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génération des tissus que je viens de passer en revue. Il s'exerce donc dans l'ouvrage qui nous occupe à rechercher les signes de la maladie appelée tubercules du poumon , de celle qu'il qualifie (ïencéphu" loïde^ de celle qu'il a nommée mélanose , de la maladie kyste^ etc. Mais ce n'est pas là tout : les poumons sont quelquefois infiltrés de sérosité ; voilà la maladie œdème du poumon , qui jusqu'à lui n'avait point été connue; il ne peut donc se dispenser de faire connaître le groupe de symptômes qui lui appartient, lia trouvé des poumons emphysémateux; il faut donc qu'il établisse les signes de la maladie emphysème du poumon. Il y a vu des points gangreneux: cela l'oblige de dessiner le groupe de symptômes qui correspond à la maladie gangrène du poumon. A côté de ces maladies de son invention, il place celles de l'ancienne médecine : ainsi le catarrhe, la péripneumonie et la pleurésie viennent figurer sur la même ligne que les tubercules, les mélanoses, l'œdème, l'emphysème, la gangrène, etc.
On sera peut-être tenté de croire que je plaisante, et que M. Laennec borne ses prétentions à faire connaîtrelessignesqui peuvent indiquer que les poumons sont tuberculeux, œdémateux, emphysémateux, gangreneux, etc. S'il n'avait eu que cet objet en vue, je n'aurais rien à lui reprocher ; mais il érige ces altérations en entités essentielles. I^es tubercules , les squirrhes, les encéphaloïdes viennent d'eux-mêmes ; ce sont les productions d'abord vivantes au milieu de nos organes , d'une vie qui leur est particulière ; tant qu'ils en jouissent ou qu'ils sont à l'état de crudité, ils n'incommodent point la partie qui les noiu-rit ; mais du moment qu'ils sont morts, et cpj'ils se ramollissent , sorte de putréfaction qui est propre à leur espèce, mais commune à tous les individus qui la
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composent, ils deviennent des poisons, des matières morbtfîques , qui produisent toute espèce de désordres, et entraînent enfin la consomption et la mort de l'individu. Ces dégénérations sont donc les maladies; et tout le talent du médecin est de pure curiosité. Il s'agit de découvrir l'existence de ces corps étrangers , et d'assigner les différentes époques de leurs métamorphoses. L'œdème et l'emphysème peuvent bien, à la vérité, être le résultat d'une autre maladie; mais ils n'en sont pas moins eux-mêmes des maladies. Ce qai le prouve , ce n'est pas seulement cette qualification qui leur est accordée par notre auteur, cVst encore , et c'est bien plus évidemment, le groupe de symptômes qui leur est assigné en toute propriété. La gangrène du poumon est une véritable maladie essentielle qui n'a rien de commun avec les gangrènes par excès d'inflammation. La nature l'a manifestement en vue dès le début du mal, et tous les symptômes que l'on peut observer sont l'effet de l'entité nommée gangrène du poumon. Quant à la péripneumonie et à la pleurésie, oh ! celles-là sont bien des phlegmasies, pourvu qu'elles se prononcent dans leur plus haut degré d'acuité; sans quoi ce seraient des êtres d'une autre nature. On ne sait pas encore bien parfaitement quelles bornes l'anatomie pathologique doit mettre à la multiplication de ces entités.
Procédons maintenant à la recherche des preuves sur lesquelles notre auteur veut appuyer cette nouvelle ontologie, et joignons-y la réfutation. Je le suivrai rapidement dans la deuxième édition de 1 826. D'abord je dois rendre justice à la perspicacité avec laquelle M. Laennec sait découvrir et suivre la désorganisation du poumon par le moyen de son cylindre. Je m'en sers tous les jours avec le plus grand
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avantage. Sans cet ingénieux insti^ument , on ne saurait obtenir que des données approximatives sur l'existence des foyers de sîippuration et sur les dif^ férens degrés de la perméabilité à lair du parenchyme pneumatique. Avec lui toutesces questions sontréso-? luesde la manière la pîussatisfaisante(i). Cependant, il faut le dire, cette découverte n'a fait faire aucun progrès au traitement de ce qu'on appelle phthisie, puisqu'il est entièrement fondé sur la connaissance des phénomènes de l'irritation à laquelle il est impossible que le cylindre puisse rien ajouter.
On doit encore à M. L. .. d'excellentes dissertation^ sur la nature des crachats, sur celle des cavernes du poumon qui ne sont pas toujours des ulcérations; en un mot, il excelle dans l'exploration de la poitrine pendant toute la durée des phlegmasies pulmonaires. Je me réjouis sincèrement que ces progrès dans Iqi science du diagnostic des altérations pulmonaires, soient l'ouvrage d'un médecin français. Il doit sans doute lui en revenir beaucoup d'estime de la part de tous nos confrères;. c'est pour cette raison que je me crois obligé de relever les erreurs qui pourraient se glisser dans la pratique , sous les auspices d'un nom devenu si recommandabîe. Voilà l'unique raison pour laquelle j'ai mis tant de soin à réfuter rinnéité, la spontanéité des tubercules, et aies rapporter à leur véritable cause, je veux dire à l'irritation des poumons (2).
(i) Maintenant (i83o) le plus grand nombre des médecins préfère l'application immédiate de l'oreille sur la poitrine. ]\îais il est des maladies où la vapeur du corps et celle du lit peuvent agir d'une manière nuisible sur la poitrine et sur la tête de l'observateur^ et d'ailleurs le frottement du corps habillé et même nu nuit à la netteté de l'auscultation.
(a) Tel est !e jugement que je portais ;, en 1821 , sur le mérite de Laennec. Ceux qui ont lu la seconde édition du Traité
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Pour* bien se faire une idée de la doctrine de Laennec,il faut d'abord connaître celle de Bayle qui l'a précédée au moins pour la publication. En effet, cette doctrine est en partie adoptée, en partie rejetée ou modifiée par Laennec, qui ne put se dispenser de faire attention à la réfutation que nous en avions faite dans le premier Examen en 1816; il nous est donc absolument nécessaire d'en donner l'analyse.
Lorsque Bayle écrivait, l'ontologie régnait exclusivement en France. Chacun avait le droit de créer des genres et des espèces de maladies (1). Il rassembla donc tous les faits de consomption par maladie du poumon qu'il put trouver, et les ajoutant à ceux de sa pratique, il créa six espèces de phîhisie pulmonaire ; savoir : la tuberculeuse, la granuleuse , celle avec mélanose > ï ulcéreuse , la calculeuse et la cancéreuse.
Portai et Baumes les avaient toutes réduites , à peu de chose près, à la première, quoique ce dernier en eût trop multiplié les causes. Pinel plaça, comme on l'a vu, la phthisie dans les maladies tuberculeuses, sans rejeter les cinq autres espèces de Bayle , mais aussi sans les rapprocher des maladies qui auraient pu leur ressembler.
de ï //uscu/tatlon,sa\cnt comment il a répondu à ces avances; ceux qui l'ont entendu au Collège de France, et qui me conseillaient de l'attaquer devant les tjibunnux comme diffamateur, le savent encore beaucoup mieux. Je no veux point troubler les mânes d'un homme qui a rendu des set*vices à une science que je chéris; mais je pense qu'il est utile au bien de cette science que l'on se fasse une idée exacte de l'esprit de juslice et des qualités de cœur des ennemis de la niéthode physiologique.
(1) On en crée aujourd'hui^ mais c'est d'apici d'autres idées, comme on le verra.
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Moi, j'attaquai Bayle et Pinel dans le premier Examen^ et je démontrai plusieurs propositions que je vais résumer :
1° Relativement à la phtinsie tuberculeuse ^\e fis voir que les tubercules sont le produit de Tirritation ; ce qui vient encore d'être prouvé en examinant les travaux des anatomo-palhologistes du grand Diction^ naire des Sciences médicales , page 1 26 et suivantes. L'influence du froid sur laquelle j'insistai beaucoup, et sur laquelle je viens encore d'insister au lieu cité , n'est-elle pas tous les jours confirmée par les guérisons que l'on obtient chez les personnes menacées de ces maladies en les envoyant passer Ihiver en Italie? Il faut élre étrangement sophiste pour décliner, comme cela se pratique encore aujourd'hui , l'autorité de ce grand fait. Il ne faut pas 1 être moins pour trouver moyen de s'inscrire, avec Laennec, contre la conclusion que j'en ai tirée, que le froid , en forçant le poumon à une action extraordinaire, au moins supernormaîe, y entretient une irritation qui, quand elle n'occasione pas le catarrhe, la pieurite ou la pneumonie, détermine dans les tissus lymphatiques et dans les lames cellulaires du poumon l'altération que l'on appelle tuberculeuse. Cette altération irritative a depuis été appelée sécrétion. Je l'avais déjà nommée ainsi (voyez la page i54 )• Mais certains écrivains, fidèles à la doctrine de Bayle et de Laennec , n'ont pas voulu convenir qu'elle fût toujours un effet de l'irritation. Que ce soit par système ou par ignorance des faits , peu m'importe ; j'ai toujours annoncé le fait, et je suis sûr que le temps en amènera la confirmation.
Continuons de résumer la réfutation de Bayle : elle n'est point déplacée ici, puisque Laennec et nos anatomo-pathologistes actuels en ont profité, comme
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nous le verrons ; et, puisque cette édition doit donner la substance des deux autres, je m'élevais contre l'assertion de Bayle, qui avance, en thèse générale, que la phthisie est une des maladies les plus fréquentes, et une de celles qui fait succomber le plus d'individus. En effet, la comparaison des climats n'entre pour rien dans cette assertion, qui n'est basée que sur des faits observés à Paris, et qui ne peut être vraie en cette ville que pour des médecins qui ne détruisent pas en temps opportun les irritations pulmonaires. J'en tirerai encore l'induction que Bayle n'avait rien compris à l'influence du froid et du chaud atmosphériques sur les fonctions du poumon , et qu'il n'était nullement physiologiste.
* Je fis surtout ressortir l'habitude vicieuse qui porte cet auteur à se taire sur toutes les influences irritatives qui ont pu porter leur action sur l'appareil respiratoire dans le début des maladies qui aboutissent à la phthisie pulmonaire ; habitude qui a pour fondement la persuasion où il est que les tubercules sont innés, et pour aliment le désir de le persuader à ses lecteurs. Voilà ce qui le porte sans cesse à fermer les yeux sur les premiers modificateurs qui ont fait dévier le malade de l'état de santé, et à se bien garder de tout rapprochement capable d'éclairer l'étiologie. C'est dans ce but que Bayle vous présente toujours son malade en vous disant, pour tout renseignement sur le passé, qu'il tousse depuis un temps plus ou moins long (i).
Pour appuyer l'idée aussi basse et rétrécie qu'elle est fausse et ridicule, d'une sorte de fatalité de la phthisie, indépendamment des influences des climats et des ph'egmasies pulmonaires , Bayle cite un bon
(i) Cette aversion pour les rapprocliemens physiologiques domine encore dans l'école anatomo-pathologique actuelle.
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nombre de sujets enlevés par des maladies aiguës , qui avaient des tubercules dans les poumons, et d'autres devenus victimes du catarrhe, de la pleurite et de la pneumonie, qui n'en avaient pas. Je fis remarquer, pour cette dernière assertion, que la nonproduction des tubercules par les phlegmasies pulmonaires , dans les cas cités , ne détruit pas la possibilité de leur production dans bien d'autres cas ; quant à l'autre assertion , il ne me fut pas difficile de la réfuter en faisant observer que le négatif ne détruit pas le positif; et qu'une maladie aiguë fébrile peut attaquer une personne chez qui l'irritation pulmonaire aurait déjà fait naître des tubercules. La nécessité de pareilles réponses prouve assez la faiblesse du logicien que j'attaquais, et je suis encore à comprendre comment cet ouvrage a pu lui établir une réputation.
Bayle avait embrassé l'opinion de quelques auteurs qui rapportent les tubercules à une diathèse scrofideuse il établit donc que, lorsque l'inflammation semble les produire , elle ne fait que les compliquer et hâter leur développement. Je répondis que, comme on ne saurait prouver la présence des tubercules même dans les poumons des individus réputés scrofuleux, avant l'ouverture des cadavres, il n'y a que des probabilités sur leur existence , tirées de la prolongation des irritations pulmonaires qui se réduisent ou aux trois formes connues de l'inflammation des poumons, ou bien à luje irritation de ces organes d'un degré, à la vérité , inférieur à l'inflammation , mais qui toujours se développe sous l'influence des excitans des poumons. En tête de ces excitans, je plaçai le froid, qui, diminuant l'action vasculaire, circulatoire et excrétoire à l'extérieur, l'augmente à l'intérieur et surtout dans les poumons ;
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mais je ne parlai point de l'irritation chronique des parois de l'appareil circulatoire que j'ai signalée depuis, parce que je ne faisais que la soupçonner, n'ayant pas assez de faits pour en obtenir la certitude. Après quelques développemens, ma conclusion fut la suivante : puisque l'on ne peut admettre la diathèse scrofuleuse que lorsqu'il y a des scrofules, et puisque les scrofules n'existent pas chez la grande majorité des plithisiques à tubercules , on ne saurait accepter cette diathèse pour cause unique de toutes les phthisies pulmonaires^ En conséquence, il ne reste, pour expliquer la production des phthisies chez certains sujets, plutôt que chez d'autres soumis à l'influence des mêmes agens d'irritation pulmonaire, il ne reste, répétons-le, que la prédisposition. Mais la prédisposition à une maladie n'est pas cette maladie, car chacun a la sienne, et tout le monde n'est pas malade; tous les sanguins n'ont pas des congestions de sang ou des phlegmasies ; tous les gens à irritabilité prédominante au tube digestif n'ont pas des gastrites ou des entérites; tous les nerveux n'ont pas des névroses , etc. C'est donc commettre une faute de logique que de substituer furtivement la maladie à la prédisposition , pour pouvoir récuser toutes les causes provenant de l'extérieur; c'est une faute d'autant pUis grave qu'on peut en faire l'application à toutes les maladies et renverser ainsi les étioloeies les mieux constatées. C'est en fournissant ainsi de fausses bases au raisonnement que l'on argumente en sophiste pendant toute sa vie, et Bayle me paraît exactement dans cette position.
Pour faire sentir l'inconvénient du mot scrofules , je fis noter qu'il conduit à l'emploi des excitans à titre de fondanSj anliscorbutiqiies ^ apéritifs ^ etc., dans le commencement des irritations pulmonaires,
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ce qui ne peut qu'empêcher la guérison de ces affectionset rendre la phthisie pulmonaire plus commune. Vint ensuite le fameux argument du chêne et du gland, décisif aux yeux de son auteur, et qu'il ne me fut pas difficile de réfuter. En effet, dire que , puisqu'un gland ou le germe d'un gland est la même chose qu'un chêne de cinquante ans , le tubercule commençant est la même chose que la phthisie la plus complète avec ulcérations, désorganisations variées dans le poumon et dans les autres viscères , marasme, fièvre hectique dévorante, évacuations colliquatives par divers émonctoires , c'est dire une absurdité. Il est bien vrai que les tubercules se résolvant en putrilage sont la même chose que les tubercules naissans et encore durs; mais il ne l'est pas que la maladie de celui qui les porte soit la même quand ils se forment, et quand leur détritus s'exécute avec tous les désordres polysplanchniques, et tous les symptômes que je viens d'indiquer. On ne doit donc pas donner le nom de phthisique à celui qui n'a que des tubercules à leur début. Mais disons mieux : on n'a pas le droit de lui donner cette qualification; car ni l'oreiile, ni la percussion, ni le stéthoscope, ni les symptômes ne peuvent démontrer l'existence des tubercules naissans, comme le démontre trop clairement Laennec. D'ailleurs chaque jour on voit guérir sans suppuration pulmonaire des malades que cet auteur et ses adhérens avaient déclarés phthisiques, et en revanche on a vu des sujets morts de consomption pulmonaire où la désorganisation tuberculeuse n'existe pas (i).
Au surplus, cette argumentation sophistique du logicien Bayle n'a pas fait fortune.
(i) J'en ai rencontré luiit dans Thiver de i832 et i833, avec de nombreuses excavations.
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S* Relativement à la phtfiisie calculeu$e^]e répondis qu'on ne pouvait y voir une maladie particulière, puisque les calculs se forment dans les productions tuberculeuses; et que, par conséquent, cette forme se ralliait encore à l'irritation.
7)" Relativement à la phthisie cancéreuse , la réponse fut la même : on en trouve la substance dans ce qui est dit plus haut du cancer des anatomo-pathologistes du Dlctiomiaire des Sciences médicales. Cette phthisie dépend toujours de l'irritation. J'insistai particulièrement sur ce point, que l'ulcération incoercible se développe dans les tissus enflammés , comme dans les subinflammés , et sur ce qu'il est impossible de déterminer au juste avant la mort quels sont les divers modes d'altération du tissu pulmonaire.
4** Relativement à la phtlitsie granuleuse , que l'on dit consister dans de petits corps blancs, élastiques, opaques ou transparens, souvent cartilagineux , même observation fut faite. Les granulations dont il s'agit sont, comme on voit, très diversifiées : elles se trouvent ou seules ou confondues avec d'autres formes d'altération organique, sans qu'aucim signé tiré des symptômes ou de la marche puisse en donner la certitude; elles dépendent des mêmes causes que les autres formes, et sont par conséquent aussi des produits de l'irritation : elles ne changent rien aux indications (i;. Puen donc ne yjeut justifier leur isolement d'avec les autres phthisies.
5*^ Relativement à la plulnsie avec mélanose , je m'exprimai dans les termes suivans que je vais rapporter, afin qu'on voie sous quels rapports étendus j'avais envisagé les mélanoses, en i8i6 ? avant tous
(ï) M. Gendrin les attribue à l'inflammation.
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les travaux qui ont fixé la théorie de ces modes de lésion organique.
« La phthisie avec mélanose est caractérisée, selon notre auteur, par la couleur noire des parties dégénérées; cette couleur se montre partout dans les membranes séreuses de la poitrine et de l'abdomen, tantôt par petits points isolés, d'autres fois en taches plus étendues. Le péritoine ne l'offre guère que quand il est attaqué d'une phlegmasie chronique : la plèvre pulmonaire la présente en plaques d'autant plus larges que l'âge est plus avancé, et dans la santé comme dans la maladie : les ganglions lymphatiques de la poitrine et du mésentère, les premiers, plutôt que les seconds , la font voir également dans la santé et dans la maladie à lextérieur comme à l'intérieur; ce qui leur donne souvent un aspect panaché par le contraste que ces taches forment avec le gonflement tuberculeux blanc ou jaunâtre : je lai vue dans les phlegmons et les ulcérations chroniques du tissu cellulaire del'épiploon et du mésentère. Puisqu'elle peut se développer dans tous les tissus séreux, cellulaires, lymphatiques, ensantécomme en maladie; puisqu'elle devient prédominante avec les progrès de Tâge, il n'est point étonnant qu'on la trouve en majorité dans les indurations chroniques des poumons des vieillards (indurations qui sont le résultat du développement morbide des tissus séreux , lympathique et cellulaire (i ) , avec plus ou moins d'engorgement des capillaires sanguins), et que la masse dégénérée ne prenne un aspect noir, brillant, et comme métallique, e Je leur assignais ensuite les mêmes causes
(i) MM. les anatoino-patiiologistcs du jour verront, parce passage , qu'on avait pense aux maladies chroniques indurativcs de ces tissus.
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qu'aux autres modes d'altération , et les mêmes sources d'indications curatives.
Nous verrons que Laennec a profité de ces objections sur les mélanoses^ et nous tiendrons compte des importans travaux de M. Breschet sur ce mode d'altération organique.
6" Relativement à la pfithisie ulcéreuse qui, selon Bayle, se caractérise à la nécroscopie par des ulcérations creusées dans le parench)'me pulmonaire, qui est rouge, endurci, sans aucune des dégénérations précédentes , et qui se présume sur le vivant par la violence de la fièvre , la douleur profonde de la poitrine, la rougeur de la face, la fétidité des crachats^ la réfutation ne put offrir de difficulté. En effet, tous ces symptômes sont communs aux autres formes de la désorganisation pulmonaire chronique, pourvu qtfil y ait assez d'inflammation pour les produire. On petit présumer des ulcérations, mais jamais affirmer si le parenchyme où elles sont creusées contient de gros ou de petits tubercules, de la matière dite tuberculeuse^ ou si seulement il est induré par l'injection et l'extravasation purement sanguines. Point de causes spéciales pour ce mode d'altération ; la seule prédisposition du système capillaire peut en rendre raison. Enfin , je terminais en faisant remarquer que si Bayle refusait de rattacher ces phthisies à l'inflammation , il ne pouvait plus rien en faire à moins de créer un germe ou un vice ulcéreux , ou bien une diathèse ulcéreuse, entités que personne ne peut comprendre.
Après avoir fait remarquer combien sont variés les tissus qui composent les poumons, et avoir établi que l'irritation morbide peut régner à différens degrés dans chacun d'eux , j'ajoutais que nous ne
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pouvons avoir que des données approximatives sur le mode de désorganisation qui doit prédominer chez ceux dont des poumons ont souffert une longue irritation. Amsi, une bonne constitution, des causes accidentelies et une marche rapide, répondent d'un grand développement de l'appareil sanguin du poumon, mais ne certifient pas que les capillaires lymphatiques, les séreux, les lames cellulaires n'offriront pas des productions particulières entremêlées avec l'induration rouge ou la suppuration phlegmoneuse ; comme aussi, l'irritabilité du système lymphatique constatée par des maladies extérieures d'une autre époque, et la suppression de quelques excrétions habituelles, en rendant plus probables une profonde altération des capillaires non sanguins du poumon, et l'accumulation des produits de leur irritation ( ce qu'aujourd'hui l'on appelle des sécrétions morbides), n'excluent pas les espèces d'altérations qui correspondent à la véritable inflammation sanguine. Il importait surtout d'insister sur ce point, que rien, dans les symptômes , ne correspond aux modes divers puisqu'il n'y a que du plus ou du moins dans la fièvre, et les phénomènes sympathiques qui se rap^ portent au sentiment et au mouvement. C'est aussi ce que j'eus soin de faire, en observant que les variétés des excrétions extérieures n'ont rien qui corresponde à tel ou tel mode de lésion.
, De tout cela , il résulte que les distinctions que Bayle voulait établir entre les phthisies ne reposent ni sur des différences de nature, ni sur des différences d'indications curatives; que celles de ce dernier genre qu'on voudrait établir sur ces distinctions seraient nuisibles en détournant les yeux du praticien du principal phénomène , c'est-à-dire, de l'irritation j
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que, par toutes ces raisons, les distinctions de Bayle sont chimériques et superflues.
Pour achever de donner une idée de Bayle, ce patriarche des anatomo-pathologistes modernes, je terminerai en rapportant la conclusion que je portai sur son compte en 1816.
« Je me suis fort étendu sur ces considérations physiologico-pathologiques, afin de faire sentir combien a été grande l'erreur de M. Bayle, lorsque, sans avoir égard aux nombreux modificateurs qui influent sur la vitahté de tout l'organisme, il a créé six êtres particuliers qui, comme autant de puissances malfaisantes , s'insinuent furtivement, et sans qu'ôri sache pourquoi, dans les poumons, afin d'en opérer la désorganisation. Il me sera toujours impossible de comprendre comment il a pu concevoir un être scrofule qui plane sur toute une famille, et qui est nécessairement antérieur à tous les signes qui peuvent indiquer son existence; comment il a pu se dispenser de rallier les irritations des systèmes sanguin et nerveux à celle des vaisseaux non sanguins de différens ordres; comment il n'a point vu qu'en admettant des vices particuliers pour la production des tubercules, des cancers, de la mélanose des calculs, des idcères du poumon, il se trouve en contradiction avec lui-même en refusant d'en admettre pour les inflammations, pour les suppurations ( qui ne sont pas nécessairement précédées de ce symptôme (1). ) pour les ulcères de toutes les autres parties du corps (2) , pour les fongosités et
(i) Cette idée a été reprodaite par un anatomo-pathologiste viv^ant, qui, je crois, en a voulu faire un argument contre notre doctrine : argument vain^ car sM n'y a pas toujours inflammation dans la suppuration , il y a au moins irritation.
(2) Les anatomo-pathologistes du jour ont voulu se préserver
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pour toutes ks formes connues et non connues que peuvent présenter les cîégénérations des organes; comment, surtout, il a oublié l'influence du froid et du chaud sur les fonctions du poiimon; comment enfin il s'est opiniâtre à repousser l'application de la physiologie à la médecine , dont j'avais donné l'exemple, pour y porter un ennuyeux empirisme et le fatalisme le plus désespérant. »
En effet, Bayle ne parle jamais de guérir; il se hâte de faire arriver ses malades à la mort afin de s'extasier sur les altérations cadavériques, et son livre est écrit dans le style du monde le plus sec; mais c'est assez parler de lui. Nous allons voir ce que l^aennec a fait de sa théorie, ou , si l'on veut, de son empirisnie classificateur.
I.a préface de sa seconde édition du Traité de L'Ausciiltalion contient un certain nombre d'assertions qu'il est bon de faire remarquer , parce qu'elles témoignent de l'influence exercée par la doctrine physiologique sur ses plus grands ennemis. Laenncc déclare qu'il a retranché beaucoup d'observations pour éviter l'excès du volume. Il a donc mis à profit l'avis que je lui avais donné; mais comme son amour-propre ne lui permettait pas d'en convenir, il ajoute que c'est parce qu'il ne les croit utiles qu'avec beaucoup de détails, et, de cette manière, il prononce qu'il n'est qu'un homme de minuties, incapable de résumer les faits , et d'en extraire la substance. 11 trouve aussi , dans cette profession de foi, l'avantage, pour lui très précieux, d'insinuer qu'il ne s'est point laissé convaincre par les ré-
de cette contradicLion ; ils ont admis une diathèsc ulcéicuse indépendante, comme déraison, de FiiTitation, et qui ne tient qu'à une lésion delà nutrition. Nous verrous plus loin qu'd ne leur veste plus qu'à là prouver.
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flexions que j'avais faites sur l'inconvénient de ces longs détails , qui dégoûtent nécessairement la majorité des lecteurs, et il profite de ma critique, à son avis, sans que personne s'en aperçoive. Voilà les ressources de la ruse pour dissimuler les blessures faites à l'amour-propre ; mais nous ne sommes pas au bout.
Laennec trouve dans les inflammations pulmonaires la cause la plus fréquente des maladies graves et de la mort. Cette sentence est irréfléchie; elle montre un médecin qui n'a pensé qu'aux régions froides et humides où il a passé sa vie , et c'est un pareil homme qui nous accuse d'exclusisme ; mais elle est précieuse pour nous, puisqu'elle prouve qu'il ajoute plus d'importance à l'inflammation qu'il ne le faisait jadis.
Il déprécie trop le palper et l'inspection du thorax comme moyen d'exploration ; mais c'est un défaut peu grave : ce qui lest davantage, c'est de méconnaître,, dans ses généralités sur les maladies du poumon, l'influence du cœur et de l'accélération du cours du sang , sur ce qu'il nomme respiration puérile. Il y fliit présider je ne sais quelle influence nerveuse mal définie , tout en convenant que les adultes à respiration puérile s'essoufflent très facilement par l'exercice ; mais respiration puérile était une invention, et Laennec tenait beaucoup à passer pour inventeur.
Cet auteur fait encore la déclaration formelle qu'il ne cherchera pas à diviser les maladies du poumon en genres et en espèces, attendu que les maladies ne sont pas des corps, mais des modification^ des corps ; mais il se garde bien de dire où il a pris cette idée , qui est vraiment la substance de la doctrine physiologique, et dont pour tout au monde il n'au-