésion. Si M. Pinel a voulu présenter les lésions organiques sous un point de vue particulier, et nous donner un traité d^anatomie pathologique à la suite de sa Nosographie ^ il fallait nous en avertir, et considérer ces lésions comme les causes ou comme les résultats des divers groupes de symptômes constituant ces maladies essentielles; mais rien ne peut Fexcuser davoir fait de ces lésions d'autres maladies essenlielles, de classes, d'ordres et de genres tout différens des premiers.

A la tête des lésions organiques des voies urinaires, on voit paraître le diabètes sucré. Un flux abondant d'urines , où l'on a trouvé de la matière saccharine , flux qui n'est incurable, nous dit M. Pinel , à aucune de ses périodes , ce que prouvent en effet les observations qu'il rapporte , constitue donc une lésion organique : voilà qui fait assez voir que le nosographe ne savait qu'en faire. Tous ses prédécesseurs y avaient vu un flux; cela était d'une simplicité un peu triviale: mais au moins cette dénomination était fondée sur le phénomène le plus frappant , sur la condition sine qua non. Puisque le nosographe voulait les corriger, il devait pour le moins baser sa classification sur un caractère aussi constant que la surabondance des urines ; point du tout , il fait dépendre ce flux d'une lésion organique, en rapportant des guérisons. Il fallait donc diviser ses lésions organiques en lésions passagères et curables , et en lésions avec

désorganisation considérable , et par conséquent in- , curables : nous aurions vu si les premières ont quelques caractères qui les distinguent des plilegmasies et des névroses.

M. Pinel trouve que la chimie moderne a répandu le plus grand Jour sur les affections calculeuses : puis viennent les analyses de Fourcroy , etc. Ne dirait-on pas que les chimistes ont découvert le moyen de prévenir ou de dissoudre les calculs des voies urinaires ? Hélas ! toutes les tentatives que l'on a faites pour cet objet n'ont eu d'autre résultat que de produire des phiegmasies des voies gastriques ou des urinaires. «On a trouvé dans ces calculs les mêmes principes qui fse rencontrent dans les tissus organisés, dans les fluides qui les parcourent, et surtout dans l'urine : voilà tout le résultat des analyses si vantées et si pompeusement étalées dans les traités de chimie. Faut-il donc s'étonner d'une pareille découverte ? Je Je serais bien plus qu'elle eût donné des résultats différens. Au surplus , ce sont des faits dont l'intérêt ne dépasse pas la sphère de l'histoire naturelle. L'art de guérir n'y gagne rien ; et quant à la classification du professeur de Paris , je ne vois pas quelles richesses elle en peut retirer , puisque l'auteur est Téduit à ranger les concrétions urinaires parmi les Jésions organiques . Que veut-il dire par là? est-ce la concrétion considérée en elle-même qui est une lésion organique? cela ne s'entendrait guère. J'aimerais autant donner ce nom aux excrémens renfermés dans les cellules du colon. Sont-ce les reins, les uretères ou la vessie qui sont lésés dans leur organisation? Ils le deviennent quelquefois parles effets de l'inflammation que l'irritation des calculs leur fait éprouver, mais ils ne le sont pas nécessairement; et surtout ils n'ont pas besoin de l'être pour

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engendrer les concrétions calculeuses , condition qui serait de toute nécessité pour justifier la classification nosographique. C'est un vice de Faction organique des reins qui détermine la formation des pierres urinaires , et ce vice , comme celui qui produit le diabètes , et comme bien d'autres encore dont les auteurs sont fort embarrassés, rentre dans la série des maladies d'irritation. Le traitement que le docteur Pinel assigne aux affections calculeuses des voies urinaires semblerait même supposer qu'il les considère ainsi; je le rapporte avec plaisir, car c'est peut-être le passage le plus judicieux de toutes ses lésions organiques. « C'est , comme je l'ai dit en parlant de la néphrite, en s' abstenant de boissons fermentées, en faisant un usage abondant d'eau et de boissons mucilagineuses , et de bains tièdes, et en s'astreignant à Un genre de vie sobre , qu'où trouve les préservatifs et les palliatifs les plus sûrs. » Après avoir rangé les concrétions tophacées au nombre des lésions organiques du poumon , et le squirrhe aussi bien que les tumeurs enkystées parmi celles du foie , le nosographe n'assigne plus à l'utérus d'autres lésions que les polypes et les tumeurs fibreuses , dont il décrit les caractères cadavériques avec beaucoup de minutie. C'est pour avoir placé dans d'autres sections les phlegmasies et les affections cancéreuses qu'il est réduit à cette pénurie : tels sont les inconvéniens d'une classification arbitraire.

Mais c'est bien pis encore dans les lésions organi^ cjues du conduit alimentaire ; l'auteur les ayant placées , comme il en fait l'aveu , dans les lésions organiques générales , n'en trouve plus de particulières que les affections vermineuses. En lisant dans M. Pinel rénumération des symptômes qui décèlent la pré-

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sence de ces entozoaires , on sent plus que jamais combien la connaissance de l'irritation , considérée comme le phénomène fondamental et le lien naturel qui associe entre elles toutes les maladies , manquait à cet auteur. En effet , certaines qualités , encore trop peu connues , du muscus intestinal , donnent lieu au développement et à l'entretien des vers. La stimulation qu'ils exercent sur la surface de la membrane interne , et le réveil d'un certain nombre de sympathies , en vertu de cette stimulation , voilà ce qui compose la séméiotique et la nosologie des affections ver mineuses. La recherche expérimentale des modificateurs qui , en agissant également sur l'irritabilité , et par là sut les fonctions relatives et orga^ niques , d'où résulte un autre mode de stimulation , peuvent faire disparaître la maladie , en constitue la thérapeutique. On voit que tout cela roule sur l'étude physiologique des phénomènes de l'irritation ; mais considérer des vers comme des lésions organiques .^.. C'est pourtant là le chef-d'œu\T^ qui couronne la iV^so graphie philosophie/ ue.

Conclusion générale sur la Nosographie,

Maintenant, on peut présenter quelques conclusions générales sur cet ouvrage.

1° La classe des fièvres rentre dans celle des phlegmasies , et par conséquerit , est chimérique. Mais , ce qui est plus grave , le traitement des fièvres n'étant pas celui qui convient à des phlegmasies , la théorie des fièvres du nosographe est plus que fausse , elle est nuisible.

2° La classe des phlegmasies est incomplète, parceque toutes les phlegmasies aiguës n'y sont pas , parceque toutes les chroniques y manquent ; les genres qui la composent sont faux , parcequ'ils ne pré-

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sentent pas les vrais caractères des inflammations qu'ils sont destinés à faire connaître ; parceque l'on a omis les ouvertures de cadavres. Le traitement est mauvais , ou parcequ'il est insuffisant , ou parce qu'il est opposé aux véritables indications.

5*" La classe des hémorrhagies est divisée en ordres et en genres naturels , puisque les uns et les autres sont fondés sur les différences des tissus; mais les espèces sont fausses , puisqu'elles sont divisées en actives et en passives. Le traitement , qui est la partie principale, est vicieux, puisqu'd est fondé sur cette distinction.

L\° La classe des névroses est fausse , parceque le siège de ces affections est mal déterminé; parcequ'elles sont confondues avec les phlegmasies chroniques. Le traitement en est généralement mauvais , à cause de cette confusion , et parceque l'auteur n'a pas des idées justes sur les nuances diverses du phénomène de l'irritation.

5** La classe des lésions organiques est entièrement fausse , parceque l'on y trouve des affections qui ne sont point des lésions d'organisation ; parceque les véritables lésions organiques que l'on y a placées ne sont point des maladies primitives , mais bien les conséquences de celles que l'on a voulu décrire dans les classes précédentes. Le traitement de presque toutes les affections que renferme cette classe est mauvais, par des raisons qui sont la coDs4quence de tout ce qui vient d'être dit à l'occasion des quatre premières classes.

6° Il résulte encore de ces réflexions que le plan général de l'ouvrage est vicieux, parceque l'on a rempli le cadre nosographique de groupes de symptômes arbitrairement formés , et qui ne représentent point les affections des différens organes, c'est-à-dire

DOCTRmi": DE PIÎfEL. 8t

les véritables maladies. Ces gron|3es de symptômes sont des entités ou des êtres abstraits, entièrement factices, ovtoi; ces entités sont fausses, et le traite que Ton en donne est de Vantologie.

Telles sont mes opinions touchant la Nosographie pliilosophique. On voit que les vices de cet ouvrage lui sont communs, à très peu de chose près, avec tous ceux dont j'ai cherché à donner une idée dans le cours de cet examen. Toutefois il faut convenir que les médecins d'Angleterre, ceux des États- Unis, et ceux de l'Italie ont été beaucoup plus loin que Pinel. En général, toutes les nations civilisées s'ennuyaient du brownisme, en proclamaient les mauvais résultats, et cherchaient à en secouer le joug, lorsque Pinel l'imposait aux médecins français, tout en déclamant aV^ec les autres contre le novateur écossais. Il est viai que les efforts pour se débarrasser du brownisme n'aboutissaient chez les autres nations qu'à ramener la pratique des classiques qui l'avaient précédé, et spécialement celle de Sydenham et de Stahl ; mais cette pratique , maigre ses défauts , était bien supérieure à celle que nous suggérait la Nosographie pldlowpli'ujue. Ce que tout le monde ne sait pas, c'est que les partisans de Pinel ne p )Uvaient plus se servir de son ouvrage au lit fies malades ; qu'ils le disaient tout haut , sans oser toutefois l'écrire avant sa chute, et qu'ils étaient réduits à quêter des moyens curatifs chez les autres nations. De cette manière, la médecine française était à la remorque derrière toutes les médecines du monde civilisé , lorsque parut notre doctrine, comme conséquence des travaux de Tillustre Bichat , qui seul parmi nos compatriotes avait su féconder les idées de Bordeu, et utiliser les expériences de Hunier. Il s'est fait en France beaucoup d^autres ouvrages

8a médecine de la FRANCE.

depuis \2L Noftograpfiie ; clans les uns on a adopté le système du docteur Pinel , et pour cette raison je n'en parlerai point : je m'abstiendrai même de les désigner. Dans les autres , on a voulu perfectionner les travaux du professeur de Paris, ou l'on a eu la prétention d'y substituer une doctrine nouvelle. Je me propose de parler de ceux de ces ouvrages qui ont le plus influé sur la pratique de la médecine. Je ne prétends point ici me circonscrire absolument dans le cercle de la médecine française moderne, je me réserve la liberté de remonter, quand je le jugerai nécessaire, aux classiques d'une autre époque , mais seulement dans l'intention d'éclairer mon sujet, et de suivre plus exactement la filiation des idées sur lesquelles repose la pratique médicale généralement adoptée parmi nous.

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