‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 145 sur 148 · DE LA FIEVRE EN GENERAL · texte numérisé non relu

DE LA FIEVRE EN GENERAL

C'est aux maladies internes en particulier que je dois reprendre mon auteur , pour trouver le complément de sa théorie. Il m'entretient d'abord des fièvres , et va en chercher la définition dans les symptômes qui, selon lui, doivent les caractériser. Ces symptômes sont extrêmement multipliés dans ce qu'on appelle les fièvres; aussi se contente-t-il de recueillir les symptômes communs à toutes, pour en faire les caractères de la fièvre par causes internes. Les voici : horripilation , accélération des battemens du pouls , chaleur , frissons qui diffèrent beaucoup relativement au temps de leur retour, de leur durée, et à leur intensité. Voilà l'idée générale de la fièvre. Si tous ces symptômes ont une marche précipitée et qu'il y ait du danger, la fièvre est aiguë ; s'ils marchent lentement, avec ou sans danger, c'est une fièvre lente. L'une et l'autre peuvent être épidémiques , ou particulières à un individu , c'est-à-dire sporadiques.

Je remarquerai d'abord que cette description n'est pas une définition :une définition , en médecine, doit

donner l'idée de la modification des organes, en quoi consiste le phénomène , et Ton ne voit ici que les signes extérieurs de cette modification , sans avoir la certitude qu'ils sont complets. Il faudrait dire quelle est la modification interne qui produit les symptômes à la collection desquels on a donné le nom de fièvre : l'auteur Ta bien senti ; car, après avoir dit qu'on appelle maladies aiguës celles qui sont accompagnées de la fièvre aiguë, et chroniques fébriles celles qui sont avec fièvre lente , il entreprend de rechercher la nature de la fièvre, et il espère la trouver dans la considération des trois symptômes communs. Cette considération lui apprend que l'accélération du cours du sang est le seul symptôme commun à tout état fébrile, le seul qui existe depuis le commencement jusqu'à la fin : il en conclut que la fièvre dépend de l'accélération des contractions du cœur, et que cette accélération est la cause prochaine de la fièvre.

Voilà donc l'idée de la fièvre déjà beaucoup plus restreinte et plus précisée. Je ne m'arrêterai pas à demander à l'auteur les caractères qui distinguent l'accélération fébrile de toute autre. Je vois, par tout ce qu'il a dit, qu'il entend une accélération durable avec chaleur différente de celle de l'état normal et lésion d'un certain nombre de fonctions. Je répète avec lui que l'idée de fièvre se rattache en effet à ce genre de lésion , et je crois que c'est à tort qu'on a chicané sur ce point; mais je dis que cette accélération morbide des contractions du cœur ne me donne point l'idée de la nature de la fièvre, que l'auteur avait pourtant promis de me donner. En d'au-

très termes , je sens qu'il me reste à apprendre pourquoi cette accélération morbide existe.

Si je faisais cette question à un médecin physiologiste, il me répondrait en remontant aux premiers principes de la science physiologique , c'est-à-dire au résumé général des faits : il me dirait que l'accélération dépend de ce que l'irritabilité du cœur est augmentée , et de ce que cet organe est plus stimulé que dans l'état normal. Si je voulais ensuite savoir pourquoi cette superstimulation existe, il me ferait une distinction: « Je ne saurais, me di- «rait-il, vous apprendre pourquoi le cœur est sti- »mulable ou irritable, parceque personne n'en sait «rien ; mais si vous voulez admettre son irritabilité, «comme un fait constaté, quoique inexplicable , et X- vous contenter de ce que nos sens et notre raison «peuvent saisir, je vous dirai, quand je le saurai, «c'est-à-dire dans la plupart des cas , quels sont les «stimulans qui ont agj sur le cœur, et si leurs effets » ont porté primitivement sur son tissu ou sur un «autre qui lui communique la superstimulation,, «Voilà, continuerait-il, comment il faut entendre la » nature de la fièvre.))

MaisBoerhaave ignorant le fait de l'irritabilité, ne pouvait déterminer ainsi la nature de la fièvre. Comment s'y prendra-t-il donc ? il aura recours à d'autres faits : il se souviendra des cas où la fièvre a paru être un moyen de guérison. Il les généralisera, il les rattachera à des explications hypothétiques qu'en ont données les anciens depuis Hippocrate, c'est-à-dire à l'existence d'un principe sage et prévoyant, la nature, inhérent aux organes, et il en tirera la définition suî-

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vante : La fièvre est une affection de la vie s' efforçant de prévenir ou d'empêcher la mort. Telle est pour lui la nature de la fièvre. Mais comme , de son temps , on avait pour expliquer les efforts de la nature une manière différente de celle des anciens Grecs, il cherchera les preuves de son assertion dans la théorie mécanico-humorale de sa secte, et il ajoutera, ou son commentateur ajoutera pour lui : Parceque toute accélération a lieu pour vaincre un obstacle qui menace d'arrêter le cours du sang , et par suite les mouvemens du cœur, dont le repos produit la mort. Il fera plus, il trouvera la preuve de cette nouvelle assertion, en ce que, dans les maladies aiguës, l'accélération des contractions du cœur est d'autant plus grande que la mort est plus prochaine. Ce dernier fait est pourtant bien loin d'être général, et lorsqu'il existe, les modifications de l'irritabilité en rendent parfaitement raison ; mais ce n'est pas ici le moment d'entrer dans ces détails.

Les explications du froid et de la chaleur fébrile sont données d'après ces théories mécaniques. Le froid dépend de ce que le sang est stagnant dans les extrémités des vaisseaux, et qu'en même temps il y a une cause qui irrite le cœur , cause qui n'est autre chose que cette stagnation elle-même, constituant un obstacle contre lequel le cœur irrité développe de la réaction. Vient ensuite la chaleur : lorsque le cœur a pu développer toute son action , la lutte se fait avec moins de désavantage de la part du cœur, et l'état fébrile est complet. L'auteur avoue cependant qu'en cela l'on voit plutôt l'effet que la nature de la fièvre , et par ces mots il nous donne la preuve

de son ontologie, ou de l'érection qu'il a faite de la fièvre en une entité active. Cette entité est ensuite définie par les expressions suivantes : Donc l'augmentation de la vélocité des contractions du cœur avec augmentation de résistance de la part des capillaires (par leur engouement) complète l'idée de toute fièvre aiguë. La cause prochaine de la fièvre ou la modification de l'organisme qui la constitue, selon Boerhaave, ayant été établie , cet auteur passe aux causes éloignées. Ces causes sont infinies pour le nombre et la variété. Elles sont particulières ( sporadiques ) ou épidémiques. Il entreprend d'énumérer les premières en les rattachant à un certain nombre de chefs qui sont les ingesta, les retenta, les gesta, les applicata, méthode utile empruntée à Galien; mais il y joint des choses tant internes qu'externes qui, suivant lui, changent les humeurs et leurs mouvemens. Il s'agit de la faim , des évacuations , du pus amassé , de la sérosité épanchée, de l'ichor, de toutes les collections de matières acres, de la bile échauffée, allumée, de l'inflammation, de la suppuration, de la gangrène, du cancer, des veilles, des études excessives, des excès vérériens, etc. , énumération où l'on retrouve en partie ce qui vient d'être exposé, et que je ne reproduis ici qu'afin de faire voir jusqu'à quel point les idées de Boerhaave étaient encore superficielles et confuses.

Je ne dis rien des changemens que ces causes produisent dans le corps humain , parcequ'ils se rattachent aux explications humorales dont j'ai déjà donné l'idée. Il s'agit maintenant de rechercher les effets de l'entité fièvre. Ces effets sont, d'après notre auteur,

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d'expulser plus de liquides qu'à l'ordinaire, d'agiter les humeurs, de les confondre > de mettre en mouvement celles qui sont stagnantes ,: de vaincre les résistances, d'opérer la coction des humeurs stagnantes, coagulées qui étaient la cause de la fièvre, d'isoler le produit de cette coction et de l'expulser par les crises, de changer un état sain en un état morbide, ou vice versa, de dépouiller les humeurs de leurs liquides et de les laisser plus épaisses qu'elles n'étaient, de foire supporter ce que l'on ne supportait pas auparavant, et de produire d'autres effets que tout le monde peut apercevoir, comme la soif, la chaleur, l'anxiété, la débilité, la lassitude, la pesanteur, l'anorexie, etc. On distingue très bien ici le supposé d'avec le réel ; mais on y trouve aussi du faux , tel que cet épaississement du résidu des humeurs. L'auteur ne tient donc nul compte des boissons aqueuses qu'il prodigue aux fébricitans, et du vice de l'hématose, qui ne s'exerce plus que sur des matériaux nullement propres à donner de la consistance aux humeurs. On voit que son jugement opère plutôt sur des suppositions que sur des faits , et que son principal but est, comme le fut celui de Galien, d'être conséquent aux principes de sa théorie. Je pourrais démontrer qu'aussi bien que le médecin de Pergame, il ne l'a pas toujours été; mais c'est une perte de temps que je veux épargner à mes lecteurs. Je n'ai pour but que de bien caractériser sa doctrine, afin de pouvoir saisir les rapports qui la lient avec celles qui la précèdent et celles qui l'ont suivie.

Ce qui vient d'être exposé donne assez l'explication de l'aphorisme suivant : Moins la densité de l'hu-

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meur est considérable , moins l'irritation est durable; cette idée, toute mécanique, montre le fond de la pensée de l'auteur. La fièvre n'est qu'un moyen de fondre et de dissoudre les engorgemens, les obstructions, et de détruire l'excès de densité, quoique, d'après l'auteur , elle le laisse quelquefois à sa suite. C'est par sa qualité fondante qu'elle peut servir de remède à une autre maladie ; car il y en a peu qui ne consistent en un excès de densité. Mais comme les efforts du cœur peuvent rester impuissans, comme ils peuvent même produire de nouveaux embarras en laissant la dépuration imparfaite, en déposant dans les canaux une matière épaisse qui les obstrue, etc. , la fièvre doit quelquefois changer une maladie pour une autre , ou en occasioner de nouvelles. D'ailleurs, une foule d'inconvéniens se rattachent à l'existence de la fièvre , et pour les trouver , il suffit de ne pas perdre de vue les principes de la théorie mécanicohumorale : ainsi , la mort peut être le résultat de la destruction de la force des solides , de la dépravation des liquides , de l'obstruction des canaux qui doivent introduire dans le corps les matériaux destinés à son entretien : l'auteur indique par là les inflammations, les suppurations, les gangrènes fébriles des viscères, les ulcérations aphtheuses des intestins qui sont autant d'effets de l'activité surprenante de l'entité fièvre. Soyons surpris maintenant de voir nos pathologistes modernes faire peu de cas des inflammations que l'on découvre dans les cadavres à la suite des fièvres essentielles : ils ont, à la vérité, rejeté les explications de l'humorisme ; mais ils ont gardé l'entité sans la dépouiller de son action.

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Pour que la fièvre se termine par la santé , l'on doit supposer, ainsi que nous l'avons pu déduire de sa nature tirée de sa cause finale, qu'elle a déployé assez de force pour dompter sa cause prochaine, qu'elle a opéré la résolution de l'engorgement, et qu'elle en a rendu la matière mobile. C'est fort bien ; mais ici plusieurs chances s'offrent à nous par rapport à cette matière : elle peut être expulsée par l'insensible transpiration ; alors le cœur s'apaise et se repose de son travail, la circulation ayant repris sa régularite. Mais la matière, devenue mobile, peut être mal élaborée, imparfaitement domptée; dans ce cas, elle conserve des qualités irritantes qui empêchent la régularité de la circulation et stimulent les vaisseaux : c'est ce qui produit les crises sensibles ou les évacuations excrétoires qui se font avec plus ou moins d'impétuosité dans l'espace de quatorze jours ou à peu près; tels sont la sueur, la salivation, le vomissement, la diarrhée, les flux d'urine. Enfin, cette matière, toujours vaincue et rendue mobile, peut être assimilée aux autres humeurs, et évacuée sans efforts avec les excrétions ordinaires.

Pour prévoir la terminaison d'une fièvre aiguë , il faut bien l'observer depuis le début et pendant l'augmentation , en un mot, jusqu'à son plus haut degré, noter ses différences , sa marche, etc. ; alors on peut prédire si elle sera mortelle, si elle guérira, ou si elle laissera une autre maladie à sa suite. Voilà l'éternel refrain des médecins hippocratiques : laisser marcher, ne pas déranger les efforts de la nature , au moins dans le principe du mal , à moins que ce ne soit pour corriger un excès de plénitude ou évacuer

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des saburres qui nuiraient à son travail. Lorsque la fièvre s'est définitivement caractérisée, et que le médecin a eu tout le loisir de bien observer la tendance de la nature , de bien mesurer ses forces et de prévoir ses intentions, c'est alors qu'il lui est permis d'agir. Sa coopération ne gâte point l'ouvrage de la nature, et l'on a la satisfaction , quand on a rédigé le journal de la maladie, de posséder une belle et régulière observation , qui peut servir de modèle aux observateurs futurs.

Van-Swieten nous apprend, dans son Commentaire sur l'Aphorisme 587, que c'est ainsi qu'il procéda pour se faire une idée des maladies aiguës : il recueillait les symptômes auprès des malades, et lorsqu'il était rentré chez lui , il rédigeait l'histoire de la maladie. Il recueillit de cette manière plusieurs centaines d'observations qu'il comparait avec celles d'Hippocrate et de Galien, dont il eut ainsi l'occasion d'admirer la profonde sagacité. C'est ainsi qu'il croit avoir appris la médecine, et qu'il conseille aux autres de l'étudier. Telle fut aussi la méthode, véritablement hippocratique, que nous inculquèrent nos professeurs à l'école de Paris. C'est en la suivant que nous en découvrîmes le vice fondamental, celui de n'observer qu'un groupe de symptômes, et d'en faire une entité qui préside à l'altération des organes, et à laquelle les moyens curatifs sont adressés. Mais comme j'ai touché cette question à l'occasion d'Hippocrate , et que je dois l'approfondir en parlant de la Nosographie de Pinel, je ne m'y arrête pas présentement; mais il est curieux de voir à quel traitement Boerhaave a été conduit par la combinaison de cette

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méthode hippocratique avec l'humorisme de sort temps.

Il tire ses indications de trois sources principales : de letat des forces qu'il faut soutenir ; de l'existence de 1 acreté morbifique qu'il s'agit d'émousser, ou de la ténacité qu'il faut dissoudre afin d'en préparer l'expulsion ; des symptômes que l'on est obligé de mitiger toutes les fois qu'ils sont trop intenses ou trop incommodes pour le malade.

La première de ces trois indications ne se remplit qu'avec des boissons alimentaires. C'est la grande question de la nourriture des fébricitans trouvée si importante et si souvent agitée par les anciens. Boerhaave conseille des alimens liquides et des boissons de facile digestion opposées à la putridité , propres à apaiser la soif, à exciter l'appétit, et opposées à la cause connue de la maladie. Son commentateur explique ses intentions, qui sont conformes à celles de l'école hippocratique, en disant qu'il s'agit des décoctions gélatineuses, telles de celles d'avoine et de corne de cerf pour les jeunes sujets, dont toutes les maladies dépendent des acides , et des décoctions d'orge, d'avoine et de pain chez les adultes, où domine 1 acreté alcaline et la putridité. Quant au temps où il convient de donner la nourriture , ils sont d'accord avec les anciens pour choisir les momens où la fièvre cesse ou éprouve de la rémission.

Ces préceptes n'ont été que trop bien suivis, et c'est une des causes qui ont concouru à prolonger les maladies fébriles. Les fièvres continues sont toujours des inflammations, et tant que l'on peut espérer d'en arrêter le cours, les boissons alimentaires

doivent être proscrites. On ne peut les accorder que lorsque l'irritation touche à sa fin , à moins que l'on ne désespère d'en détruire la cause, comme dans certaines phlegmasies chroniques avec altération des viscères. Quant aux fièvres intermittentes, si l'apyrexie est complète, la nourriture peut y être placée, pourvu que l'appareil digestif ne soit pas trop irrité.

xioerhaave veut aussi que l'on ait égard à la durée probable de la fièvre ; car il faut soutenir la nature chargée d'un fardeau qu'elle doit porter pendant long-temps , précepte hippocratique que nous avons apprécié ailleurs. L'âge, le climat, les habitudes, les goûts extraordinaires des malades doivent aussi être pris en considération : ce qui donne bien de la latitude au médecin , et mériterait d'être expliqué ; mais ce n'est pas ici le lieu.

La seconde indication générale, celle de corriger Vâcre qui est censé produire la fièvre , devient une source féconde de polypharmacie pour les sectateurs de l'humorisme. L'auteur mentionne d'abord les corps étrangers irritans, appliqués à l'extérieur, ou introduits dans les premières voies, et donne à cet égard des conseils pleins de sagesse; mais pour les acres qui ont pénétré dans le sang, il renvoie à ses principes généraux de pathologie humorale dont j'ai parlé, et à ce qu'il doit dire des acres épidémiques. C'est là que se retrouve ce vague et cet arbitraire qui ont rendu la théorie humorale si contradictoire , si dégoûtante, en un mot, si mauvaise qu'il est extrêmement difficile d'en tirer quelques préceptes d'une application avantageuse. En effet , que penser d'une doctrine qui conduit les praticiens

à administrer, dans les fièvres les plus aiguës, des substances alcalines, telles que la lessive, l'eau de chaux, des préparations huileuses et des terres absorbantes pour corriger les acides ou les acres salins; les savonneux combinés avec les mucilagineux et les acides pour détruire les mauvais effets des alimens acres, aromatiques, échauffans; les vomitifs et les substances astringentes et austères pour dissiper le relâchement qui suit l'emploi dune nourriture trop copieuse; les toniques internes etlesstimulans externes pour déboucher les ouvertures, où les fluides trop épais et visqueux sont retenus , et donner à la nature la force de les expulser? Les maux que l'on peut faire en remplissant ces fausses indications dont les signes sont tout-à-fait imaginaires , sont-ils prévenus par le conseil de pratiquer quelques saignées et de donner des boissons rafraîchissantes et acidulés lorsque la soif et l'ardeur fébrile sont trop intense&P Non sans doute; et je ne suis nullement surpris de voir la médecine purement excitante des solidistes remplacer la pratique incohérente des humoristes. La terreur trop fondée de l'adynamie devait nécessairement succéder à la confiance aveugle en un fatras de médicamens à propriétés opposées, dont le résultat était toujours l'affaiblissement des malades dont on n'avait pu arrêter les phlegmasies.

Je ne suivrai pas l'auteur dans le détail des moyens qu'il emploie pour mitiger les symptômes prédominans qui tourmentent les malades et inspirent aux médecins de justes craintes : il s'agit du froid, du tremblement, de l'anxiété, de la soif, de la nausée,

des éructations, du vomissement, de l^^iblesse, de la chaleur, de la sécheresse, du délire, du coma, de l'insomnie, des convulsions, de la sueur, de la diarrhée, des pustules inflammatoires. Boerhaave et .son commentateur ont écrit un volume sur ces indications, et Ton peut bien juger, par ce que l'on a déjà vu, combien ils ont pris soin de renvoyer à leurs principes généraux sur les dépravations humorales, et jusqu'à quel point ils ont pu porter la confusion dans l'emploi des remèdes d'un effet contradictoire.

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