‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 83 sur 148 · COROLLAIRES · texte numérisé non relu

COROLLAIRES

CDLX.

La médecine empirique , qui consiste à garder la mémoire des symptômes qu'on a observés , et de* remèdes qui ont été utiles ou nuisibles , sans se permettre aucune explication physiologique , est impraticable; parcequ'un seul organe lésé produit une foule de symptômes divers qui se combinent avec ceux qui dépendent de plusieurs antres organes, dans des nuances si variées , qu'il est impossible de rencontrer dans la nature des groupes de symptômes absolument semblables à ceux qu'on a pris pour modèles. On ne peut remédier à cette confusion qu'en rapportant les symptômes aux organes.

CDLXI.

Pour pratiquer la médecine avec succès, il ne suffit pas de rapporter les symptômes à des organes, il faut encore pouvoir déterminer en quoi ces organes diffèrent de l'état de santé, c'est-à-dire la nature de la maladie.

CDLXIL La nature des maladies doit être , pour le méde-

PROPOSITIONS DK MEDECINE. CXVlj

cin , ce qui fournit les indications curatives. Elle résulte donc, i° de la connaissance des modificateurs qui ont exalté, diminué ou dénaturé d'une manière quelconque l'action de l'organe primitivement affecté ; 2° de celle de l'influence de cet organe sur les autres ; 3° enfin de celle des modificateurs qui peuvent rétablir l'équilibre , ou du moins diminuer l'intensité de la maladie. La nature des maladies résulte donc , pour le médecin , de la modification physiologique appréciable des organes.

CDLX1II.

Les groupes de symptômes que l'on donne pour des maladies , sans les rapporter aux organes dont ils dépendent, ou bien en les rapportant aux organes , mais sans avoir bien déterminé la nature de l'aberration physiologique de ces derniers , sont des abstractions métaphysiques qui ne représentent point un état morbide constant , invariable , et dont on soit assuré de retrouver le modèle dans la nature; ce sont donc des entités factices, et tous ceux qui étudient la médecine par cette méthode sont des ontologistes.

CDLXIV.

Considérer les entités morbides factices comme des puissances malfaisantes qui agissent sur les organes et les modifient en y produisant tel ou tel désordre, c'est prendre les effets pour les causes; c'est faire de l'ontologie.

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