DECOUVERTES MICROSCOPIQUES. ORIGINE DE LA THE'ORIE MATHEMATIQUE
Ce fut en 1661 que Maipighi vit, à l'aide de son
microscope, le passage du sang des artères dans les veines. En i6p,o,Leuwenhoeck, armé d'un instrument plus parfait, non seulement jouit du même spectacle, mais parvient même à distinguer des vaisseaux qui n'admettent pas de sang, et il les nomme névro- lymphatiques. Dès lors la théorie mécanique marche hardiment de concert avec la théorie moléculaire. On évalue par le calcul la force des pulsations du coeur, la résistance des parois , des angles des vaisseaux , et même le choc des molécules. Le cœur préside seul à la circulation ; et c'est aux efforts incroyables de ce muscle que sont dus les passages des fluides à travers des vaisseaux dont le calibre va toujours en diminuant. On admet, avec Descartes, des différences dans la configuration, le volume des molécules de ces fluides , des rapports entre l'une et l'autre, et les vaisseaux qu'ils doivent parcourir; et, dans les mouvemens de toutes ces molécules, la vie propre des capillaires n'entre encore pour rien. Mais il y a des causes qui peuvent imprimer des directions inverses aux fluides circulans dans les vaisseaux capillaires : à la vérité , ce ne sont plus les fermens de Vanhelmont, ni ceux de Descartes; mais on croit à des altérations primitives des humeurs par l'introduction de corpuscules étrangers , qui dénaturent les globules , altèrent leurs formes , les coagulent, les dissolvent, font qu'ils coulent trop facilement, et qu'ils s'épanchent sous forme humorale , séreuse ou sanguine , ou qu'ils s'arrêtent dans certains canaux devenus trop étroits, à raison de la cohérence vicieuse que les globules ont contractée entre eux. On voit l'excès de l'impulsion du cœur
insinuer de vive force le sang rouge dans des vaisseaux où il ne doit parvenir que de la lymphe ou tout autre fluide encore plus ténu , et cette aberration devient la cause de l'inflammation. Ainsi les dissolutions du sang et les erreurs de lieu de l'ancienne école d'Alexandrie reparaissent sous les auspices des découvertes microscopiques.
Mais pendant qu'une partie des médecins se livrent avec complaisance, sous la direction du fameux Boerhaave , professeur à l'université de Leycle et partisan du système mécanico-mathématique , à cet humorisme microscopique, d'autres, sous l'inspiration de son collègue Sylvius, se plaisent dans la contemplation des compositions et des décompositions chimiques, dont l'économie humaine était devenue pour eux le laboratoire perpétuel.