EMPIRISME, PREMIÈRE MEDECINE
Cet art ne fut dans son origine qu'un empirisme grossier, que le hasard ou l'instinct dictèrent aux premiers hommes.
Tout le monde sait que dans les pays où la civilisation a commencé, on exposait les malades sur la voie publique et à la porte des temples , afin que chaque passant leur donnât son avis ; qu'ensuite on recueillit les conseils et les recettes qui avaient opéré quelques guérisons, pour les suspendre dans les temples et les exposer à tous les regards; que plus tard, lorsque les prêtres furent en possession de l'art de guérir, on consignait sur des tables votives les moyens par lesquels le dieu avait opéré les cures les plus remarquables. Personne non plus n'ignore que la famille des Asciépiades était en possession , parmi les Grecs , de l'exercice de la médecine et de la chirurgie ; que Podalire et Macaon, fils d'Esculape et chefs de cette illustre famille, se rendirent célèbres au siège de Troie , où ils figurèrent en même temps comme médecins, ou plutôt comme chirurgiens , et comme guerriers ; enfin que , durant une longue suite de siècles, la médecine, toujours réduite à l'empirisme, ne fut point enseignée dans des établissemens publics ou particuliers, mais seulement transmise par tradition orale, soit dans quelques familles, soit dans des collèges de prêtres, d'où elle se répandait plus ou moins parmi les hommes qui inspiraient aux autres quelque respect, comme les potentats et les vieillards.